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Fès et Meknès s’organisent en bipôle économique

Par L'Economiste | Edition N°:2401 Le 15/11/2006 | Partager

. Objectif: développer la synergie entre les deux régions. Signature aujourd’hui d’une charte de coopération en présence de Jettou Le projet de métropolisation de Fès et Meknès entre dans sa phase de concrétisation avec la signature de la charte de coopération et de partenariat par les responsables des deux régions (walis, présidents des régions et des communes urbaines) aujourd’hui, 15 novembre, à Meknès en présence du Premier ministre, Driss Jettou, et du ministre en charge de l’Aménagement du territoire, Mohamed El Yazghi. Cette charte vise à mobiliser tous les acteurs et toutes les énergies au service du développement des deux régions, à surmonter leurs antagonismes et leur concurrence pour en faire un seul pôle de croissance compétitif à l’échelle nationale et internationale. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique nationale d’aménagement du territoire. Politique qui vise la fédération, sur un même espace géographique, d’entreprises, de centres de formation et de recherche engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager les synergies autour de projets structurants et innovants. Il s’agit aussi de créer des pôles de compétences à l’échelon national et régional capables de faire face à la mondialisation. «Le processus de métropolisation tel qu’il est envisagé dans l’aire Fès-Meknès a pour objectif de mettre en place un bipôle dynamique», souligne Az El Arabe Inani, chargé de l’inspection régionale de Fès- Boulmane au ministère de l’Aménagement du territoire. De fait, chacune des deux villes a été intégrée dans un réseau d’échanges et d’interdépendance en fonction des activités spécialisées qu’elle exerce, mais, avec le temps, ces activités s’essoufflent et perdent de leur attrait. La demande par exemple des produits artisanaux a fortement diminué parce qu’ils ne répondent plus aux attentes du consommateur et du touriste. Les réseaux de transport se sont également déplacés vers les ports et les axes lattéraux (Casa, Rabat, Tanger, Agadir) qui exercent une forte concurrence, laissant les deux villes dans une situation de léthargie. «A cela s’ajoutent la forte urbanisation et l’augmentation du rythme de l’exode rural qui grèvent le budget de l’Etat et des collectivités locales et exercent une forte pression sur le marché du travail», affirme Inani. Cette région se caractérise aussi par une faible croissance et bien que les deux villes représentent près de 5,25% de la population du Royaume, le nombre d’emplois et la production se classent plus modestement. Et malgré leurs potentialités notamment touristiques, elles n’arrivent pas à attirer les grands projets stratégiques et structurants qui sont de plus en plus implantés dans les grandes aires métropolitaines, où leur présence est susceptible d’accroître les synergies, de valoriser les territoires et de renforcer leur compétitivité nationale et internationale. «L’étude métropolitaine lancée en 2000 à l’initiative du ministère de l’Aménagement du territoire a servi de base à ce rapprochement», révèle El Hassan El Mansouri, inspecteur régional Meknès-Tafilalet au ministère de l’Aménagement du territoire. Et d’ajouter «le binôme Fès-Meknès constitue une plateforme de taille pour retrouver une partie de ses activités centrales ( formation, innovation, services et fonction financière) et de les développer aux côtés de ses activités industrielles (agroalimentaire, textile), artisanales, touristiques et culturelles, sachant que la réussite du processus de métropolisation dépend de la réalisation de plusieurs conditions. Il s’agit, entre autres, de développer des activités motrices et la formation universitaire, faciliter l’intégration des marchés des deux villes pour les activités spécialisées. L’innovation scientifique et technologique et les activités culturelles sont également au cœur des priorités. Il est important aussi de renforcer la coopération pour la réalisation des infrastructures de base notamment en matière de transport. L’objectif est de changer l’image de Fès et Meknès dans la perception des opérateurs économiques et développer enfin une politique active de promotion et de marketing urbain. Partant de là, les autorités des régions ont décidé, à l’initiative du ministère de tutelle, de mettre en commun leurs efforts pour relancer les activités économiques et créer au sein de cette vaste région, comprenant Fès et Meknès, un important pôle de croissance. Pour Hassan Bahi, directeur du CRI Meknès, «la signature de la charte de coopération et de partenariat entre les deux régions est un moment fort et le début de la concrétisation finalement de l’idée du bipôle. Idée qui était d’ailleurs l’une des recommandations du schéma national d’aménagement du territoire (SNAT)». A l’époque, en effet, on avait identifié un ensemble d’espaces au niveau du territoire national susceptible d’abriter des zones métropolitaines dont Fès et Meknès, et on s’est rendu compte que les deux villes ne peuvent se développer sans l’appui de l’une à l’autre, notamment dans les domaines agricole et touristique. Aujourd’hui, le Maroc a tout à gagner à soutenir la constitution d’un véritable pôle central de cette vaste région. «Le Saiss constitue véritablement la clé du développement de l’espace central du pays», précise t-il.Fouad Ouzzine, directeur du CRI Fès, est du même avis. Les deux régions ont tout à gagner à s’unir. «Le bipôle sera renforcé par l’ouverture du port Tanger Med, l’autoroute Fès-Oujda et le projet de l’autoroute Fès-Tétouan». Pour atteindre ces objectifs, 7 axes de travail ont été identifiés et considérés comme prioritaires pour le démarrage. Il s’agit, selon El Hassan El Mansouri, de l’amélioration des transports entre l’aire métropolitaine et les autres régions. «Il est devenu impératif aujourd’hui d’accélérer les liaisons de toutes natures entre le Saiss et les autres régions du Maroc, notamment le nord renforcé par la construction de grandes infrastructures à vocation économique (port de Tanger Méditerranée, autoroute, prolongement de la voie ferrée entre Kénitra et Mechra Bel Ksiri), d’une part, et du Saïss avec les espaces économiques méditerranéens (Oujda-Nador et l’Algérie). «Pour cela deux axes majeurs sont prévus au SNAT et doivent être réalisés dans les meilleurs délais: une liaison routière à grande capacité entre le Saïss et l’autoroute Rabat-Tanger, au niveau de Souk El Arbaa, et l’axe Fès-Taza-Oujda», explique-t-il. Les autres projets concernent l’amélioration du réseau routier interne des deux régions (Fès-Boulmane et Meknès-Tafilalet), la création d’une grande zone industrielle et logistique de 300 à 500 ha d’un très haut niveau avec des normes internationales et le développement du tourisme. Les principales actions envisagées sont la création de nouvelles zones touristiques et de loisirs, l’équipement touristique et les infrastructures du parc naturel d’Ifrane et la promotion de circuits verts dans le Tafilalet et le haut-Atlas.


Charte

La charte de coopération et de partenariat entre les autorités de Fès et celles de Meknès est, selon ses concepteurs, une simple convention qui engage ses signataires sans les décharger de leurs responsabilités et sans modifier d’aucune manière leurs attributions et leurs compétences respectives. L’engagement est de se concerter pour réaliser des projets créateurs de richesse pour les deux régions. Il s’agit de faire du loobying auprès d’entités au niveau supérieur pour faire prévaloir la région et l’inscrire dans les différents projets de développements structurants. Le secteur privé et les collectivités locales sont invités à participer.


Leadership

L’union stratégique que lancent aujourd’hui les villes de Fès et Meknès vise à développer les industries traditionnelles comme l’agroalimentaire et le textile qui présentent un potentiel de croissance important. Ainsi des leaderships vont naître pour tirer les deux régions vers le haut. Meknès reste en tête en matière d’agroalimentaire et Fès est invitée à développer les synergies nécessaires pour la filière textile. La charte prévoit aussi de sauvegarder les médinas, le patrimoine historique afin d’en faire un des éléments du rayonnement du bipôle. Il est également question de faire de la promotion économique et du marketing territorial. A ce titre, les universités de Fès, Meknès et Ifrane seront associées à l’étude d’un concept de marketing urbain ou territorial. Autant de projets qui ne demandent qu’à être réalisés pour enfin sortir les deux régions de leur léthargie. Rachida BAMI

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