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    Politique Internationale

    Oukacha: Surpeuplement, la face visible de l'iceberg

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    L'enquête judiciaire sur l'incendie de la prison d'Oukacha à Casablanca, qui a coûté la vie à 28 détenus, se poursuit. Le drame réactualise l'urgence d'une réforme des textes régissant les pénitenciers. M. Omar Azziman, ministre de la Justice, veut d'abord s'attaquer au problème du surpeuplement dans les prisons.


    C'est le genre de drame que peut redouter tout ministre qui vient d'entamer son mandat. Il n'empêche, pour sa première sortie, M. Omar Azzimane a laissé bonne impression au cours de la conférence de presse tenue lundi 8 septembre sur l'incendie du pénitencier d'Oukacha. En faisant preuve d'un souci d'informer l'opinion publique, le nouveau ministre de la Justice et ex-ministre des Droits de l'Homme, a opéré un virage à 180° avec l'ère de son prédécesseur, plutôt peu sensible aux règles de la transparence. L'heure n'est pourtant pas aux comparaisons entre les deux ministres qui seraient prématurées. L'ampleur des dégâts provoqués par l'accident d'Oukacha suscite en effet de nombreuses interrogations. Il y a eu mort d'hommes. Pas d'un seul, mais de 28. De nombreuses familles endeuillées aussi. Le sort a voulu que celles-ci, déjà affectées par l'emprisonnement de leurs proches, les voient aujourd'hui disparaître en prison dans des circonstances qui peuvent paraître à première vue stupides.

    Rappel des faits. L'incendie, qui a provoqué, en ce samedi 6 septembre, la mort de 28 occupants d'une des cellules de l'aile 4 du pénitencier, s'est déclenché, selon les premières informations, à 7 heures «dans des circonstances inconnues». Une enquête judiciaire, actuellement encours, devrait permettre d'identifier les causes. A l'heure où nous mettions sous presse, les résultats n'étaient toujours pas connus. Des gardiens de prison et des détenus ont été entendus par le parquet.
    Un mouvement de panique s'était emparé parmi les familles des détenus. Plusieurs centaines de personnes se tenaient samedi en début d'après-midi devant la prison réclamant la liste des victimes. Les quatre derniers détenus à être identifiés le furent lundi 8 septembre.

    8.831 détenus


    Reste maintenant à tirer les conclusions. Oukacha contient 8.831 détenus, alors qu'elle est censée en accueillir 5.000, dixait le ministre de la Justice lors de la conférence de presse. M. Azziman a d'ailleurs fait voeu de s'attaquer au problème du surpeuplement, «une des causes ayant conduit à ce drame».
    L'on peut toutefois regretter qu'il ait fallu qu'un accident de la gravité d'Oukacha survienne pour que les pouvoirs publics réagissent. Le Conseil Consultatif des Droits de L'Homme avait pourtant tiré, depuis bien longtemps, la sonnette d'alarme à maintes reprises. En 1993, lors de la sixième session pour les droits de l'Homme, le président de la commission chargée du système pénitencier, M. El Hachemi Bennani, s'était vivement inquiété de la situation des détenus.

    Le problème du surpeuplement ne concerne pas que le pénitencier de Casablanca, un des plus modernes d'Afrique. Selon M. Mohamed Lididi, directeur général de l'Administration pénitentiaire, également présent au cours de la conférence, près de 49.000 prisonniers vivent dans les prisons marocaines conçues initialement pour en accueillir seulement 32.000. M. Lididi n'a pas révélé le chiffre relatif au nombre de fonctionnaires des pénitenciers qui doivent s'en occuper. Leur comparaison par rapport au nombre des détenus aurait été fort utile. En fait, la question du surpeuplement n'est que la partie émergée de l'iceberg. Des urgences sont aussi à relever sur le plan réglementaire. La promulgation des textes législatifs et réglementaires relatifs aux prisons figure parmi les priorités.

    Là encore le Comité Consultatif des Droits de L'homme avait émis des propositions qui parfois ne faisaient que refléter les dispositions contenues dans le code de procédure pénale.
    Le groupe de travail sur les prisons avait notamment demandé l'installation dans chaque préfecture ou province d'une commission de contrôle chargée de veiller sur les conditions alimentaires des détenus et de leur assurer les moyens de sécurité, de protection contre les maladies, de leur rééducation, de leur adaptation et de leur insertion d'une manière correcte conformé-ment à l'article 661 du Code de Procédure Pénale.

    Mohamed Benabid

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