×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Informatique-électronique: Petite histoire d'un concubinage

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

Si l'ordinateur est de plus en plus puissant et de moins en moins. C'est grâce à la technologie des puces, dont les améliorations ont été exponentielles. Une brève histoire des relations étroites informatique - électronique, qui finissent désormais par quelques mariages fabricants-constructeurs

L'avenir de l'informatique reste indissociablement lié à celui de l'électronique i semi-conducteurs ), aussi bien en terme technologi4ue qu'en terme économique. En vingt cinq ans d'existence (la micro-électronique), les circuits intégrés ont bouleversé le marché des technologies de l'information, divisant les coûts des mémoires par 1.000 ou plus, multipliant les performances des unités centrales par 400. Propulsée par la technologie des semi-conducteurs, l'évolution (la révolution) de l'informatique va se poursuivre.

L'électronique désigne la technologie de mise en oeuvre des courants électriques de faibles intensités à des fins de stockage, de traitement ou de transmission d'un signal. Ce qui la distingue ainsi de l'électricité - entendue comme technologie - qui concerne la production, la transmission, le stockage et l'utilisation de l'électricité à des fins motrices ou énergétiques.

Les compétences mises en jeu dans l'électronique se sont développées et transformées sous l'effet de deux grandes mutations puissamment liées) observées dans le domaine depuis la seconde guerre mondiale à savoir, d'une part l'essor de la micro-électronique et l'intégration qui l'a accompagnée, et d'autre part, l'extension progressive de la numérisation. L'essor de la micro-électronique a permis une extension rapide des applications de l'électronique.

L'évolution de la micro-électronique s'est fait sentir d'une part sur les stratégies des producteurs de circuits intégrés et celles des industriels de toute la filière électronique, à l'intérieur de laquelle les limites se déplacent au gré des stratégies d'intégration amont et aval ou de diversification, d'autre part sur les utilisateurs des produits électroniques.

La généralisation des micro-ordinateurs à bas coûts, spécialisés dans toutes les activités possibles, a engendré toute une série de phénomènes, dont nous parlerons plus bas, et qui forment la nouvelle informatique (bureautique, robotique...).

L'effet d'entraînement en industrie

Les progrès technologiques exponentiels de la micro-électronique ont sur les produits aval un puissant effet d'entraînement technologique. Les avantages nouveaux, qu'ils apportent, se résument ainsi:

- économie de coût;

- économie de main-d'oeuvre pour l'assemblage d'un ou deux circuits remplaçant une multitude de composants électromécaniques ou électroniques;

- plus grande fiabilité;

- maintenance plus faible;

- moindre consommation d'énergie, suppression de système de ventilation dans certains cas;

- test plus réduit;

- encombrement moindre;

- ont entraîné un accroissement considérable de diffusions dans les branches utilisatrices.

L'effet d'entraînement technologique des circuits intégrés s'est traduit à chaque passage d'une génération technologique à l'autre (lampe diode, transistors circuits intégrés MSI, LSI, NLSI, ULSI et microprocesseurs) par:

- l'amélioration des performances des produits déjà électroniques (télécommunication, audiovisuel, informatique);

- la création de fonctions nouvelles dans les produits classiques et la substitution de la micro-électronique à l'électromécanique dans des fonctions classiques (automobiles, électroménager, bureautique, montres électroniques, instruments de mesures....):

- la création de produits nouveaux. Commandes numériques, robots, ateliers flexibles, terminaux d'applications nouvelles, intelligents destinés à tous usages et connectés ou non sur des réseaux et des banques de données, jeux vidéo, jouets, etc...

En informatique, l'abaissement des coûts et l'amélioration de performances sont devenus monnaie courante. La maturité de la micro-électronique a fait rapidement évoluer l'informatique vers les mini et micro-systèmes et se développer les terminaux intelligents.

En télécommunication, les circuits intégrés réalisent plus de 85% de fonctions électroniques de centraux dont la fabrication utilise 4 à 6 fois moins de main-d'oeuvre que les centraux électromécaniques .

En électronique industrielle, les circuits intégrés et les microprocesseurs ont permis l'apparition des machines-outils à commandes numériques, à commandes numériques directes des automates programmables, des robots et des ateliers flexibles.

Au-delà des ateliers de fabrication, ce sont les fonctions amont et aval de l'entreprise qui désormais utilisent la micro-électronique pour s'automatiser: le stockage, la manutention, le contrôle à l'entrée, les tests et contrôles à la sortie et l'ordonnancement. Enfin l'impact technologique est encore plus sensible pour les biens grand public dont l'élasticité demande/ prix est la plus forte. Une des conséquences générales de la courbe d'apprentissage est l'abaissement spectaculaire des coûts des circuits intégrés aux marchés de masse. Le Japon, dès 1965, lançait sous l'égide du MITI (Ministère du Commerce et de l'Industrie) un plan de développement des biens de consommation grand public constituant ainsi un vaste marché captif pour les composants classiques. Personne n'ignore aujourd'hui la domination japonaise sur le marché électronique grand public (téléviseur, magnétoscope, fax...).

De nouveaux critères guident la stratégie des fabricants de composants qui, avec les microprocesseurs et la maîtrise des logiciels avancés sont en réalité devenus des fabricants de systèmes informatiques.

La complexité des circuits a désormais donné un rôle déterminant à la conception des circuits et la réalisation des masques qui nécessitent des moyens infiniment plus importants en matériels (conception assistée par ordinateur) et en personnel. Les budgets de recherches et développements des firmes sont de plusieurs millions de Dollars par an et dépassent 10% du chiffre d'affaires, chez Intel, l'un des plus innovateurs des grands fabricants de composants mondiaux.

L'interdépendance croissante entre fabricant et utilisateur les contraint à se rapprocher. Les semi-conducteurs devenant le coeur des systèmes qu'ils équipent, leur conception suppose des échanges permanents entre fabricant et clients.

Dans le cas des circuits à la demande, il faut être conscient du degré d'intimité qui existe entre le fabricant de composants et le fabricant de matériels. Celui-ci ne se contente pas de rédiger des spécifications ni celui-là de les remplir; des échanges d'ingénieurs et d'agents techniques, des stages de plusieurs semaines sont organisés.

Dans le cas des circuits catalogue, les liens sont certes plus faibles, le fabricant de matériels y est cependant aujourd'hui beaucoup plus dépendant du fabricant de composants qu'il ne l'était autrefois. Les circuits intégrés ne sont pas aisément interchangeables comme l'étaient les transistors ou les résistances (ils le sont encore moins lorsque les circuits sont rapportés sur des circuits hybrides).

Les conséquences de l'interdépendance sont alors l'intégration amont de fabricants de matériels et l'intégration aval de fabricants de composants.

Conscient de la complexité croissante des composants et du caractère d'industrie d'assemblage que prenait progressivement leur secteur, divers fabricants de matériels se sont mis à fabriquer les composants spécifiques dont ils avaient besoin.

Ainsi, certains grands constructeurs (IBM, DEC, Toshiba) se sont résolus à fabriquer la majeure partie de leurs semi-conducteurs puis de leurs circuits intégrés parce qu'ils ne pouvaient obtenir de leurs fournisseurs les composants optimisés à leur besoin.

Inversement, les fabricants de composants s'intègrent à l'aval en fabricants de matériels électroniques (Inter commence à fabriquer des cartes réseau des PC...).

Enfin, la prééminence des liens amont-aval rendent le fabricant de matériels très sensible à un embargo (militaire ou surtout commercial en cas de concurrence sur marchés étrangers) de la part du fabricant de composants c'est-à-dire de son gouvernement.

A. K.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc