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Emploi et Carrière
Le système des grandes écoles doit évoluer
Entretien avec Pascal Morand, DG de l’ESCP-Europe

Par L'Economiste | Edition N°:3164 Le 07/12/2009 | Partager

. La visibilité mondiale du schéma LMD accélère le rapprochement avec les universités . A part son Executive-MBA, pour l’instant rien de concret n’est envisagé au MarocPascal Morand, directeur général de l’ESCP-Europe, relativise les difficultés des grandes écoles françaises. Il prévoit la mise en place de synergies nouvelles entre grandes écoles et universités, sans pour autant parler de fusion. - L’Economiste: Le récent changement de nom de l’école atteste-t-il d’une réorientation stratégique? - Pascal Morand: Tout à fait. L’appellation ESCP-EAP qui était effective jusqu’en avril dernier était issue de la fusion de deux écoles françaises. Mais, actuellement, nous revendiquons une base européenne et non plus uniquement française. Je pense pouvoir dire que nous sommes l’école de commerce française la plus européenne. Nous avons donc souhaité développer une marque qui atteste de cette évolution. Cela ne veut pour autant pas dire que nous nous limitons aux frontières de l’Europe. L’ESCP-Europe est vraiment une école européenne. Notre stratégie internationale se déploie autour de ses cinq campus (Paris, Londres, Berlin, Madrid et Turin) et se décline en 4 types de collaborations. Il y a d’abord les programmes d’échange que nous développons avec 60 universités partenaires. Ensuite, les partenariats à caractère stratégique qui se traduisent en échanges entre étudiants et professeurs, ainsi qu’en recherches et programmes communs. Nous avons notamment un partenariat de ce type avec les Etats-Unis. Il y a également les contrats d’associations qui sont une forme de collaboration plus imbriquée : une école au Liban est ainsi un pôle associé de l’école. Enfin, il y a l’intégration avec les cinq campus européens.- Quelles sont les ambitions de l’ESCP-Europe pour le Maroc? La concurrence y accélère son implantation…- Nous avons été fortement concentrés sur la stratégie européenne cette année, donc je ne peux pas vous faire l’établissement d’un plan précis pour le Maroc. Il faut aussi savoir que d’autres écoles y sont fortement implantées. Cela ne nous empêche cependant pas d’entretenir des liens très étroits avec ce pays en plein développement. Nous sommes extrêmement attentifs à l’actualité marocaine. Il y a de nombreux étudiants marocains qui étudient sur nos campus. C’est une nationalité très représentée. La création d’un comité des anciens de l’ESCP à Casablanca va nous permettre d’avoir un réel ancrage. Ce n’est qu’une première étape, mais elle a toute son importance. Des échanges d’idées et de projets ont également lieu avec l’école, ainsi qu’avec la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Personnellement, je suis très attaché au Maroc et, d’un point de vue économique, un fervent promoteur de l’espace euro-méditérannéen. - Les grandes écoles en France connaissent actuellement des difficultés financières. Comment comptez-vous diversifier vos sources de financement?- Aujourd’hui, notre école évolue dans un secteur qui a complètement changé. Elle se trouve dans un cadre d’industrie modélisée. De mon point de vue, les grandes écoles ne sont pas réellement en difficulté. Tout l’enjeu est d’élaborer le bon business plan. En ce qui concerne l’ESCP-Europe, nous sommes une structure saine, avec un budget équilibré. Au niveau de nos sources de financement, nous avons une dotation de la Chambre de commerce et d’Industrie de Paris (CCIP), qui couvre 20% des frais de fonctionnement. Nous sommes également très soutenus du point de vue de l’immobilier : le campus de Paris qui fait 35.000 mètres carrés appartient à la CCIP, le campus de Berlin appartient au Land et le campus italien à l’université de Turin. Par ailleurs, nous continuons à développer nos ressources propres: frais de scolarité, formation continue… Bien entendu, nous sommes toujours ouvert à la diversification des sources de financement. Mais pas à n’importe quelles conditions. Il faut qu’il y ait une logique de développement. - Pensez-vous pouvoir rester à l’écart du mouvement de fusion entre les grandes écoles et les universités?- Il ne s’agit pas de fusions en tant que tel. C’est l’ensemble du système qui doit évoluer. Il faut qu’il y ait de nouveaux liens entre universités et écoles. Pour notre part, nous entretenons déjà des liens étroits avec l’université de Turin en Italie, l’université Carlos III en Espagne et la City University en Grande-Bretagne. En Allemagne, la situation est un peu différente, car nous sommes une université. Ces rapprochements comportent des enjeux très importants de gouvernance. Il ne s’agit pas de se fondre, mais bien d’élaborer des synergies. En Espagne, nous avons une convention de partenariat avec l’université la plus prestigieuse du pays. En Italie par contre, l’université de Turin fait partie du cœur de la gouvernance. Il y a une situation adaptée pour chaque campus, mais l’ensemble de l’établissement se base sur une charte de gouvernance commune qui dicte les règles du jeu.


Pascal Morand

Pascal Morand est docteur d’Etat en sciences économiques et diplômé de HEC. Actuel directeur général de l’ESCP-Europe, il est aussi professeur d’économie sur le campus Paris de l’établissement. De 1987 à 2006, il a été directeur général de l’Institut français de la mode (IFM). Il a dirigé de nombreuses études et missions pour le compte des pouvoirs publics français, de la Commission européenne et d’entreprises européennes. De 2002 à 2006, il a conseillé l’industrie et les pouvoirs publics marocains dans l’élaboration d’une stratégie pour l’industrie du textile.Il a notamment été à la tête de la mission qui a conduit au Livre blanc de l’industrie textile marocaine en 2003. Enfin, il est administrateur de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) et de l’Union française des arts du costume (UFAC), ainsi que membre du Conseil scientifique de Coe-Rexecode.


3e au classement du Financial Times

La Commission européenne a lancé un projet de classement des universités européennes avec l’objectif avoué de faire contrepoids au rating de l’université de Shanghai. Ce classement va permettre de faire les choses avec discernement, en tenant compte de nombreux paramètres, se réjouit à l’avance le directeur général de l’ESCP-Europe. La commission européenne veut, par exemple, introduire la dimension de l’employabilité des diplômés, alors que le classement de Shanghai se concentre principalement sur la recherche. «En tant qu’école de commerce, nous sommes sans cesse confrontés à ce genre de classement», explique Pascal Morand. Le plus en vue aujourd’hui est le classement du Financial Time. L’ESCP-Europe y est très bien classée: numéro 3 pour les Master grandes écoles et 25e mondial au niveau des MBI. L’établissement se situe en tout cas dans les 10 meilleurs européens. Propos recueillis par M. N. R. & A. S.

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