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    Hôtesse de l’air: Sois belle et tais-toi!

    Par L'Economiste | Edition N°:2769 Le 05/05/2008 | Partager

    . Il faut avoir un certificat de sécurité et de sauvetage. De 6 à 24 mois de formation selon le prestataire. Les compagnies du Golfe recrutent au Maroc Tout commence par un rêve, celui des voyages et de la découverte d’autres horizons, mais, une fois sur le terrain, les hôtesses de l’air sont confrontées à une autre réalité. «C’est une idée que nous essayons de corriger après la sélection des candidates. Le travail du personnel naviguant commercial (PNC) est un travail de rigueur et ne porte nullement sur les voyages», précise Abdelchakour El Maanni, directeur général de l’Institut de formation dans les métiers d’aviation et de tourisme (Ifmat). Le métier exige une bonne forme physique et mentale (horaires de travail contraignants, décalages horaires, changements brusques de climat, station debout prolongée et une vie personnelle peu stable). La formation intègre en principe toutes ces exigences. Outre les qualités professionnelles, une hôtesse de l’air doit avoir une certaine prestance physique. Bref, il faut être belle. «On ne cherche pas des top models, mais des candidates au physique acceptable, tempère Al Maanni. Une hôtesse de l’air doit mesurer au minimum 1,60 m, le poids devant être en proportion avec la taille».L’anglais est obligatoire et, en général, la pratique d’une ou plusieurs langues étrangères fait partie des exigences minimales pour cette catégorie de personnel qui peut faire ou défaire la réputation d’une compagnie. L’âge est aussi un critère discriminant, 21 ans au minimum et 27 au maximum, à l’entrée, même si quelques compagnies sont plus flexibles. Au Maroc, la formation des hôtesses de l’air et des stewards est assurée par Royal Air Maroc et une poignée d’écoles privées. L’accès est ouvert aux titulaires de bac + 2, considéré comme le standard du marché, même si certains établissements acceptent les candidats de niveau bac. Pour RAM Academy, «les conditions sont fixées par Atlas Multiservices qui les tient elle-même de ses deux principaux clients: Royal Air Maroc et Atlas Blue. Au delà de 26 ans, impossible de rêver à une carrière d’hôtesse de l’air », précise le commandant Driss El Fahli, directeur général de RAM Academy. La durée de la formation varie selon qu’elle est assurée par RAM Academy ou par les écoles privées. Dans le premier cas, il faut compter six mois alors que, dans le deuxième, c’est quatre fois plus. «Chez RAM Academy, la formation est prise en charge par la maison mère à travers Atlas Multiservices sur la base de 25 élèves par promotion». En contrepartie, les élèves s’engagent à travailler pour une durée indéterminée pour Atlas Multiservices, qui sert de «véhicule» de gestion du personnel navigant au groupe RAM. Actuellement, 4 classes sont en formation et 4 autres s’apprêtent à ouvrir pour faire face au pic d’activité de l’été.Le cursus comporte des formations théorique et pratique.En plus de l’anglais (aéronautique), le programme porte sur la réglementation aérienne, la sécurité de sauvetage, le secourisme aéronautique et les exercices de mise en situation (toboggan, incendie…). «Le rôle du PNC porte plus sur ces éléments que sur le service à bord, quoi que ce dernier est très important», affirme le directeur de l’Ifmat.La formation commerciale comprend la restauration et services, et les annonces à bord. Sont également dispensés les techniques de communication, la culture générale dont l’histoire des civilisations et la géographie, l’accueil, la billetterie et des cours en psychologie. La maîtrise de la nage est obligatoire. Après cette formation, les candidates doivent passer un examen organisé par la direction de l’Aviation civile pour l’obtention du Certificat de sécurité et de sauvetage (CSS). L’épreuve qui porte sur toutes ces matières comprend aussi une épreuve de natation (les candidates doivent effectuer un parcours de 50 mètres en nage libre en deux minutes). Avant de préparer le certificat, les futures candidates doivent obtenir une attestation d’aptitude médicale délivrée par le centre d’expertise médicale du personnel navigant avec obligation de reconduction tous les 2 ans. Les hôtesses de l’air se trouvent confrontées à d’autres exigences qui peuvent bousculer la stabilité de leur vie personnelle, même si ce n’est pas expressément dit. Au recrutement, les compagnies aériennes préfèrent les célibataires. Après, il leur est vivement conseillé de retarder leur maternité pour pouvoir continuer à voler, sinon elles sont reclassées au sol. En soi, tomber enceinte n’est pas un obstacle à l’évolution de carrière, mais dans la réalité, cela peut être un élément discriminant dans un milieu où l’on ne se fait pas de cadeau. Ce que conteste Mohammed Noussair, directeur formation métiers à RAM Academy Une hôtesse de l’air peut commencer sa carrière avec un salaire, primes non comprises, se situant entre 7 et 8.000 dirhams à la RAM, et 12.000 dans une compagnie du Moyen-Orient. Mais cette rémunération n’inclut pas les avantages en nature. «L’évolution est variable selon les pratiques des compagnies: une hôtesse peut prétendre au poste de chef de cabine, chef de cabine principal, instructeur ou même chef PNC, qui est le poste le plus élevé», explique Noussair.


    La RAM recrute

    Royal Air Maroc compte recruter d’ici à fin 2008 près de 100 PNC de nationalité marocaine. Actuellement, le groupe emploie 1.083 hôtesses et stewards. Il a par ailleurs lancé une vague de recrutement de 50 PNC originaires des pays africains (Sénégal,Gabon et Côte d’Ivoire). Le recours à ce personnel de bord a été dicté par le souci d’adapter les prestations de la compagnie à la culture des passagers. En effet, un PNC du même pays que les voyageurs est plus à même de comprendre leurs attentes.


    60 heures de vol obligatoires avant confirmation

    Le Certificat de sécurité et de sauvetage (CSS) qui sanctionne la formation initiale ne suffit pas pour être opérationnel. Il faut valider 60 heures de vols dans une compagnie. C’est le cauchemar des jeunes filles qui s’inscrivent dans les écoles privées. Celles-ci n’ayant pas de partenariat avec Royal Air Maroc, leurs lauréates se retrouvent dans l’impasse. « Très rares sont celles qui arrivent à valider les 60 heures dans le délai », raconte une hôtesse de l’air en formation. Cette validation doit se faire dans les deux ans qui suivent l’obtention du certificat, sinon le certificat devient caduc. D’ou la question de savoir pourquoi autorise-t-on ces écoles s’il n’y pas de suite à leur formation: «Les conditions d’accès aux avions de la RAM sont déterminées par celle-ci en fonction du niveau de qualité de service qu’elle se doit d’offrir à sa clientèle. Personnellement, je pense que mettre à bord une hôtesse qui n’a pas son bac et qui parle à peine le français, en contact avec la clientèle, n’a pas été jugé conforme au concept qualité RAM. Tout PNC qui répond aux conditions RAM peut faire ses 60 heures à bord de ses avions RAM. Mieux que cela, il est recruté par AMS (Atlas Multiservices)», commente Al Fahly. A ce niveau, il faut rappeler que, si le diplôme ouvre une porte de contact avec l’entreprise, il ne signifie pas forcément que son titulaire jouit de compétences intellectuelles ou linguistiques. A rappeler également que la majorité des hôtesses de l’air marocaines travaillant pour le compte des compagnies du Golfe sont issues des écoles dont la majorité les accepte avec un niveau bac.Les écoles forment davantage pour les compagnies du Moyen-Orient. Deux raisons expliquent cet état de fait. D’abord, il y a la rude concurrence de la part de RAM Academy qui assure une formation aux PNC de la RAM. La priorité est naturellement donnée aux lauréates de cette dernière. Ensuite, il y a le renfermement culturel de quelques pays du Moyen-Orient qui interdit aux femmes d’exercer le métier. Aussi, les compagnies du Golfe se rabattent-elles sur les hôtesses marocaines. Mais ces écoles ne sont pas les seules sur le marché. Ces compagnies qui font surtout le long courrier, recherchent des PNC en Europe (France, Grande-Bretagne surtout), au Japon et même en Australie. En plus, le besoin n’est pas toujours annuel puisque ces compagnies l’établisse sur une période d’au moins trois ans. Cependant, les lauréates des écoles peuvent, durant la haute saison (juin à octobre) intégrer la RAM en tant que stagiaires rémunérées (3 à 4000 DH). Aussi, ne doivent-elles pas prendre seulement le salaire en considération, puisque c’est une occasion pour enrichir son CV. Cette expérience peut aider à trouver un travail, soit dans la RAM, soit dans d’autres compagnies. Jalal BAAZI

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