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    Enquête Sunergia-L'Economiste : Pour la première fois, les cadres jugent leurs assurances

    Par L'Economiste | Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

    On le pressentait, mais sans jamais avoir eu de chiffres à l'appui: le paysage de l'assurance au Maroc est un paysage "préhistorique". Les personnes sont médiocrement assurées et leurs biens rarement couverts. Pourtant, les assurés n'ont pas grand chose à reprocher à leurs assureurs...

    Une enquête de terrain réalisée par le bureau d'études Sunergia, pour le compte de L'Economiste, décrit minutieusement les paradoxes de l'assurance.

    Si l'on en croit les résultats de cette enquête, l'assurance est encore très largement une "terra incognita": Tout le monde sait qu'elle existe mais part sont ceux qui l'explorent.

    Les personnes, du moins dans la population des cadres, sont relativement fréquemment couvertes, même, parfois, avec des produits sophistiqués comme l'assistance-secours ou I'hospitalisation-intervention. Mais cette couverture des personnes est le fait des employeurs plutôt que de l'individu, tandis que ces mêmes individus, qui sont pourtant réputés en avoir les moyens, négligent de couvrir leurs biens.

    Si les assurances maladie et automobile sont citées spontanément par 9 personnes sur dix, en revanche, moins de deux personnes sur trois pense d'elle même à l'assurance contre les accidents du travail ou à la retraite et moins d'une sur dix cite spontanément l'incendie, le vol...

    Apparemment, les stratégies de contact avec les "assurables" sont relativement peu efficaces. Les seules couvertures à rester en mémoire sont les couvertures en principe obligatoires (automobile) ou les couvertures prises par l'employeur (maladie).

    En outre, les "assurables" sont assez loin d'être des assurés.

    En effet, quelque 5% des propriétaires de voitures indiquent... ne pas avoir d'assurance-automobile.

    Seulement 68% de l'échantillon des cadres interrogés bénéficient d'une couverture pour la maladie et 149 d'une couverture spéciale pour l'hospitalisation-intervention. Cependant, 979 connaissent l'assurance-maladie et une personne sur quatre cite spontanément la spécificité de la couverture hospitalisation-intervention.

    Ce décalage peul évidemment s'expliquer par le fait que ces couvertures ne sont réellement intéressantes pour l'assuré que lorsque la couverture est prise pour un groupe, donc par l'employés.

    Les banques vendent bien la retraite

    Le décalage entre la connaissance naissance du produit et l'achat effectif est encore plus grand dans les autres branches. Un peu plus de la moitié des cadres connaissent les produits d'assurance-retraite mais seulement 38% d'entre eux ont effectivement une assurance-retraite, dont un sur cinq l'a souscrite auprès d'une banque, donc forcément de manière individuelle.

    C'est ainsi que les professions libérales et les chefs d'entreprise assurent mieux leur voiture et leur maison qu'eux-mêmes ou leur famille. Ils sont victimes du mécanisme-groupe et se trouvent au-dessous de la moyenne en ce qui concerne la maladie, a retraite et l'invalidité-décès. Inversement les salariés, cadres moyens ou cadres supérieurs sont les champions des assurances de personnes.

    En révélant ce profil d'assurés, l'enquête explique au passage la résistance rencontrée par l'idée d'une généralisation des couvertures maladie qui serait assortie d'une baisse du niveau couvert et d'une hausse du prix: les catégories appelées à financer sont déjà relativement couvertes et, pour elles, l'extension signifie forcément payer plus pour gagner moins.

    Le nombre des couvertures souscrites augmente avec l'âge, ce qui est logique du point de vue de l'assuré, mais ce qui l'est moins du point de vue de l'assureur!

    Le vol et les chiens: Même score

    Globalement, et toutes catégories professionnelles confondues, les cadres de l'échantillon assurent très mal leurs biens, compte non tenu de la voiture, pour la quelle l'enquête ne permet pas de préciser quel type d'assurance est souscrit "tiers" ou tous risques). les maisons sont très peu assurées: moins d'une personnes sur quatre assure son habitation et moins d'une personne sur quatre la responsabilité civiles des propriétaires de chiens n'est ni plus ni moins couverte que le vol!

    Globalement, les assurés apprécient de bénéficier de conseils ; quelles que soient les assurances souscrites, seule la moitié des assurés ont demandé conseil à leur assureur, à leur courtier ou à leur banquier. Dans la plupart des cas, ces conseils sont qualifiés de "judicieux".

    Enfin, l'enquête de Sunergia révèle un phénomène inattendu: les assurés sont satisfaits des services de leur assureur. Autrement dit, l'expérience pratique contredit globalement les a priori que l'on peut avoir sur l'assurance. En délai comme en niveau de remboursement-dédommagement ou encore en termes de procédures, les assurés formulent peu de plaintes à l'endroit de l'assureur ou de l'intermédiaire.

    N. S.

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