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Electricité : Le ministre de l'Energie et des Mines "dénonce les réticences des industriels" à la réorganisation

Par L'Economiste | Edition N°:61 Le 07/01/1993 | Partager

Face aux problèmes de délestage, l'ONE lance des travaux d'urgence et structurels. Le déficit de l'énergie électrique devrait être résorbé en 1994. En attendant, des concertations visant l'économie de l'énergie se multiplient. Une certaine réticence de la part des industriels casablancais persiste. C'est ce qui ressort de la conférence de presse donnée par le ministre de l'Energie et des Mines, Mardi 5 Janvier.

L'ONE dispose d'un parc de production d'une puissance totale installée de l'ordre de 2.200 Mégawatts (MW) à fin 1992. Ce parc est réparti à raison de 687 MW en hydraulique, soit 31,22%, et 1.511MW en thermique, soit 68,68%. Cependant, la puissance disponible de ce parc est actuellement limitée à 1.540MW en raison de la faible contribution des usines hydrauliques et des contraintes d'exploitation et d'entretien des centrales thermiques.

Côté demande, la puissance appelée à la pointe en Décembre 1992 était de 1.740MW. Le déficit systématique ressort, cependant, à près de 100MW, une centaine de MW étant importée d'Algérie. Ce déficit est appelé à s'accroître soit à la suite d'incidents fortuits pouvant affecter les moyens de production thermique, soit en cas d'arrêts d'usines hydroélectriques consécutifs à l'interruption totale de l'irrigation sur certains périmètres.

La cause directe de cette situation est la sécheresse qui persiste depuis 1980. Celle-ci a réduit sensiblement la contribution du parc hydraulique et a affecté la fiabilité du parc thermique qui a connu une utilisation intensive tant au niveau des unités thermiques de base que celui des équipements normalement destinés à fonctionner aux heures de pointe. De plus, certains projets d'investissements n'ont pas vu le jour en raison des délais de mise en place des financements étatiques extérieurs qui leur sont relatifs. Parallèlement, la demande d'électricité a enregistré un accroissement de près de 8% en 1992, alors que le taux d'accroissement lors de la dernière décennie a été de l'ordre de 6,5%.

Afin de résoudre le problème dans le court terme, des actions sur la demande et sur l'offre sont actuellement menées. Pour ce qui est de la demande, un plan d'aménagement de la charge a été défini. Il consiste en un inventaire systématique de la charge appelée susceptible d'être consentie librement par les abonnés industriels, miniers et agricoles, moyennant le déplacement d'une partie de leur activité en dehors des heures de pointe vers les heures creuses où la tarification est plus avantageuse (-20%). Pour ce programme, les résultats positifs concernent les abonnées auprès de I'ONE: OCP, Cimentiers, ORMVA, eau potable et SNEP. Les possibilités de réduction de charge s'élèvent à 93MW sur une puissance totale appelée de 310MW.

Ce sont les actions auprès des régies qui n'ont pas encore eu beaucoup de succès. Si les résultats de Meknes sont encourageants (les réductions proposées sont de 9MW sur une puissance appelée de 20MW), ceux de la RAD de Casablanca le sont moins, explique le ministre de l'Energie et des Mines. En effet, pour une puissance maximale appelée de 125MW, les propositions de réduction n'ont été que de 7,5MW. Il a été alors décidé de reprendre l'enquête auprès de ses abonnés par une commission mixte ONE-RAD. Le ministre a affirmé que si les industriels sont surpris par des coupures subites, c'est que l'ONE ne pouvait faire autrement pour la sécurité du réseau.

Pour ce qui est de l'offre, des actions à court terme sont entreprises. Elles concernent la réalisation de deux turbines à gaz de 100MW chacune, à Tétouan et à Tit Mellil, et qui seront mises en service début 1994. Ces mesures ont trait également aux deux premières tranches de la centrale thermique de Jorf Lasfar de 330MW chacune qui seront opérationnelles respectivement fin 1994 et courant 1995. L'offre électrique sera également complétée au cours du deuxième semestre 1994 par l'usine hydroélectrique Allal El Fassi à Matmata d'une puissance de 3x80 MW.

Ainsi, des projections pour l'hiver 93/94 prévoient l'absorption du déficit de 200MW à la pointe du soir avec l'introduction des deux turbines à gaz. En cas d'une panne d'un groupe à Mohammedia, le déficit en heures de pleines sera absorbé et le déficit en heure de pointe sera ramené de 400 à 175 MW. Dans le même cas, mais avec la réalisation des économies d'énergie, le déficit en heures de pointe sera ramené de 175 à 40MW.

Pour la réalisation de ces programmes, les investissements de l'ONE pour l'année 1992 s'élèvent à 6,1 milliards de Dirhams en accroissement de plus de 54% par rapport à 1991. A partir de 1993, une subvention budgétaire de 800 millions de Dirhams sera accordée à cet Office.

Concernant le transport de l'énergie électrique, l'année 1993 sera consacrée aux études et travaux relatifs à l'extension du réseau 225 KV. Le lancement des travaux de réalisation du câble sous-marin pour le raccordement des réseaux électriques marocain et espagnol est également prévu. La dotation prévue en 1993 pour l'électrification rurale est de 530 millions de Dirhams et concernera 600 nouveaux centres. Elle sera financée par des emprunts extérieurs et par le budget des collectivités locales.

Le secteur minier ne semble pas touché par la crise de l'énergie électrique, ni par la mauvaise conjoncture internationale. En 1992, la production minière a connu une croissance des volumes des extraits. Par contre, les recettes des exportations des produits miniers ont enregistré un repli sensible de l'ordre de 7% pour atteindre 10,4 milliards de Dirhams dont 9,06 milliards pour les phosphates et dérivés. Pour l'année 1993, les performances du secteur minier demeurent tributaires de la conjoncture économique internationale. En effet, l'industrie minière européenne connaît des transformations structurelles qui appellent à un redéploiement de l'activité minière marocaine. Ce sont ces nouvelles données qui ont impulsé le lancement du projet de Maroc Phosphore 5 et 6 à Jorf Lasfar pour la production de l'acide phosphorique et des engrais. Les investissements prévus en 1993 par I'OCP pour la réalisation de ces deux complexes et leurs annexes atteindront 3,9 milliards de Dirhams.

Laïla TRIKI

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