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El Jadida: Rebondissement dans l’affaire du faux adultère

Par L'Economiste | Edition N°:1869 Le 05/10/2004 | Partager

. Le mari, l’avocat et deux gendarmes arrêtés Les histoires à rebondissements se succèdent depuis l’arrestation de B. Abdellah, avocat du barreau d’El Jadida sur ordre du juge d’instruction de la Cour d’appel, le lundi 27 septembre dernier. L’homme de loi est accusé d’être l’instigateur d’une fausse accusation d’adultère. Avec la complicité du mari, un piège a été tendu à une femme rurale de la région d’Ouled Ghanem, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Oualidia. Le mari, un riche agriculteur, voulait se débarrasser de sa femme et ses 3 enfants pour épouser une jeune fille. Les disputes devenues fréquentes, il fallait à l’époux un prétexte pour répudier sa femme, surtout qu’elle était connue pour sa droiture. A la suite d’une dispute, la femme quitte le foyer conjugal pour se réfugier chez sa famille. L’époux ne pouvait cependant s’en débarrasser comme cela. Il lui fallait un motif. Un motif fort pour prononcer l’acte de répudiation sans que le tribunal n’y voie un quelconque inconvénient. C’est alors que l’avocat s’érige en tête pensante. Machiavélique, il conseille au mari de se réconcilier avec sa femme. Une réconciliation juste pour “l’endormir” avant de lui porter l’estocade, le coup fatal. Mais pour réussir le coup auquel il pensait, il fallait acheter la complicité de trois autres personnages. La pièce allait se jouer donc à cinq. Le scénario imaginé par l’avocat était simple: arrêter la femme en flagrant délit d’adultère. Le riche agriculteur a alors fourni l’argent qu’il faut, finançant ainsi la mise en scène de l’adultère dont sa femme allait être l’héroïne malgré elle. L’avocat a donc eu recours à la complicité de deux gendarmes véreux. Pour 60.000 DH, un adjudant-chef et un sergent acceptent les rôles qui leur sont proposés par l’avocat. Mais, il manquait encore un personnage central, essentiel à la pièce. L’avocat a vite fait de le trouver en la personne d’un ancien repris de justice qui devait toucher 10.000 DH pour jouer le rôle de l’amant. Le script a été ficelé, les rôles distribués. Il était donc temps de passer à l’acte premier de ce mélodrame fomenté par l’avocat diabolique. “L’amant” se rétracteOn invite alors “l’amant” à une chaude soirée, un samedi 11 septembre. C’est une maison dans la ferme du riche agriculteur qui va servir de décor et de scène. Les gendarmes ripoux, en civil, attendent dans une voiture, non loin de la ferme. Ils étaient prêts à intervenir dès qu’ils en recevraient le signal. L’épouse a été appelée par son conjoint à l’intérieur de la maison secondaire sous un faux prétexte. Le mari est sorti après un moment, en cadenassant la porte d’entrée. Dans la maison, il ne restait que le faux amant, ivre mort, la chemise déboutonnée et, bien sûr, la pauvre femme qui s’affairait dans une autre pièce. Fin de l’acte un. Au signal du mari, les deux gendarmes se présentent devant l’entrée et frappent fort à la porte. La femme court ouvrir. Ils se ruent sur elle et la rossent. Les gifles, les coups, les insultes fusent de partout. Elle est surprise par cette volée de coups. Mais elle ne comprend pas pourquoi ces deux personnages la traitent d’infidèle, de mécréante, d’épouse et de mère indigne. Les deux gendarmes lui passent les menottes et la conduisent à la brigade judiciaire à El Jadida. La femme, analphabète, signe sous la menace un P.-V. rédigé par les soins des deux gendarmes. Elle appose son pouce en bas des imprimés, reconnaissant sans le vouloir qu’elle avait une relation avec l’homme trouvé dans la maison, mais qui, étrangement, n’a pas été arrêté. Fin du deuxième acte. Selon Me Youssef Wahabi, avocat de la femme, une semaine après ces faits, le faux amant est pris de remords. C’est en tout cas ce qu’il a prétendu. Une chose est sûre, il n’a touché que la moitié de la somme qui lui avait été promise. Il fait alors des aveux complets au juge d’instruction. L’avocat et le mari sont mis en garde à vue le même jour. Des documents accablants ayant trait à différentes affaires ont été trouvés lors d’une perquisition surprise effectuée dans le bureau de l’avocat et en sa présence. Le gendarme sergent a été écroué mardi 28 septembre sur ordonnance du juge d’instruction. Le 2e gendarme, du grade d’adjudant-chef, a été appréhendé samedi dernier vers 15 h. Un autre mandat d’arrêt a été lancé contre deux autres complices. Un autre avocat du barreau d’El Jadida serait sur le point d’être mis sous les verrous. Il aurait été interdit de quitter le territoire. Les documents trouvés dans le bureau de l’avocat impliqueraient d’autres personnes. De notre correspondant,Mohamed RAMDANI

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