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Israël ne peut pas gagner au Liban
Par le colonel Jean-Louis DUFOUR

Par L'Economiste | Edition N°:2332 Le 02/08/2006 | Partager

Le massacre de Cana va accélérer la fin de la guerre. Le Hezbollah attend les Israéliens sans esprit de recul, mais sans manœuvre possible autre que le tir de missiles aux portées accrues et à la précision médiocre. Israël, tenu en échec par la résistance chiite, doit tenter autre chose que des raids aériens destructeurs et des opérations terrestres limitées pour mettre son territoire à l’abri des roquettes. . Une guerre de positionLa situation peut être débloquée de deux manières: - ou bien un cessez-le-feu amène les adversaires à traiter;- ou bien un camp prend une initiative de nature à changer la donne. Inéluctable depuis Cana, le cessez-le-feu est proche; il attend la décision américaine de l’imposer à Israël. Dimanche, déjà, l’Etat hébreu annonçait une suspension de ses raids aériens pour 48 heures, un délai commode pour remettre en condition les unités avant une ultime opération. Objectif: en finir avec les roquettes du Hezbollah. Jusqu’à présent, il s’est agi d’une guerre de position. Tsahal a tenté de réduire les installations fortifiées du Hezbollah, sans avoir les hommes pour le faire. Faute de pouvoir être relevée, la brigade d’élite Golani a dû évacuer sous le feu la petite ville de Bint Jbeïl, qu’elle avait pourtant presque prise maison par maison; cinq jours d’affrontements contre 200 combattants libanais ont rendu indispensable son retrait du front. On est tenté de comparer les combats de la semaine écoulée à la conquête par les Marines des îles du Pacifique lors du Second conflit mondial. Les Japonais se battaient jusqu’à la mort sans espoir d’être secourus ni même ravitaillés, bien décidés à retarder le plus possible l’inéluctable défaite de leur pays. Le Hezbollah au Sud Liban leur ressemble, mais sa résistance est déjà une victoire. Dans leurs blockhaus, peut-être des caves d’immeubles, les miliciens chiites disposent de vivres et de munitions accumulés des mois durant. Ils n’ont besoin ni de ravitaillement, ni d’un flot continu d’ordres et d’informations transmis par radio. Les instructions simples qu’ils ont reçues leur suffisent: tenir sous les coups, causer des pertes à l’assaillant, faire des prisonniers! . Une tactique inadaptéeC’est dire combien la tactique des raids aériens adoptée initialement par les armées israéliennes est dramatiquement inadaptée. Elle est imitée d’un schéma américain des années 80, «La bataille aéroterrestre »(1) qui consiste à isoler les unités au contact de l’arrière qui les dirige, les soutient et les ravitaille. Pourquoi, en effet, ruiner le Liban, couper ses routes, détruire les ponts, viser les camions, incendier les dépôts de carburant afin de gêner un ennemi qui n’a pas besoin d’axes logistiques? Pourquoi bombarder d’hypothétiques centres de commandement, des centrales électriques, des relais radio et des stations émettrices? Pour empêcher les chefs adverses de communiquer avec leurs subordonnés? Inutile! Au combat, la structure du Hezbollah est décentralisée. S’il faut transmettre un ordre, une estafette suffit. Pour atteindre les missiles, les F16 en sont réduits à survoler le Liban en quête d’un tir dont la flamme du départ sera repérée par les radars de bord. Alors la position est attaquée sans délai. Problème: Tsahal n’a pas assez d’avions pour rester dans l’espace aérien libanais 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’armée d’Israël n’a pas les moyens de sa stratégie, pas assez d’appareils pour annihiler des objectifs trop nombreux, pas assez de renseignements pour tirer juste, pas assez de parachutistes(2), formés aux difficiles techniques des combats de rue, pour conquérir, pied à pied, la quasi-totalité des villages du Liban méridional! Jeudi, le cabinet Olmert, en même temps qu’il disait renoncer à toute opération terrestre d’envergure, rappelait 30.000 hommes. Pourquoi faire ? Se constituer des réserves, surprendre l’adversaire par une attaque massive, mener ses raids aériens jusqu’à anéantissement de l’ennemi ? Cette dernière solution est possible sous réserve de pouvoir répondre à deux questions: Israël sait-il ce qu’il doit frapper? Israël a-t-il les bombes ad hoc pour détruire ses objectifs? Si la réponse est non, l’autre stratégie consiste en une opération terrestre mobile qui isole les poches de résistance, identifie précisément les objectifs à détruire et les détruit effectivement avec l’aide de l’aviation.Dimanche, quelques heures après le drame de Cana, Ehud Olmert déclarait vouloir poursuivre l’action aérienne, même s’il l’a ensuite suspendue deux jours pour inciter, dit-il, la population du Sud Liban à se mettre à l’abri. Cela n’exclu nullement une vaste opération terrestre de nettoyage, annoncée imminente par des sources habituellement bien informées. Pour la paix, les Libanais devront attendre encore un peu…


Les blockhaus du Hezbollah existent-ils vraiment?

Les fameux bunkers sont peut-être un mythe. Aucune source indépendante n’a déclaré les avoir vus. Au Koweït, en 1991, la presse glosait sur les formidables installations souterraines de Saddam qui n’existaient pas. En Afghanistan, personne n’a jamais vu non plus les profondes galeries de Ben Laden creusées dans la montagne afghane, électrifiées, climatisées, invulnérables, souvent évoquées par les médias…. Les besoins logistiques d’IsraëlIsraël a demandé aux Etats-Unis de lui livrer d’urgence:100 bombes GBU-28, fabriquées par Lockheed Martin, de 2,3 tonnes, guidées par laser, dites «bunker buster» ou briseurs de blockhaus, conçues pour détruire des PC enterrés sous 30 m de rocher ou 6 m de béton;5000 missiles air-sol JDAM pour Joint Direct Attack Munition, à guidage GPS.Les premières bombes GBU-28 auraient été livrées le 23 juillet.(1) En anglais Air Land Battle(2) Si la brigade Golani a dû évacuer samedi dernier Bint Jbeïl, après une semaine de très durs affrontements, c’est probablement parce que le commandement israélien ne disposait d’aucune unité de qualité comparable pour relever ses éléments au contact

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