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    Politique Internationale

    Il y a vingt ans Maria Callas

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le 16 septembre 1977 s'éteignait à Paris dans la plus complète solitude celle qui durant plus 30 ans envoûta et fascina le monde de la musique, la cantatrice Maria Callas... Une exposition lui est dédiée du 15 au 30 septembre au Musée de Marrakech.


    DE parents grecs, née à New York en 1923, elle retourne à Athènes à l'âge de 14 ans. Une seule année de conservatoire et elle débute à 15 ans dans Cavaliera Rusticana de Mascagni. Première apparition sur scène d'une adolescente timide à l'excès, myope et obèse, mais dont le timbre de voix est déjà exceptionnel.
    Expatriée en Amérique, un ténor italien la remarque et la conseille. La jeune Maria payant elle-même son voyage, part pour l'Italie. Trop jeune, trop inexpérimentée, son physique ingrat suscitant moqueries et quolibets, elle ne s'impose que lentement. Un bon génie veille sur elle comme dans les contes de fées. Battista Mennegini, riche industriel passionné de musique, s'éprend d'elle, l'épouse, prend à sa charge tout ce qui est indispensable à la carrière de Maria. Elle suit un cure spectaculaire d'amaigrissement, apprend à s'habiller, à dominer sa timidité. Sa voix étonnante prend alors toute son ampleur en même temps que s'affirment d'extra-ordinaires dons de tragédienne... Il lui faudra cependant franchir bien des obstacles. Le directeur de la Scala de Milan assure qu'elle n'arrivera jamais à rien, elle est en butte à la jalousie des cantatrices de renom qui voient d'un très mauvais oeil en elle une dangereuse rivale. Ses démêlés avec Rénata Tebaldi, alors dans tout l'éclat de sa beauté et de son talent, sont restés célèbres.

    Elle est devenue d'une fascinante beauté, mince et souple comme une liane, des yeux de braise, flammes et velours et, surtout, une présence sur scène à laquelle même ses détracteurs ne résistent pas.
    Elle aborde tous les grands rôles du répertoire italien avant de s'attaquer à l'Isolde de Richard Wargner au théâtre de la Fenice à Venise. La presse est presque unanime «noble, hiératique, reine superbe et amante passionnée, sa superbe silhouette lui confère une séduction et une majesté irrésistibles, mais la séduction la plus forte, le charme le plus émouvant émanent surtout de sa voix, une voix noble, magnifique, toute en timbre et en chaleur, égale et unie dans toute l'étendue du registre la voix idéale pour une Isolde».
    Toutes les capitales du monde vont l'accueillir et l'acclamer. Quelques caprices -elle refuse à la Scala de Milan, en présence du Président de la République d'Italie, de continuer à chanter «Norma» au-delà du premier acte se disant victime d'un enrouement- lui seront assez vite pardonnés et serviront même la légende qui se tisse autour de son nom.

    Bouleversement dans sa vie privée lorsque, en 1958, elle rencontre Aristote Onassis. Coup de foudre réciproque, Maria Callas abandonne son Pygmalion d'époux; auquel elle doit tant.
    La romance entre la diva et le milliardaire sera de courte durée. Onassis va assez brutalement l'écarter de son chemin pour épouser, au grand scandale de l'Amérique, Jacky Kennedy, la veuve du Président assassiné. Maria Callas, blessée, humiliée, ne se remettra jamais de cette rupture.
    Elle continue de chanter. A Paris, en Grèce où, dans le cadre sublime du théâtre d'Epidaure, elle incarne une bouleversante Norma, mais sa carrière se ralentit. Sa voix se fatigue. En 1965, un malaise la contraint à abandonner cette même Norma en pleine représentation à l'Opéra de Paris.
    Jusqu'en 1973, elle donne encore des concerts entrecoupés de longues périodes de silence et de semi-retraits. Commence alors pour elle une longue descente aux enfers. Elle a décidé de vivre à Paris, mais elle se cloître chez elle, refuse de recevoir, de sortir, sauf pour aller promener ses chiens.
    Elle meurt, seule, le 17 septembre 1977. Elle n'avait que 53 ans.
    Elle restera comme un mythe, héroïne tragique, romantique, vériste, moderne, opposée aux divas de son temps. Mais on peut se demander si, pour elle, la gloire ne fut, comme le disait Madame de Staël, que «le deuil éclatant du bonheur».

    Françoise FABIEN

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