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Gare Ouled Ziane: Les courtiers font la loi

Par L'Economiste | Edition N°:1817 Le 22/07/2004 | Partager

. Ils sont pas moins de 600, dont certains gagnent jusqu’à 500 DH par jour . Arnaque, confusion et insécurité caractérisent cette gare “Marrakech, Asfi, Agadir… ticket, ticket, ticket… Où vas-tu mon frère?” Devant la gare routière Ouled Ziane à Casablanca, des dizaines de courtiers, carnets de tickets à la main, font du racolage. Ils proposent toutes les destinations, et le prix du ticket est négociable. La qualité de l’autocar est fonction du prix. L’obstination de cette gente frôle parfois l’agression.Devant la porte d’accès à l’enceinte d’embarquement, un agent de sécurité a du mal à empêcher les courtiers et les passagers sans tickets à accéder à l’intérieur. “Ils sont pas moins de 600 courtiers qui opèrent dans cette gare. Ce sont eux qui créent le “bordel”. Ils racolent les passagers pour gagner 2 ou 3 dirhams sur chaque ticket”, affirme l’agent de sécurité. “Je passe mon temps à les empêcher d’accéder à l’enceinte d’embarquement, mais je ne sais pas comment ils réussissent à entrer quand même. Je conseille les passagers d’acheter leurs tickets directement aux guichets”, ajoute-t-il.Selon le règlement interne, toute personne n’ayant pas son ticket est interdite d’accès à l’enceinte d’embarquement. Mais devant une autre entrée, l’agent est plus indulgent. Des personnes entrent et sortent en toute liberté. “Les gens trouvent toujours un prétexte pour accéder à l’intérieur. Je ne peux les en empêcher tous. Mais j’essaie d’interdire l’accès aux courtiers parce qu’ils ont sali la gare”, avance-t-il. Dans l’enceinte d’embarquement, c’est le capharnaüm. La criée, comme du temps des anciennes gares routières de Casablanca, “Benjdia” et “Garage Allal”. Les passagers attendent le départ sur un long banc en ciment. Les bagages, entassés par terre, bloquent le passage. Des marchands ambulants, des vendeurs de cigarettes en détail, de casse-croûtes et de chewing-gum animent les lieux. Les ronronnements des moteurs des autocars et l’odeur du gasoil donnent des nausées.Les courtiers s’agitent dans tous les sens et se précipitent sur les passagers qui n’ont pas encore leur ticket. L’un d’eux explique qu’“officiellement”, il gagne 10% sur chaque ticket vendu, en plus de la marge prise discrètement sur le ticket. Par exemple, le tarif d’un ticket pour Taroudant est de 132 DH à la billetterie. Dans les périodes creuses, le transporteur préfère baisser les tarifs plutôt que de faire le voyage avec un autocar à moitié vide. Le ticket est liquidé à 100 DH. Mais, je ne déclare au transporteur que 80 DH. Plus mes 10%, je gagne 30 DH sur un seul billet vendu. Pendant la haute saison, telle la période de l’Aid-Al-Adha, il y a des jours où je me fais jusqu’à 500 dirhams”. Un autre courtier est d’un avis tout à fait différent. D’après ses dires, sa situation financière est loin d’être aisée. Son travail dans une société de transport, qui respecte la tarification en vigueur, ne lui laisse pas une grande marge de manœuvre. “Nos tarifs sont toujours les mêmes, quelle que soit la période. Ce sont les transporteurs, qui ne respectent pas la tarification, qui sèment la zizanie et donnent lieu aux malversations des courtiers”, explique-t-il.D’après lui, si la tarification est respectée, les courtiers n’auront plus rien à faire à la gare. “Cela fait 34 ans que je fais ce métier. Heureusement que je me fais un peu d’argent en chargeant les bagages dans la soute. 30 DH par jour en moyenne. Une vraie misère”, ajoute-t-il.Les passagers sont les premières victimes des courtiers. Les arnaques ne manquent pas à la gare routière d’Ouled Ziane. “Une fois, je partais au bled, j’ai acheté mon ticket de chez un courtier devant la gare. A l’intérieur, je n’ai pas trouvé l’autocar, et le courtier qui m’a arnaqué s’est éclipsé dans la nature. Je le cherche toujours d’ailleurs, à chaque fois que je viens ici”, raconte un passager.D’autres passagers préfèrent se procurer leurs tickets dans l’enceinte d’embarquement pour éviter les mauvaises surprises. “Cela me permet de voir l’état de l’autocar dans lequel je vais voyager et connaître également l’horaire du voyage au lieu de poireauter pendant des heures dans l’attente du départ”. D’autres ont des arguments plus pragmatiques. “Cela me permet de négocier le prix du ticket”, avoue l’un d’eux. Adil Nour, directeur d’exploitation de la gare routière Ouled Ziane explique que celle-ci “dispose d’une soixantaine de courtiers recensés, qui portent des badges et des blouses. Les autres, nous n’avons aucun lien avec eux”. Selon lui, les tarifs à la gare sont réglementés et contrôlés selon la destination et la catégorie des autocars avec une différence de 10 à 15 DH. “Les gens sont habitués à la tarification réduite. Ils confondent entre les tarifs réduits que les transporteurs pratiquent pendant la basse saison, et le plein tarif. Du coup, ils croient que le transporteur les arnaque dès qu’il applique la tarification normale”, ajoute-t-il. Les transporteurs n’ont pas le droit de sortir des guichets et s’adonner au racolage. Mais, c’est toujours la mentalité de Benjdia qui règne. Les passagers ont également leur part dans ce problème. Ils sont souvent victimes de leur précipitation. Quant aux courtiers qui font les enchères, c’est un problème social. C’est la police qui s’en charge. Chaque fois que cette dernière les attrape, ils sont présentés devant le procureur et ils sont relâchés. Puis, ils reviennent à leur place”, avance Adil Nour. Un agent de police confirme ses dires en affirmant que “c’est un vrai casse-tête. On ne peut rien contre eux. Même quand on les arrête, ils passent seulement 48 heures de garde à vue, puis ils sont relâchés”.


Sentiment d’insécurité

On est loin de la gare moderne et bien organisée qui reflète le dynamisme de la capitale économique du pays. La gare routière d’Ouled Ziane ressemble plus à un grand hangar pour autocars qu’à une gare routière qui offre ses services à des clients de plus en plus regardants sur la qualité. L’anarchie et la confusion règnent sur la place. Entre courtiers arnaqueurs et pickpockets, le passager ne sait pas où donner de la tête. “On a un sentiment d’insécurité à la gare Ouled Ziane”, affirme un passager. La tarification n’est là que pour orner les murs et les vitrines des guichets. Chaque transporteur pratique le prix qui lui convient, selon l’opportunité. Mohamed AKISRA

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