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    Importation de bétail : Les compagnies maritimes boudent les génisses

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager

    Les compagnies de transport maritime s'entourent désormais de toutes les précautions avant d'accepter d'acheminer du bétail sur le port de Casablanca. Elles estiment que les importateurs n'offrent plus toutes les conditions nécessaires à un débarquement «normal».

    Les importateurs de génisses sont confrontés à une difficulté de taille: comment assurer le transport de leur marchandise par voie de mer. Les compagnies de navigation refusent en effet d'acheminer le bétail sur le port de Casablanca tant que les importateurs ne réunissent pas toutes les garanties d'un débarquement «normal». Les transporteurs maritimes veulent que les importateurs s'engagent notamment à enlever le bétail, mort ou vivant, au port de débarquement.
    A l'origine de cette situation le renforcement par le Ministère de l'Agriculture des mesures d'importation de bétail dans le but de prévenir, notamment, l'introduction au Maroc d'animaux contaminés par l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) ou maladie de la vache folle. Une de ces mesures instaurées depuis le mois de juillet dernier interdit le débarquement du bétail tant que les documents sanitaires délivrés par les pays d'origine et exigés par les services vétérinaires du port ne sont pas présentés par l'importateur. Cette mesure a soulevé un problème inattendu pour les transporteurs, celui des génisses mortes. La malencontreuse aventure d'un ferry de la Comanav est à cet effet un exemple éloquent. Refoulé le 30 septembre 1996 pour documents incomplets, le navire s'est présenté une seconde fois au port de Casablanca le 2 octobre 1996. Tous les documents exigés étaient cette fois-ci présentés, mais la moitié du troupeau transporté avait péri, n'ayant pu supporter ce séjour prolongé en mer.

    Ligne Cadix-Casablanca


    Surprise, la Comanav ne le fut qu'à moitié. Arrivé au port, le bateau s'est rendu compte que l'importateur avait disparu. Face au désistement de ce dernier, la compagnie a dû elle-même prendre en charge l'élimination des animaux morts. L'opération a été menée en collaboration avec le bureau municipal d'hygiène et les autorités locales, dans le cadre du «plan d'action» qui prévaut dans des situations similaires.
    Les carcasses furent incinérées aux frais de la Comanav par une société privée. Coût de l'opération: entre 450.000 et 500.000 DH. Cette mésaventure soulève dans son sillage la question de l'absence d'incinérateurs dans les ports.
    Le problème des génisses mortes se pose en particulier pour les navires qui empruntent la ligne Cadix-Casablanca. Dans ce cas, le bateau, une fois refoulé, ne peut plus revenir à la case départ, le port de Cadix en l'occurrence. Le port espagnol autorise en effet l'embarquement mais refuse le débarquement de la marchandise.
    Pris entre deux feux, les transporteurs sont obligés de rester en mer, ce qui augmente leur «daily cost» et aussi le risque de décès des animaux transportés.
    Pour débloquer la situation actuelle, quelques compagnies se sont engagées, moyennant de multiples précautions et garanties, à assurer le transport pour des importateurs «sérieux».
    Pour leur part, les importateurs, devant le retard qu'accumulent leurs commandes, réfléchissent à la solution du fret aérien. Ce mode de transport risque toutefois de poser un problème de coût puisqu'il reste plus cher que le fret maritime. Face à l'impasse actuelle, les propositions de solutions foisonnement tant chez les importateurs que chez les transporteurs. Les uns plaident, par exemple, pour que le contrôle des documents d'importation par les autorités marocaines soit effectué à l'embarquement. D'autres estiment qu'il faudrait ouvrir le port de Tanger. Pour l'instant, seul le bétail destiné à la région du Nord peut être introduit via Tanger.

    Mohamed BENABID

    La procédure


    Une fois que les documents sanitaires exigés par les services vétérinaires du port sont jugés conformes, ces derniers procèdent à l'étape dite d'identification des animaux. Dès que cette opération est validée, l'autorisation de déchargement est délivrée. Le bétail est ensuite mis en quarantaine dans le lazaret du port (ou dans une étable appartenant à l'importateur mais agréée par les autorités). Une commission ad hoc désignée par le Ministère de l'Agriculture procède à l'examen des documents zootechniques, l'objectif étant de vérifier que les performances des bêtes importées sont bien conformes au cahier des prescriptions spéciales (CPS). Une dernière vérification de l'état sanitaire des animaux par examen d'échantillon de sang est effectuée. Si les résultats d'analyse s'avèrent normaux, la levée de quarantaine est alors prononcée.


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