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Economie

Irrigation: L’ONA décroche le projet de Guerdane

Par L'Economiste | Edition N°:1818 Le 23/07/2004 | Partager

. Concession au privé d’un projet d’irrigation: Une première mondiale!. Un projet de près de 850 millions de dirhams. Une consécration pour les “champions nationaux” Les Gadiris sont heureux. Le périmètre agrumicole de Guerdane pourra enfin être alimenté en eau de barrage. Le projet d’adduction et de distribution d’eau à usage agricole sur le périmètre Guerdane a été attribué au groupe de l’ONA face au groupe Chaâbi. L’ouverture des plis a eu lieu jeudi 15 juillet 2004. Le critère sur lequel s’est basé l’appel d’offres est celui du niveau de tarif le plus bas de l’eau. Le groupement ONA-CDG ont proposé un prix de vente de 1,48 dirham le mètre cube hors taxes et le groupe Chaâbi 1,88 dirham. La concession de la gestion de réseaux d’irrigation au privé n’a jamais été faite auparavant, avancent les responsables. Le périmètre Guerdane regroupe près de 600 agriculteurs sur 10.000 hectares, la plupart dotées d’une technicité élevée. Les terres de Guerdane sont essentiellement occupées par des vergers. Cette région connaît un stress hydrique. Les forages privés qui pompent l’eau de la nappe du Souss sont pour le moment l’unique source d’eau d’irrigation. Surexploitée, la nappe voit son niveau baisser de 2,5 mètres par an en moyenne. Et chaque année, des exploitations sont abandonnées du fait du tarissement de forages ou des coûts de pompages onéreux. Pour faire face à ce problème, le Plan directeur d’aménagement des ressources en eau du Souss Massa (PDARE) (1) a alloué au périmètre de Guerdane un volume de 45 millions de mètres cubes d’eau provenant du complexe de barrages Chakoukane-Aoulouz. Ce volume peut couvrir près de la moitié des besoins en eau des superficies agrumicoles du projet. L’eau souterraine issue des forages privés devrait pouvoir couvrir le reste. Le groupe Chaâbi, qui n’a pas été adjudicataire, se félicite de la transparence dans laquelle se sont déroulées les opérations d’appel d’offres. “Le projet dans sa partie ouverture de pli s’est passé dans une transparence totale. Nous avons été totalement satisfait de la procédure, même si nous ne sommes pas adjudicataires”, indique Ahmed Guermaï, l’administrateur du groupe Chaâbi. Qu’à cela ne tienne, outre la première mondiale que constitue ce mode de montage de projet d’irrigation, il y a aussi une première marocaine: Des groupes 100% marocains se concurrençaient pour un appel d’offres où, en général, les groupes internationaux s’investissent. “C’est une première nationale le fait qu’un groupement marocain comme le nôtre soit qualifié pour un projet aussi important alors qu’auparavant il n’y avait que des groupements étrangers avec lesquels vous trouverez des participations marocaines mais mineures”, ajoute Guermaï.L’ex-groupe Suez, Ondeo services, avait annoncé sa participation à un premier appel d’offres international. Le groupe aurait annulé sa soumission après la crise argentine durant laquelle le gouvernement avait refusé de réajuster les conditions des contrats qui les liaient avec les grands groupes internationaux, dont Suez qui gérait la distribution de l’eau de Buenos Aires. Un deuxième appel d’offres est émis et auquel ont participé les groupements ONA-CDG-BRL-Inframan conduit par l’ONA en tant que chef de file et Holding Ynna-Dimatit-SNTM, mené par Holding Ynna (groupe Chaâbi).Par ailleurs, L’ONA devrait commencer à lancer une campagne de souscription destinée aux agriculteurs du périmètre Guerdane à partir du mois de septembre, avant de commencer les travaux. Le prix de la souscription avoisinera le coût moyen d’un branchement au réseau de distribution. Les propriétaires agricoles souhaitant se connecter au service devront contribuer à hauteur de 8.000 DH/ha


Tarif

Selon les termes du projet, il est prévu d’appliquer un tarif comprenant une part fixe annuelle sous forme d’abonnement (prépaiement de 20% du montant correspondant au volume souscrit par chaque agriculteur), et une redevance de consommation liée au volume consommé. Selon les responsables du projet, cette structure tarifaire permet de réduire les risques de non paiement et de faire une gestion optimale du volume d’eau à distribuer.


Les détails du projet

Ce projet BOT (Build Operated Transfer), mené par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, prévoit: - la construction d’un ouvrage de tête au niveau du barrage d’Aoulouz, à partir duquel sont alloués les débits réservés au périmètre Guerdane, - un ouvrage d’adduction gravitaire d’une longueur de près de 90 km (pour le transport d’une allocation annuelle de 45 millions de mètres cubes d’eau depuis le complexe de barrages Mohamed Mokhtar Soussi-Aoulouz). - et un réseau de distribution d’eau sous pression, dont la longueur totale est estimée à 300 km, destiné à apporter l’eau d’irrigation aux agriculteurs. Le groupe est tenu de réaliser ces infrastructures, gérer et entretenir le réseau de distribution de l’eau pendant une durée de concession de 30 ans. La durée des travaux ne devra pas dépasser trois ans.Le montant global de l’investissement avoisine les 850 millions de dirhams dont presque la moitié sera financée par l’Etat. La subvention est de l’ordre de 475 millions de dirhams. La moitié de la contribution de l’Etat sera apportée sous forme de subventions, l’autre moitié le sera sous forme de prêts aux taux concessionnel de 1% et remboursable pendant les dix dernières années de la concession.


Un précédent et une première

Le projet Guerdane n’est pas nouveau. Une première tentative de lancement du projet avait été lancée en 1996, pour un investissement estimé à 850 millions de dirhams. Le montage prévoyait un cofinancement entre l’Etat (40%) et les agriculteurs (60%). L’association des usagers de l’eau agricole “Al Moustakbal” (AUEA), créée à l’occasion, était comaître d’ouvrage du projet. Le gouvernement s’engageait à financer les 40% (environ 300 millions de DH) de son apport par un prêt de l’AFD (Agence française de développement) de 160 millions de dirhams, tandis que la CNCA (Crédit agricole), devait financer les agriculteurs.L’AFD exigeait, entre autres, de la part de l’Etat, l’engagement préalable d’au moins 80% des agriculteurs du périmètre à participer financièrement au projet. Cette exigence ne sera jamais respectée. Le principal problème était celui de la solvabilité des agriculteurs: soit qu’ils étaient trop endettés, soit qu’ils n’avaient pas suffisamment de garanties pour contracter les prêts. Le montage tenté avec l’AUEA n’ayant pu être réalisé pour des raisons tout à fait objectives, les pouvoirs publics se sont orientés vers la délégation de la gestion du service public d’irrigation à un opérateur privé par voie d’appel à la concurrence.


Une première aussi pour la procédure

La réalisation d’un projet d’infrastructure d’irrigation, dans le cadre d’un partenariat public-privé, est un concept nouveau. D’abord, pour le montage financier, l’investisseur privé participe au financement du projet et assure l’exploitation des infrastructures y relatives pendant une période de trente ans. Il doit également assurer un service de l’eau et d’irrigation de qualité dans une zone caractérisée par la rareté de ses ressources en eau. Ce projet a nécessité de sérieuses études de structuration de la transaction avec l’appui de la SFI et du cabinet Gide-Loyrette-Noel sous l’égide d’un comité de pilotage constitué de représentants de tous les départements ministériels concernés. Son lancement par voie d’appel à la concurrence devait s’adosser à une large campagne de publicité dans la presse nationale et internationale. Objectif atteint à travers la “circularisation” d’un appel à manifestation d’intérêt qui a été diffusé à une large population parmi les investisseurs potentiels (plus d’une centaine), principalement les banques, les assurances et les entreprises du BTP. Par ailleurs: une journée d’information a été organisée le 25 février 2004 au profit des investisseurs marocains. Ce n’est pas fini: un dataroom virtuel groupant l’ensemble des documents et informations sur le projet a été mis à la disposition des investisseurs. Ce forcing au niveau de la communication explique sans doute l’importance du nombre de candidats: Une vingtaine de sociétés ont manifesté leurs intérêts pour le projet dont 7 ont participé à l’appel d’offres constitué en deux groupements respectivement conduits par ONA (ONA-CDG-BRL-Iframan) et par Holding Ynna (Holding-Ynna-Dimatit-SNTM).Le jugement des offres a eu lieu en séance publique le 15 juillet 2004 comme prévu. Les concurrents ont été invités à déposer leur pli directement à la commission en début de séance de jugement d’appel d’offres. “Un élément de transparence important”, insiste un haut responsable au ministère de l’Agriculture. Les deux groupements participants ont tous les deux été jugés admissibles après vérification de la conformité de leur offre au critère d’éligibilité fixé par le règlement de l’appel d’offres. L’ouverture des plis financiers a été également conduite en séance publique. Les offres étaient de 1,48 DH par m3 hors TVA et de 1,88 DH hors TVA pour le groupement ayant pour chef de file Holding Ynna. Le groupement ONA-CDG-BRL-Iframan a été déclaré attributaire provisoire. Mouna KADIRI----------------------------------------------------------------(1) Approuvé par le CSCE, réuni en sa neuvième session à Agadir le 21 juin 2001.

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