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    Economie

    Exportations: Le Maroc à la traîne

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Exportateurs comme importateurs attendent des signaux forts pour cette rentrée. Le commerce extérieur souffre des mêmes maux depuis une décennie. Ajouter à cela la concurrence exacerbée sur tous les marchés.


    Rentrée chargée pour le commerce extérieur. Le Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) est sur le point de se prononcer sur les travaux des différentes commissions. Objectif: proposer une nouvelle stratégie de promotion des exportations. Aussi, lors de sa deuxième session le 23 septembre, les résultats des travaux porteront sur le cadre institutionnel, la simplification des procédures et le développement de l'information notamment(1). Cette initiative arrive à point nommé, car les opéra-teurs attendent des signaux forts de la part des instances gouverne-mentales. D'ailleurs, le regroupement récent des différents départements ministériels devrait favoriser une meilleure synchronisation des actions.

    Rupture en 1991

    L'état des exporta-tions marocaines, mal-menées depuis quelques années, l'exige. "Elles n'ont pas augmenté au rythme nécessaire et souhaité, et cela doit nous interpeller quelque part", souligne d'emblée M. Fath'Allah Sijilmassi, directeur des Relations Commerciales Internationales au Ministère du Commerce Extérieur (MCE). Pour preuve, l'évolution des exportations en valeur absolue (hors régime économique en douanes, RED) a connu deux phases.
    Entre 1983 et 1991, elles sont passées de 14,5 milliards de DH à un peu moins de 38 milliards. En revanche, entre 1991 et 1996, les exportations ont enregistré soit une baisse, soit une stagnation. "Entre 1994 et 1995, elles ont connu une croissance de rattrapage suite à la baisse survenue deux ans plutôt", indique le directeur au MCE. Les ventes à l'étranger ont clôturé l'année 1996 à près de 42 milliards de Dollars. Il est à noter que l'analyse des exportations, RED compris, révèle les mêmes tendances.
    A l'origine de ces résultats mitigés, des facteurs aussi bien internes qu'externes. Reste que les entraves au développement des exportations sont avant tout "maroco-marocaines". L'Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) a d'ailleurs à maintes reprises soulevé les problèmes du coût de l'énergie, du terrain industriel, de la complexité des procédures...

    Approche marketing

    Ces facteurs, estiment unanimes les opérateurs, ont un impact direct sur la compétitivité des produits exportés.
    Certes, des avancées notables ont été réalisées par l'Administration en matière d'incitation à l'exportation et ce, par l'instauration de la taxe de 0,25%, baptisée taxe de promotion des exportations. Il en est de même des zones industrielles avec notamment le récent projet de 340 ha à Tanger, récemment initié par le Ministère du Commerce et de l'Industrie.
    "Cet ensemble de mesures incitatives gagnerait à être affiné et consolidé afin de permettre un meilleur accroissement de nos exportations", ajoute M. Sijilmassi.
    De leur côté, les freins externes sont avant tout liés à l'environnement international de plus en plus concurrentiel.
    S'ajoute la forte concentration des expéditions marocaines sur le marché de l'UE ainsi que l'apparition de nouveaux pays exportateurs sur les marchés internationaux, les ex-pays de l'Est en l'occurrence. "Ces derniers ont fait leur entrée à partir de 1991, date à laquelle nos ventes ont commencé à souffrir", est-il relevé.

    En clair, face à une concurrence plus vive, le Maroc doit sans cesse améliorer la compétitivité de ses produits. Question de survie.
    Selon des experts, la promotion d'un pays nécessite de plus en plus une approche marketing. "Il faut apporter un package des plus attractifs aux clients potentiels". Aussi une stratégie de diversification des relations commerciales se met-elle en place. Le but recherché est avant tout de multiplier les débouchés des exportations. En filigrane d'imposer le Maroc en tant que plate-forme pour les investissements étrangers.
    Ainsi, parallèlement à l'accord d'association, plusieurs accords sont en cours de négociation avec, entre autres, les pays arabes (Tunisie, Egypte, Jordanie..), les pays d'Europe (Pologne et République Tchèque) ou encore les pays africains (Sénégal, Côte-d'Ivoire..).
    Autre initiative: la création en 1996 du Conseil Maroco-américain destiné à promouvoir les re-lations d'affaires entre les deux pays.
    Aujourd'hui, tous les intervenants se rejoignent pour affirmer que seule une stratégie cohérente de la "Maison Maroc" débouchera sur des résultats concrets et durables.

    (1) M. Mohamed Lahlou, président du CNCE, préfère dévoiler publiquement les grands axes des recommandations lors de la session du 23 septembre.


    1996 en chiffres

    L'Europe se place en tête des transactions commerciales marocaines avec l'extérieur. Ainsi, l'analyse de la répartition géographique de ces échanges montre qu'ils ont été réalisés à hauteur de 63% avec l'Europe, 16% avec l'Asie, 12% avec l'Amérique, 8% avec l'Afrique et 1% avec l'Océanie. Les principaux fournisseurs du Maroc sont la France (20,8% du total des importations), suivie de l'Espagne (8,8%), des Etats-Unis (7,4%), de l'Italie (7,2%), de l'Allemagne (6,1%) et de l'Arabie Saoudite (6%). Au niveau des exportations, là encore la France est en tête du peloton avec 28,3% des ventes marocaines à l'extérieur, devant l'Espagne (9,9%), le Japon (6,9%), l'Inde (6,3%), l'Italie (6,3%) et l'Allemagne (3,9%). "A eux seuls, ces huit pays ont intervenu pour près de 60% dans notre commerce extérieur", indique la publication de la BMCE Bank sur le commerce extérieur du Maroc en 1996.
    Dans tous les cas, les échanges commerciaux du Maroc (non compris les transactions dans le cadre du régime de l'admission temporaire) sont restés en 1996 presque au même niveau que celui atteint un an auparavant, soit 113,3 milliards de DH (+0,2%).
    Cette stabilité, souligne la revue d'information de la BMCE Bank, résulte d'une progression de 2,8% des exportations et d'une contraction de 1,2% des importations. Par conséquent, le déficit commercial s'est allégé de 6,2% et le taux de couverture des importations par les exportations a gagné deux points, se chiffrant à 57,5%, contre 55,2%.

    · Les importations:
    il s'agit ici d'une évolution contrastée par groupes de produits. Ainsi, si des hausses importantes sont enregistrées au niveau des produits énergétiques (+11,4%) et des biens de consommation (+20%), c'est un recul que connaissent les achats de demi-produits
    (-5,8%), de biens d'équipement industriel (-8,4%), de produits alimentaires (-3,5%) ainsi que des produits bruts (-14,6%).
    · Les exportations:
    Leur bon comportement est le fait d'abord de l'amélioration des ventes de produits alimentaires qui enregistrent une hausse de 5,5% avec une augmentation pour les agrumes de 57,4% et dans une moindre mesure des exportations de conserves de légumes (+6,3%), de poissons frais (+6,2%) et de tomates fraîches ( +17,3%). En revanche, les ventes de crustacés, mollusques et coquillages ont régressé de 4,8% et celles de poissons en conserve sont restées au même niveau que celui de 1995.
    Autre bonne performance, l'amélioration de 13,4% des exportations de produits bruts d'origine minérale et ce, grâce au bond des recettes procurées par les ventes de phosphates (+24,9%), celles réalisées par le minerai de zinc (+4,1%), de plomb (+44,5%) et de cobalt (+18,1%). Mais les ventes de minerai de cuivre se sont contractées de 28,3%. A signaler que les ventes du groupe OCP ont en 1996 représenté 18,4% des exportations marocaines.

    Au niveau des autres produits, les exportations de biens d'équipement ont enregistré une légère hausse de 1,8% suite à l'amélioration des expéditions de fils et câbles pour l'électricité. Une légère augmentation est également perçue au niveau des ventes des demi-produits (+1,5%). C'est la stagnation pour les biens de consommation, le rétrécissement de 3,6% pour les exportations de produits bruts d'origine animale et végétale et le repli de 24% pour les produits énergétiques.

    Mouna KABLY & Meriem OUDGHIRI

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