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Exiflor: Les producteurs de fleurs attendent la levée des quotas européens

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Exiflor se tient à Marrakech, au Palais des Congres les 14, 15 et 16 Janvier. Cette manifestation d'affaires se veut conviviale et agréable: les expositions de fleurs devenant un vrai plaisir. Au centre des débats, les coûts du transport, la récession mondiale et les quotas européens.

L'Association Marocaine des Producteurs Exportateurs de Fleurs (Ampexfleur) soutenue par l'agence conseil en communication Toro, organise Exiflor'93 les 15,16 et 17 Janvier à Marrakech.

Cette exposition internationale, qui existe depuis 1990, a enregistré durant les 3 années passées de grands succès, notamment en matière de promotion de la fleur marocaine, tant sur le plan national qu'international.

C'est ainsi qu'elle s'est traduite par une participation croissante et diversifiée pour compter 82 stands, 3.500 visiteurs et de nombreux pays provenant du Monde Arabe et de l'Europe au titre de 1992. Le nombre d'exposants a progressé de 64% par rapport à la première exposition, le nombre de visiteurs a plus que quadruplé. Sur cette base, les organisateurs s'attendaient à l'occupation de près de 100 stands, à 5.000 visiteurs et au renforcement de certains pays faiblement représentés cette année.

Or, et contrairement aux prévisions établies, le nombre d'exposants inscrits jusqu'à présent atteint à peine 70, précise M. Nasser Laraki, président de l'agence Toro. Mais il compte recevoir plus de visiteurs et de participants.

Ceci s'explique essentiellement par la crise économique mondiale qui n'a pas épargné le marché de la fleur coupée. En effet, le consommateur ne voit plus l'intérêt d'acheter des fleurs et consacre son budget à l'achat de produits de première nécessité. C'est ainsi que l'Europe, importatrice de 85% de la fleur coupée marocaine, réduit sa demande. Cette baisse de la consommation engendre une baisse automatique des cours et des quantités vendues. Ce qui ne manque pas de se répercuter au niveau d'Exiflor'93.

D'autres difficultés avaient émergé à l'encontre de la floriculture marocaine.

Il s'agissait des premières mesures prises par la RAM en vue de mettre en oeuvre des "avions cargos" propres à satisfaire la demande additionnelle, il en a résulté une augmentation des coûts du fret qui affecteront plusieurs exploitations marocaines. Celles-ci s'accentuent davantage avec la taxation des retours imputée par la RAM. Il semble qu'un compromis entre le Maroc et les pays exportateurs de la fleur ait aboutit. Toutefois l'incidence des frets par rapport aux recettes reste très importante, elle peu atteindre plus de 30% et représente plus de 70% en moyenne des frai variables.

Les exportateurs estiment qu'un assouplissement de ces taux de fret et des subventions plus soutenues sont nécessaires pour contrecarrer le problème. Par ailleurs, et malgré l'ouverture des frontières, la Communauté Economique Européenne continue de limiter les importations de la fleur marocaine par la fixation de quotas et de droits de douanes élevés, tandis que la fleur émanant d'autres pays concurrents, tels que le Kenya, la Colombie ou Israël bénéficie d'exonérations totales ou partielles. Des négociations sont en cours pour permettre à la fleur marocaine de franchir librement le seuil de la C.E.E. au même titre que ses concurrents.

La révision des quotas ne portera pas préjudice aux producteurs européens, car le Maroc reste un très faible producteur malgré les efforts déployés pour promouvoir sa fleur coupée. Laquelle a pendant longtemps témoigné d'une image de marque terne, elle est produite en plein champ, alors que la qualité promue sur le plan international relève de la production sous serre. Le Maroc reste toutefois le premier fournisseur de Rungis, principal marché de fleur dans la région parisienne, et du Marché d'Intérêt National de Nice, sur la Côte d'Azur, elle même fortement productrice. Il livre son produit essentiellement aux régions française et hollandaise, lesquelles sont en même temps importatrices et exportatrices de fleurs. Il est rangé 4ème dans la production mondiale des roses. Il multiplie ses efforts pour produire plus d'oeillets et mieux répondre à la demande actuelle. Mais encore faut-il que les problèmes cités plus haut soient dépassés.

Exiflor a pour objectifs principaux de mettre en valeur la qualité et la variété du produit fleur, de le promouvoir auprès d'importateurs internationaux et de hisser le Maroc au rang des grands pays exportateurs et producteurs horticoles. Une telle exposition permet d'assurer une présentation des techniques mises en oeuvre, des variétés disponibles et une bonne circulation de l'information. Elle peut même aboutir à la concrétisation de joint-venture au Maroc et à la diffusion de savoir-faire européen. Mais M. Nasser Laraki ne manque pas de considérer qu'Exiflor est un lieu de contact plus qu'un lieu de commerce où "les participants s'appellent par leur prénom" leur mobile primordial est une collaboration plutôt qu'une concurrence.

Dans cette ambiance amicale, des obtenteurs étrangers viendront tenir des conférences pour faire connaître leurs nouvelles variétés, à l'issue desquelles des alliances solides peuvent apparaître entre les différents participants. Conscients de la qualité de la fleur marocaine, les marchés français et hollandais ont préconisé le maintien d'Exiflor auquel il font preuve l'un grand soutien. L'exposition est financée en partie par la BMCE qui en constitue le sponsor officiel.

Ampexfleur

Ampexfleur est une association sans but lucratif constituée par des producteurs exportateurs de fleurs provenant de plusieurs provinces, à savoir: Marrakech, Agadir, Béni-Mellal, Kénitra, Casablanca et Rabat.

Ses effectifs, jeunes et limités, ont été motivés principalement par une coopération plus grande entre les associés et la défense des intérêts des producteurs de fleurs, tant moraux que professionnels. Elle a été créée en 1984 mais elle a attendu Exiflor'90 pour s'insérer dans l'association mondiale des floriculteurs (Union-fleurs), avant cette adhésion, la fleur marocaine était encore mal connue sur le plan international.

Rapports avec la C.E.E.

Les producteurs marocains de fleurs ne peuvent s'intégrer de manière soutenue dans le marché mondial tant que la C.E.E., principal débouché, privilégie leurs concurrents. Ceci apparaît notamment en hiver, période au cours de laquelle les pays ACP et la Colombie bénéficient d'une exonération totale des droits de douanes et où le quota israélien est fixé à hauteur de leur capacité d'exportation. Celle-ci est de 3.000 tonnes pur les Marocains alors qu'ils ne bénéficient d'une réduction des droits de douanes que dans la limite de 300 tonnes. Pour mieux s'adapter à la demande européenne, le Maroc souhaite promouvoir ses ventes de fleurs, ne serait-ce que pendant la période étalée du 1er Novembre au 31 Mai. Laquelle est caractérisée par une augmentation des importations européennes en roses et oeillets. En effet, la demande de la rose coupée est parvenue à 31.000 tonnes en hiver 1990, 7.000 tonnes devaient provenir de l'extérieur de la C.E.E. Le marché français de la rose coupée est partagé entre le Maroc (38%) et les Pays-Bas (50%). l'Allemagne et la Grande-Bretagne ne recourent pas au Maroc, leurs fournisseurs principaux étant les Pays-Bas, Israël, les Canaries et la Colombie. Les oeillets, pour leur part, connaissent une forte demande européenne en hiver. En effet, selon les statistiques de 1990, les importations de la C.E.E. s'élevaient à 52.000 tonnes.

Diversification avec les oeillets

Le Maroc diversifie sa production de fleurs pour s'imposer davantage sur le marché de la fleur coupée. Il exporte actuellement des roses, des glaïeuls, des freesias, des strelizzias... mais il se spécialise surtout dans la production des oeillets pour mieux répondre à la demande européenne.

Pour ce faire, il a développé depuis quelques années la culture des oeillets qui s'étale à présent sur une surface de 30 hectares. 37.000 tonnes, destinées à l'export, sont produites à l'hectare. La moitié des exportations marocaines est réservée à cette fleur qui est vendue sur le marché à un prix proche du seuil de rentabilité. Cette production exige beaucoup de main-d'oeuvre et de lourds investissements. Toutefois, ses charges fixes (70%) l'emportent sur ses charges variables (30%), lesquelles sont réparties entre le coût de la main-d'oeuvre et celui de l'emballage.

F.K

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