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    IMME : L'activité chute de 40% en un an

    Par L'Economiste | Edition N°:58 Le 17/12/1992 | Partager

    Le secteur des IMME est en crise. les activités productives et commerciales enregistrent un recul général par rapport à l'année 199l. Les responsables de la FIMME attribuent cette situation principalement à l'ouverture “brutale” du marché marocain aux produits étrangers.

    La conjoncture économique du secteur des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Electriques est “sérieusement préoccupante”. C'est ce qui ressort de la note présentée, le 9 Novembre, par la Fédération des IMME au Ministère du Commerce et de l'Industrie et des privatisations.

    “La crise existe réellement, déclare M. Abdelkrim chahed Ouazzani, président de la FIMME, elle sera plus dure en 93”.

    En effet, les chiffres avancés par la Fédération révèlent un recul général de l'activité productive et commerciale de ce secteur par rapport à l'année 1991. La baisse de la production, qui atteignait, il y a quelques mois, 20 à 30%, est arrivée actuellement à 40%, estime le président de la fédération. Le taux d'utilisation des capacités productives varie entre 50 et 60%. Plusieurs unités industrielles parmi les plus importantes ont arrêté leur production.

    “Ouverture sauvage”

    Le secteur de la Fonderie est l'un des Secteurs les plus touchés, affirme M. Ouazzani, Directeur Général des Fonderies et Aciéries du Maroc. Cette activité accuse une baisse de 30% par rapport à l'année précédente. “ Une partie de l'activité de la FAM (Forge) est en arrêt ”, confie M. Ouazzani.

    La conjoncture économique du secteur des IMME connaît donc une crise grave, de l'avis des professionnels. Les perspectives s'annoncent incertaines, affirment les industriels. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cette crise. La sécheresse est considérée comme le premier responsable. Cause apparente ou cause réelle, la sécheresse a engendré une chute importante de la consommation. Les consommateurs réticents, faute de pluie, sont cependant attirés par les produits de contrebande. D'un autre côté, l'avalanche des impayés s'est conjuguée au fardeau fiscal pour mieux entraîner les entreprises dans une “crise de trésorerie insurmontable”. Par ailleurs, en réponse aux signaux de détresse des entreprises, les banquiers arrêtent les crédits. Cependant, ces situations pourraient être surmontables si les habitudes des industriels n'étaient pas ébranlées. L'ouverture “ brutale ” du marché a mis les entreprises nationales face à une concurrence étrangère plus compétitive. Ce “ face à face ” n'était pas prévu par nos industriels qui reconnaissent qu'ils ne sont pas du tout prêts à affronter des concurrents de taille. La compétition se situe actuellement à un niveau international et non plus local. Or, pour les industriels, cette ouverture s'est faite “sans préparation ni étude approfondie des secteurs industriels ”.

    Cette ouverture “sauvage” affecte davantage les industries métallurgiques, mécaniques “électrique, soulignent les responsables de la FIMME. En effet le secteur des IMME est “un secteur fragile” et très technique, expliquent les responsables. Il nécessite une formation très complexe et un appel à la technologie.

    Les IMME emploient 54.000 personnes et “aurait pu en employer deux à trois fois plus ”. Le secteur se compose à 80% de petites et moyennes entreprises. Ces PME n'ont pas la capacité financière et technologique pour faire face à la concurrence étrangère, surtout celle des pays de l'Est qui "bradent" leurs produits. Cette concurrence “ crée des perturbations et risque d'entraîner beaucoup de dégâts”. Les industriels marocains se sentent “complètement bloqués”.

    “Nous ne pouvons pas travailler et encore moins exporter”. “Pour certain grands projets de l'Etat, les appels d'offres internationaux excluent les industriels marocains qui ne sont même pas consultés”, déclare M. Ouazzani.

    Des perspectives incertaines

    La chute d'activité a touché tout le secteur des IMME, mais dans des proportions différentes selon les branches professionnelles. Elle varie entre 5 et 40%, d'après la note présentée au Ministère de tutelle. La branche de l'électricité enregistre une baisse de 5 à 20 %. La mécanique industrielle accuse un recul de 6 à 10% suivant les entreprises. La quincaillerie est en retrait de 10% avec un taux d'utilisation des capacités productives de 60%. L'activité dans le domaine des bouteilles à gaz connaît une baisse de 13% d'une année à l'autre, les entreprises ne faisant pas fonctionner plus de 40% de leur capacité. En ce qui concerne la climatisation, la baisse de la production est de 15% et le taux d'utilisation des capacités productives se situe à 60%. Les articles de ménage essuient une chute de 20 à 40% attribuable à une forte concurrence des importations. L'activité de chaudières régresse aussi de 40%, avec un taux d'utilisation des capacités productives de 50%. Cette activité est estimée “sans espoir de relance”. La fabrication de composants automobiles accuse une baisse de 40% et un taux d'utilisation des capacités productives de seulement 35%. “ Les prévisions ne laissent pas entrevoir de reprise en raison d'un entassement considérable des stocks dans le circuit commercial”. A côté de ces industries en baisse d'activité, la robinetterie qui fonctionne à 85% de son potentiel, enregistre une progression de 5%. Cependant, ses perspectives sont jugées moyennes. L'activité concernant les chauffe-eau est également en reprise, mais elle est qualifiée de mauvaise.

    L'évolution de la menuiserie aluminium reste moyenne, tandis que celle de l'électronique est plutôt favorable.

    Mohammadia HAJOUI

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