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Déficit d'électricité :

Par L'Economiste | Edition N°:66 Le 11/02/1993 | Partager

La bougie, produit d'un autre âge, prend sa revanche. Elle reste la principale alternative en cas de pannes électriques dans les domiciles. Avec les dernières coupures, la demande des bougies a bondit de 40 à 50%. Elle devrait encore remonter pendant le Ramadan. Les fabricants signalent qu'ils ne peuvent répondre à la demande si les quotas à l'importation de la paraffine, matière première pour la fabrication des bougies, sont toujours maintenus.

A Oued-Zem, les coupures d'électricité régulières ont contraint le patron d'un café populaire à revenir aux bougies d'éclairage pour maintenir son commerce, pendant le soir. Sur chaque table, où se joue une partie de cartes, il en allume deux. Le Ramadan, mois de noctambules, deux bougies ne suffiront pas pour tout l'après-ftour. Il y a trois semaines, ce patron a doublé la commande auprès de son fournisseur. Ce dernier, qui s'approvisionne à partir de Derb-Omar à Casablanca, a transmis illico le message. Loin de se réjouir, le fabricant casablancais affiche des signes de mécontentement: davantage de bougies exige davantage de paraffine, matière première indispensable pour la fabrication des bougies. Or, cette matière est soumise à des quotas à l'importation, alors que le Maroc connaît un déficit dans cette production. "La paraffine est obtenue à partir du raffinage des huiles lubrifiantes. Une tonne de paraffine vous donne une tonne de bougies. Nos besoins en paraffine sont estimés à 25.000 tonnes. Depuis la mise en service en 1984 du complexe d'Huiles Lubrifiantes, la Samir n'a jamais pu approvisionner tout le marché. Pourquoi alors ne pas libéraliser l'importation de cette matière, au lieu de la soumettre à des quotas", s'interroge-t-il.

18.000 tonnes/an.

A Oued-Zem, comme partout dans les autres villes, une demande supplémentaire se fait donc sentir. Les fabricants de bougies affiliés au sein du C.O.P.A.R(1) signalent que cette demande s'est accrue de 40 à 50%. Cette association, créée aux années 60, groupe en son sein une trentaine d'unités de fabrication de bougies qui assurent 80% de la production nationale, évaluée à 18.000 tonnes/an. D'un autre côté, avec la sécheresse qui sévit, le service de raffinage, au Ministère de l'Energie et des Mines, ne prévoit qu'un besoin supplémentaire de l'ordre de 2.000 à 3.000 tonnes.
Au total, le marché compterait une cinquantaine d'unités de fabrication, de taille et de standard différents. Ces unités sont localisées pour la plupart aux environs de Casablanca, à Berrechid, Settat et Ben Hmed. A côté d'usines structurées vivotent des unités présentant un statut juridique flou, travaillant d'une manière saisonnière et "semi-clandestine". Les usines qui dominent le marché sont, à quelques exceptions près, des affaires anciennes rachetées à des étrangers qui ont quitté le Maroc.

Destiné à la classe pauvre

La commercialisation des bougies suit les réseaux traditionnels de l'agro-alimentaire. "On achète sa bougie non pas chez un quincaillier, mais chez l'épicier du coin". Conséquence évidente, c'est Derb Omar qui constitue la plate-forme du commerce des bougies. Selon le C.O.P.A.R., le secteur réalise un chiffre d'affaires de 162 millions de DH par an et assure 2.500 emplois directs.
La campagne, en majeure partie sous-électrifiée, absorbe traditionnellement 90% de la production nationale en bougies. Avec le Ramadan, les fabricants prévoient une augmentation de 30% de cette demande. Après la campagne, viennent ensuite les quartiers sur-urbains et les bidonvilles. La bougie d'éclairage étant "un produit destiné à la classe pauvre", elle est exonérée de la T.V.A., expliquent les fabricants de bougies. Ce que confirme le service de raffinage au Ministère de l'Energie et des Mines et la société Lubna, filiale de la Samir, qui fournit les fabricants de bougies en paraffine.

Prix protégé

Le prix de la bougie est d'ailleurs protégé et n'a pas subi de modification depuis 1984. Au stade du gros, il est fixé à 9,90 DH/Kg. En pratique, il oscille entre 9 et 9,50 DH/Kg du fait de la concurrence entre les fabricants. Selon les membres du C.O.P.A.R., le prix peut descendre à 8 DH/Kg si les restrictions qui frappent l'importation de la paraffine sont levées.
Dès 1984, date de la mise en exploitation du Complexe d'Huiles Lubrifiantes, c'est la Samir qui s'occupe de produire de la paraffine et de la vendre sur le marché local. Mais, cette production, commercialisée par sa filiale Lubna, restera toujours en deçà des besoins du pays. En 1985, la production est estimée à 6.800 tonnes, alors que la demande annuelle des fabricants de bougies était, à l'époque, de l'ordre de 15.000 tonnes. En 1992, la production a été estimée à 10.500 tonnes alors que les besoins sont de l'ordre de 18.000 tonne. La paraffine manquante est importée par Lubna et les principaux fabricants de bougies, suivant des quotas. Et c'est à ce niveau où des divergences de vue existent entre les différents intervenants sur le secteur.

Quotas

Les membres du C.O.P.A.R. s'étonnent: "Est-il normal de parler encore de quotas alors que la libéralisation des importations touche presque tous les secteurs économiques?". Dans la foulée, ils reprochent à Lubna d'exercer "un monopole sur le marché de la paraffine". Ils contestent, ensuite, la fixation des quotas à partir du déficit en paraffine accusé par la Samir. "La quantité du déficit reste imprévisible et dépend étroitement de la production des Huiles Lubrifiantes", expliquent-ils. Un fabricant résume la situation en disant: "Tout simplement, moi, je ne peux pas importer ce que je veux en paraffine".
Interrogée, la société Lubna qui réalise 90% de son C.A. en paraffine avec les fabricants de bougies reconnaît l'existence de "difficultés de travail". Elle se refuse toutefois de "polémiquer" sur les points soulevés par les membres du C.O.P.A.R. Dans la lignée, les dirigeants affirment que "le Complexe des Huiles Lubrifiantes est une réussite pour le Maroc". Ils ajoutent que "la relation acheteur-vendeur doit être exemplaire".

Abdelkhalek ZYNE

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