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Economie

Habitat: Hejira propose des logements à 500 DH par mois

Par L'Economiste | Edition N°:1887 Le 01/11/2004 | Partager

. Etalés sur 20 ans, ils sont réservés aux ménages ayant moins que le Smig. Plus de 4,5 millions d’habitants vivent dans des habitats insalubresNos villes sont dénaturées, elles ont perdu leur identité à tel point que Casablanca ressemble à Tanger ou encore à Oujda. Nos agglomérations n’ont plus de repères, c’est en substance le bilan qu’a livré Ahmed Taoufiq Hejira, ministre délégué chargé du Logement et de l’Urbanisme, lors d’une conférence à l’Iscae. «Je ne veux pas être alarmiste, mais je tiens à donner une photographie instantanée de la situation actuelle de l’habitat insalubre», a tenu à préciser Hejira. L’exode rural étant inéluctable, selon le ministre, c’est un problème complexe car toutes les normes de statistiques se trouvent faussées sur ce registre. «Nous sommes dans l’illogique et l’instabilité des données», précise-t-il. Par conséquent, tous les moyens de contrôle et de stabilisation du phénomène demeurent illusoires. A l’origine de cette situation, l’absence d’un cadre réglementaire qui interdit la prolifération des bidonvilles. Autrement dit, la fin de l’impunité. Mais aussi des dysfonctionnements entre l’offre et la demande.. Du simple au doubleAujourd’hui, la situation est inquiétante, plus de 4,5 millions de Marocains résident dans un habitat insalubre. Un phénomène qui croît avec une moyenne de 40.000 unités par an, ajoute le ministre. Toutefois, il craint que les résultats du recensement ne livrent des données plus graves encore. «C’est une situation qui évolue presque quotidiennement», a tenu à préciser Hejira. Ainsi, «il ne faut surtout pas construire une politique sur la base d’un schéma absolu», indique le ministre. Mais ceci étant, il ne faut pas baisser les bras. L’Etat est résolument engagé à réaliser le programme «ville sans bidonvilles» dans les délais. Le chiffre de 100.000 habitats par an est plus qu’un challenge à relever, c’est un engagement, ajoute le ministre. Jusque-là, les pouvoirs publics réalisent près de 60.000 unités par an. Or, compte tenu de la pyramide des âges au Maroc, les besoins en logement social sont estimés entre 120.000 et 130.000 logements par an. C’est dire qu’il existe un écart, du simple au double, entre l’offre et la demande. Par type d’habitat insalubre, Hejira répertorie 4 catégories: les bidonvilles, l’habitat clandestin, celui menaçant ruine et les divers. Telle une gangrène, le phénomène n’épargne aucune ville, précise le ministre. Pour sortir de cette situation, il va falloir tirer des leçons des expériences passées en évitant les écueils. Mais aussi tenir compte de la situation financière de la population ciblée. Ce sont des ménages qui ont des capacités d’épargne «très fluctuelles et théoriquement très faibles», fait remarquer Hejira. Toutefois, il ne faut pas se leurrer. Les bidonvillois ne sont pas tous aussi pauvres qu’on le pense (voir encadré).Autre constat du ministère de tutelle, il y a une inadéquation entre l’offre et la demande en termes d’habitat. Ce qui se caractérise par le monopole de l’habitat insalubre au grand dam du logement économique.Autrement dit, il va falloir trouver une offre qui puisse concurrencer ce type de commerce illicite, ajoute-t-il. A cet effet, la stratégie de Hejira consiste à juguler la prolifération de l’habitat insalubre par des lois. Car l’impunité dans ce secteur favorise la dilapidation de deniers publics. Parallèlement, intensifier l’offre en proposant une alternative à la demande.D’un autre point de vue, les pouvoirs publics sont appelés à trouver des formules attrayantes pour les ménages qui ne sont pas bancarisés et qui ne disposent pas d’un potentiel d’épargne. Le cas échéant, la solution, selon le ministre, serait de proposer aux ménages qui ont un revenu moins que le Smig un logement à 500 DH par mois sur 20 ans. Un type de logement décent d’environ 60 mètres carrés et qui répond aux normes internationales de sécurité et de qualité. D’après les évaluations avancées, le coût global de ce projet, qui sera réalisé sur une superficie de 180.000 hectares, est estimé à 75 milliards de DH, dont 25 milliards seront assurés par l’Etat. De leur côté, des architectes ne semblent pas adhérer à cette thèse. Selon eux, le coût social d’un logement à 100.000, voire 120.000 DH va scléroser davantage l’exclusion et le phénomène de ghetto à moyen et long termes. D’aucuns sont allés jusqu’à dire que «le Maroc n’a pas les moyens de ses ambitions ni de sa population».


Ristourne

La suppression du système des ristournes fait beaucoup de mécontents auprès des promoteurs immobiliers. Concrètement, le principe de ristourne consistait en une aide de 3,5 points allouée aux habitats à caractère économique.Depuis l’annulation, «le secteur est en porte-à-faux», a souligné un chercheur dans l’urbanisme. Mais l’expérience a révélé que ce système ne profitait pas toujours à l’habitat économique. Des détournements, des logements fictifs et des fraudes ont été décelés par les pouvoirs publics. Par ailleurs, la ristourne coûtait cher à l’Etat. Une facture lourde qui se situait entre 300 et 400 millions de DH par an. Selon Hejira, cette politique n’a pas résolu le problème. A titre d’exemple, les 25.000 DH d’aide accordée aux instituteurs allaient souvent à Rabat. Ainsi, «ce potentiel sera redistribué dans des fonds de garantie, lesquels doivent bénéficier à 4,5 millions d’exclus», ajoute le ministre.


Des baraques à 100.000 DH à Casablanca

«Les bidonvillois ne sont pas tous des pauvres». Pour preuve, des baraques se vendent à Casablanca à des prix qui s’alignent pratiquement au logement économique. A titre d’exemple, cite Hejira, la simple baraque à Douar Bouia à Casablanca coûte 90.000 DH. A Zaraba (Aïn Sebaâ), les prix varient entre 30.000 et 70.000 DH. Aux Roches Noires, cela coûte 70.000 DH ou encore à Douar Blondin et George, l’unité ne se vend pas à moins de 100.000 DH. Or, ces fourchettes de prix habilitent les ménages à acquérir des logements décents avec le soutien de l’Etat et un statut social en plus.

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