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Economie

Il faut s'attendre à une relance économique

Par L'Economiste | Edition N°:568 Le 09/08/1999 | Partager

· L'Etat de grâce, qui entoure S.M. Mohammed VI, pourrait accroître la relance de cet automne

· Les fondamentaux financiers sont bons, le point noir reste le chômage

· Le taux d'épargne public et privé a continué d'augmenter et les entrepreneurs ont mis leur propre argent dans leurs entreprises


Le décès de feu S.M. Hassan II a perturbé le calendrier de la remise du rapport annuel de Bank Al-Maghrib, la banque centrale. La présentation devrait, selon des observateurs, être faite à S.M. Mohammed VI, après la fin du deuil. Selon d'autres observateurs, il n'est pas impossible qu'elle soit avancée par S.M. le Roi. Leur opinion repose sur le fait qu'une reprise économique s'annonce, laquelle est, en outre, soutenue par l'Etat de grâce qui entoure le Jeune Roi.
A l'exception du chômage qui s'est aggravé, tous les autres indicateurs économiques et sociaux sont au vert au cours de l'année 1998, l'année sous revue du rapport de Bank Al-Maghrib. Ce bon comportement économique s'est poursuivi durant le premier semestre de 1999, toujours à l'exception du chômage.
Le taux d'épargne (au sens de la comptabilité nationale) public et privé, point noir des années passées s'est accru, tant l'année dernière qu'au début de la présente année.
Le phénomène le plus remarquable des dix-huit derniers mois a été la croissance des importations des biens industriels: les grands biens tels qu'avions ou navires, mais aussi et surtout, les équipements d'entreprises. Les taux de progression ont été supérieurs à 30% pour les deux catégories.

"Les rumeurs de dévaluations de l'été dernier ont peut-être rendu les industriels plus fébriles pour s'équiper", note un des responsables de la politique monétaire (qui réfute au passage l'idée de faire baisser la parité du DH, ainsi que l'avaient demandé les exportateurs, début juillet).
Probablement, suppose-t-il aussi, "que les industriels en ont eu assez d'attendre la mise en conformité des droits de douane avec les accords signés par le Maroc et que ces hommes d'affaires ont repris seuls leur programme d'investissement".
Les autorités monétaires estiment que l'appareil industriel marocain s'est largement mis à niveau, du moins du point de vue technique. Il l'a fait en silence et ce, en améliorant les ratios financiers des entreprises. "Les gens ont mis leur propre argent dans leurs entreprises, c'est un phénomène très net et très rassurant pour l'avenir", soulignent les autorités monétaires qui font remarquer que les fonds de roulement sont devenus positifs. "Autrefois, rappellent-elles, les entrepreneurs préféraient investir l'argent de la banque dans leurs entreprises et sortir de celles-ci le maximum pour faire des placements immobiliers ou boursiers, ce qui avait pour effet de rendre le tissu industriel et commercial fragile". La perspective de l'ouverture des frontières commerciales, mais aussi la baisse des rendements boursiers a sans aucun doute modifié le comportement de l'entrepreneur marocain.
Les autorités monétaires s'inscrivent en faux contre l'appréciation selon laquelle la demande de crédits bancaires stagne ou baisse. "C'est faux, expliquent-elles, parce que les crédits à l'économie ont augmenté de 8%, ce qui est un des taux les plus élevés qu'a connu le Maroc, face au taux d'inflation". En revanche, elles enregistrent bien le phénomène de sur-liquidité bancaire, lequel a entretenu l'illusion de l'atonie des demandes de crédit. En résumé, les banques ont bien continué à augmenter les prêts aux entreprises, mais elles ont toujours trop d'argent dans leurs caisses.

Excédent de liquidités


Cet excédent de liquidité vient de plusieurs sources, dont deux doivent être relevées: la première est l'accroissement des recettes extérieures et donc des contreparties en DH; la deuxième est la parcimonie du Trésor dans ses emprunts. La situation de surliquidités bancaires a été le principal outil de pression des autorités monétaires et gouvernementales sur le taux d'intérêt. Ces dernières, même si elles reconnaissent que ce n'est pas le premier facteur de la décision des investisseurs, considèrent la baisse des taux d'intérêt d'abord comme un signal politique important, ensuite comme un moteur de mise à niveau des banques, qui doivent, à l'instar des autres activités, faire baisser leurs coûts de production.


Indépendance


Le rapport de Bank Al-Maghrib est un moment fort de la vie monétaire et financière du Royaume. Les statuts de la banque font d'elle une autorité quasi-entièrement autonome par rapport au gouvernement. Elle doit donc être une sorte de contrepoids, responsable de la stabilité du DH et de la maîtrise des prix, au cas où le gouvernement se lancerait dans une stratégie budgétaire inflationniste ou risquant d'entraîner la perte de la valeur de la monnaie nationale. En outre, elle doit aussi avoir le souci de l'emploi. En fait, avec une petite dizaine d'années d'avance, les statuts de la Banque centrale marocaine avaient posé ce difficile équilibre stratégique entre emploi et stabilité financière.
Ces particularités font que chaque année, la présentation du rapport de Bank Al-Maghrib est un moment très fort de la vie financière et monétaire du Royaume. Signe de cette force, c'est à S.M. le Roi que le gouverneur de la Banque centrale présente son rapport et non pas au gouvernement. Ce n'est pas un principe marocain, mais un principe universel: l'équivalent, toutes proportions gardées, du gouverneur de Bank Al-Maghrib, le président de la Federal Reserve américaine, M. Alan Greenspan, conduit seul la politique monétaire et l'explique, non pas devant le gouvernement, mais devant le Congrès. Le Maroc ne va pas jusque-là mais s'en rapproche.
En principe, le rapport doit être terminé à la fin juin et remis au Souverain dans les jours qui suivent. Au cours des dix dernières années, cette présentation officielle s'était déroulée au plus tôt le 8 juillet et au plus tard le 21 août.


Nadia SALAH

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