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Journées d'études ISCAE Maroc-EEE : La libre concurrence trop rapide, une menace pour l'entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:66 Le 11/02/1993 | Partager

L'impact du marché unique suscite encore des interrogations. Pourtant, le vieux continent s'oriente vers la création d'un Espace Economique Européen (EEE) avec ses opportunités et ses menaces. L'entreprise est appelée à réagir face aux mutations économiques internes et externes. En collaboration avec la RAM et la Banque Centrale Populaire, le Cycle Supérieur de Commerce International de L'ISCAE, a organisé deux journées d'études, les 6 et 7 Février, à Agadir, pour réfléchir sur "Les perspectives du partenariat Maroc-EEE".

Le monde traverse une période de mutation. En effet, des bouleversements se sont produits sur le plan géopolitique. "Toutes les grandes théories ont été remises en cause", a noté M. Abdelali Alami le Directeur de L'ISCAE. De plus, précise-t-il, "l'équilibre Est-Ouest est rompu et le fossé s'est creusé entre les riches et les pauvres". Aujourd'hui, la tendance est aux grands ensembles et à la renaissance du protectionnisme. La CEE se raffermit avec l'entrée en vigueur de l'acte unique. Dans la foulée, elle devrait bientôt intégrer les pays de L'Association Européenne de Libre Echange (AELE). Un Espace Economique Européen beaucoup plus élargie est en train de se constituer à côté du Maroc. Par conséquent, au-delà du projet d'Association Maroc-CEE, apparaît la perspective d'un partenariat avec l'EEE, "un important ensemble", selon M. Abdellah Amallah, Directeur du Cycle Supérieur de Commerce International de l'ISCAE. Cependant, il s'agit "de développer les échanges avec la Communauté afin de profiter de ce futur EEE ", a indiqué Moulay Zine Zahidi, Ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation. Il a par ailleurs réaffirmé la volonté du Maroc d'oeuvrer pour la consolidation de l'UMA. Dans le même ordre d'idées, Mme Marion Le Dantec, Responsable pour les Accords Euro-Maghrébins à la Direction Générale, Relations Extérieures de la CEE, a précisé que la démarche suivie avec le Maroc s'inscrit dans le cadre d'une politique maghrébine. A terme, le projet d'association devrait être élargi à toute la sous-région.

L'exemple de L'ALENA

Pour l'instant, l'Histoire suit son cours. L'architecture du projet d'association Maroc-CEE se dessine malgré quelques soubresauts. Les rapides évolutions de l'année 1992 témoignent de la volonté des deux parties de parachever les actions entreprises. Certes, il s'agit d'un vaste programme, "difficile à mener" , fait remarquer Mme Le Dantec. Mais, dans le contexte actuel, cette évolution est inéluctable. En fait,"l'existence d'un pôle économique développé et industrialisé situé à côté d'ensembles décidés à combler les différentiels de développement se traduit par la constitution d'un espace économique" , a expliqué Mme Le Dantec. Une option jugée "intéressante" par M. Jesus Seade Kuri, Ambassadeur et Représentant permanent du Mexique au Gatt, à travers l'exemple de l'Accord de Libre Echange Nord-Américain (ALENA) liant les USA, le Mexique et le Canada. M. Roger Marseau, Conseiller économique du Canada au Maroc, a reprécisé les avantages contenus dans ce regroupement, même si à l'évidence "quelques difficultés peuvent survenir dans certains secteurs".

Objectif sécuritaire

La responsable européenne a rappelé par ailleurs que la CEE est née de la volonté de maîtriser les tensions de l'époque en Europe. En d'autres termes, elle avait "un objectif sécuritaire", a-t-elle souligné. Cependant, cette sécurité doit être comprise dans une dimension économique. En ce sens, l'objectif recherché est d'encourager le développement des ensembles régionaux moins favorisé. Selon Mme Le Dantec, les entreprises marocaines vont profiter de la disparition de 12 réglementations. Elle a dans ce sens souligné que le potentiel d'échanges Maroc-CEE est considérable. Cependant, "le problème est de savoir comment gérer en partenaire ce potentiel". En effet les rapports de force sont inégaux. La libre concurrence, appliquée trop rapidement, pourrait être une menace pour l'entreprise marocaine. Pour l'heure, "il n'est pas question d'exposer l'industrie marocaine à la concurrence des entreprises européennes", a assuré Mme Le Dantec. Et de poursuivre que "l'entreprise marocaine devrait être protégée et se développer à travers le partenariat avec les entreprises européennes". A l'instar du Ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation, la responsable européenne a précisé que "c'est à elle et aux acteurs économiques de donner un contenu à ce partenariat". Un exemple de partenariat illustré par la Société Maraissa, une société de production et de commercialisation de primeurs, créée dans la région d'Agadir par des opérateurs marocains et français. Cependant, certains participants se sont interrogés sur le contenu effectif de ce partenariat entre entreprises marocaines et européennes. S'agit-il seulement d'investissements ciblés visant l'exploitation d'un créneau à fort potentiel de main-d'oeuvre? Ou, dans un sens plus concret doit-il être conçu dans un moule englobant une véritable coopération en termes de transfert de technologie et de formation? Pour la responsable européenne (qui a eu du mal à se dégager du discours officiel),"le succès est lié à la volonté de chaque partie de prendre en compte les intérêts de l'autre". Dans tous les cas, ce partenariat doit toutefois être stimulé par des encouragements, a souhaité Mme Benamour, professeur à l'ISCAE.

Défis à relever

En attendant d'aller plus de l'avant dans ce projet de partenariat, plusieurs défis sont à relever, entre autres, "la compétitivité accrue sur les marchés intérieurs et extérieurs, la lutte contre la contrefaçon, ainsi que le drainage de l'investissement européen" , a précisé Mme Le Dantec. En somme, il s'agit de mener à bout la restructuration de l'économie et d'accepter le jeu de la libre concurrence.
Ce défi concerne aussi la recherche du financement. Des possibilités existent de par les lignes de crédit et les structures de financement mises en place dans le cadre des relations bilatérales, entre autres, la Proparco, une filiale de la Caisse Française de Développement. Cependant, l'insuffisance des ressources et certaines conditions d'octroi des crédits sont regardées comme des facteurs limitatifs même si par ailleurs certains projets manquent d'imagination.
L'entreprise doit prendre en compte l'évolution en cours en diversifiant ses marchés et ses produits. Dans cette optique, M. Mohamed Mehdi Bouazzaoui, chargé de mission à la Banque Centrale Populaire, a présenté un projet de création d'une société de négoce. Ce projet, initié par la BCP en association avec un partenaire allemand, devrait se concrétiser incessamment. Outre le développement des échanges commerciaux avec l'Allemagne, il se fixe pour objectif la promotion des investissements de ce pays au Maroc.
Au demeurant, l'opérateur économique doit être plus agressif sur le plan commercial et plus décidé dans la recherche de partenaires étrangers. C'est ainsi que M. Leroux, Professeur de Commerce International à Brest, a appelé les hommes d'affaires à rechercher les contacts par des voyages plus fréquents et mieux organisés. Pour M. Rachid M'rabet, Directeur des Etudes à l'ISCAE, il s'agit d'abord de recevoir des "invitations". En quelque sorte, c'est un appel aux partenaires européens afin qu'ils mettent encore plus de dynamisme dans leur approche du partenariat.

Journée économique maroco-suédoise

M. Abouyoub: "Le secteur privé a besoin d'élargir ses alliances"

L'environnement national et international de l'entreprise évolue rapidement, et la politique d'ouverture se consolide. Dans le même sens, la concurrence devient de plus en plus acharnée avec en toile de fonds une montée du protectionnisme. Dans cette optique, l'Association Maroco-Suédoise de Coopération Economique a organisé une journée économique suédoise à Casablanca pour favoriser le rapprochement entre les hommes d'affaires des deux pays. Dans ce cadre, M. Hassan Abouyoub, ministre du Commerce extérieur, des Investissements extérieurs et du Tourisme, a souligné que "le secteur privé a besoin d'élargir ses alliances, et la Suède peut représenter une alternative à ce mouvement".
En outre, au-delà des échanges Commerciaux, l'intégration de la Suède (membre de l'AELE) dans la Communauté européenne pourrait permettre au Maroc de disposer d'un soutien efficace dans le cadre des négociations avec la CEE.
Du point de vue commercial, les importations en provenance de la Suède sont constituées principalement du bois, du papier et du carton. En 1991, sur un montant d'un peu plus d'un milliard de Dirhams, ces produits représentaient plus de 51% des importations marocaines en provenance de ce pays. Viennent ensuite les produits alimentaires pour 21%, les autres produits (matériels électriques, machines, appareils domestiques...) pour 16% et les véhicules (principalement la marque Volvo) pour 10%. Les produits chimiques représentaient 2% des importations.
Dans la même période, le Maroc a exporté pour une valeur de près de 400 millions de Dirhams dont 68% de produits fruitiers. Le reste était partagé entre les engrais naturels (19%), les vêtements (4%), les autres produits (5%), les chaussures (2%), les légumes (2%).
Des possibilités de diversification de ces échanges existent.
"La Suède peut constituer un partenaire valable dans les domaines technologique, scientifique, financier et commercial", a indiqué le ministre. Il s'agit alors de les identifier de manière concrète dans les possibilités de coopération. Ainsi, durant la journée, la réflexion a été portée autour de cinq thèmes:
- transports et écologie;
- nouvelles technologies de l'emballage alimentaire;
- tendance mondiale du bois scié, performance et spécificités du bois suédois;
- nouvelles technologie d'exploitation des mines;
- méthodes et technologies d'épuration et d'assainissement des eaux usées.
En ce qui concerne l'aspect financier des relations, M. Ulf Dinkelspiel, ministre Suédois des Affaires européennes et du Commerce extérieur, a bien précisé que son pays "n'a pas les mêmes possibilités que les grands pays développés". Dans ce cadre, M. Magnus Lemmel, Président de la Fédération de Industries Suédoises, a souligné que les lignes de crédit ne permettent pas de renforcer la coopération. L'essentiel pour lui c'est de développer de nouvelles technologies. En effet, l'entreprise devrait solliciter beaucoup plus cette forme de partenariat pour se moderniser. Certes, les résultats ne peuvent être réalisés dans le court terme. Mais, il s'agit pour l'opérateur économique de consolider les relations déjà nouées. Ainsi, M. Lemmel a plusieurs fois recommandé aux hommes d'affaires de se délacer d'autant "qu'on ne fait pas des affaires à distance", a-t-il indiqué. En effet, le partenariat suppose un suivi étroit. D'où le vu d'institutionnaliser de telles rencontres émis par M. Abouyoub. Le patronat marocain pour sa part a pris des initiatives dans ce sens. M. Abderrahmane Bennani Smires et M. Lemmel ont au cours de cette journée signé un protocole d'accord instituant la mise en place d'un Comité Mixte Exécutif entre la CGEM et la Fédération des Industries Suédoises.

A.D.N.

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