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El Jadida: Les pilleurs d’algues font la loi sur le marché

Par L'Economiste | Edition N°:1801 Le 30/06/2004 | Partager

. La campagne de ramassage doit officiellement démarrer ce 1er juillet. Mais la collecte de ces plantes marines se pratique illégalement toute l’annéeGelidium sesquipedale, c’est le nom de la principale espèce d’algue marine dans la province d’El Jadida. Elle est menacée d’extinction pour la simple raison que des centaines de ramasseurs informels ne respectent pas le repos biologique pour préserver l’espèce. En principe, la campagne de ramassage d’algues démarre le 1er juillet et se poursuit jusqu’au 30 septembre. La période de repos biologique est donc située entre le 1er octobre et le 30 juin. Mais les plongeurs commencent leurs collectes faisant fi de la réglementation. Les barques équipées de compresseurs à air se comptent par centaines. Elles se font remarquer pendant toute l’année. Des plongeurs à l’assaut de la mer sur des barques raflent sans autorisation aucune jusqu’à 3 tonnes d’algues par jour, indique Abdeljalil Kassy, délégué régional de l’ONP (Office national des pêches) à El Jadida. Les plongeurs en barques motorisées s’éloignent jusqu’à 1.800 mètres de la côte pour plonger jusqu’à 20 mètres de profondeur. Ils ratissent les fonds marins pour les dénuder des algues. Sur des kilomètres, des tentes de marins sont dressées avec des étals d’algues à sécher. Des femmes, des hommes de tout âge et des enfants sont en train de tirer des ballots d’algues. Sur les flots, les plongeurs, des hommes en combinaison sur de grandes chambres à air avec des filets de pêche tressés, procèdent au ramassage sans se soucier du contrôle. Toute une activité effrénée qui ne manquera pas de surprendre les visiteurs. Pour les habitués, cette activité fait partie du quotidien. La collecte commence outrageusement dès le mois d’avril, sinon bien avant, selon les conditions climatiques. Des barques hors la loiFace à ce phénomène de ramassage illégal, «les barques autorisées doivent s’éloigner de plus en plus de la côte pour ramasser l’algue rouge», se désole Fouad Azhari, délégué régional de la Pêche maritime. Les habitants de la région se rappellent encore les années 80 quand ces algues étaient à portée de la main. Les barques hors la loi se multiplient chaque année et opèrent même dans des zones interdites comme Sidi Bouzid et le nord de Moulay Abdellah où les plongées ne sont pas autorisées pendant la période d’activité. Les exploitations se font actuellement à Nichen, en face du quartier Saada, à Sidi Bouzid, Moulay Abdellah, Harchane, M’Rizika et Sidi Abed. Il faut noter que malgré leur interdiction, les chambres à air sont utilisées par un grand nombre de plongeurs (bien difficile sinon impossible de les recenser).Commissions de contrôleLes plongeurs vendent leurs algues sur la côte avec des prix variant entre 1,80 et 2,20 DH le kilo à l’état mouillé, et entre 6 et 9 DH à l’état sec. Après pressage, les algues à l’état brut sont reprises par des intermédiaires qui les écoulent sur le marché pour finir en Asie (notamment en Corée) ou plus près en Espagne. Les transactions se font dans les marchés souterrains difficilement contrôlables par les autorités compétentes. Les inspecteurs de la délégation des Pêches maritimes ne disposent que d’une seule Jeep pour contrôler les 150 km du littoral de la région d’El Jadida. Les commissions de contrôle ont été agressées à plusieurs reprises par jets de pierres. Pour mettre un terme à ce fléau, l’année dernière, une commission provinciale composée des éléments de la délégation des Pêches, des autorités locales et une trentaine de gendarmes est sortie sur le terrain. Cette armada a vite rebroussé chemin devant l’ampleur des attaques par jets de pierres. Des instructions strictes ont été données aux autorités locales et aux communes pour mettre un terme à ce pillage. Des saisies de chambres à air, de moteurs compresseurs et des quantités d’algues se font sporadiquement. Mais ces interventions font l’effet de coups d’épée dans l’eau. Les pilleurs d’algues sont prévenus par téléphone portable de la sortie de la jeep du port par des informateurs dans les parages. Avec la campagne qui va démarrer, «l’ONP prépare l’installation des infrastructures de commercialisation des algues», explique Kassy. Des ponts-bascules seront installés dans les ports d’El Jadida et Jorf Lasfar pour réglementer le secteur, dit le délégué. Par le biais de l’ONP, un bulletin de pesée constituera désormais une pièce justificative de la traçabilité du produit. Cette pièce sera exigée pour contrôle lors des transports d’une ville à une autre. Cette transparence, profitera aux communes qui pourront bénéficier des taxes issues de cette activité. En attendant, les exploitants riverains continuent le pillage car ils jugent qu’ils «sont dans leurs droits absolus ayant toujours vécu de cette activité». Pour leur part, les bateaux alguiers qui sont autorisés à ramasser les algues dans la région sont au nombre de 18. A ceux-ci s’ajoutent les petites barques autorisées au nombre de 133. Cependant, des armateurs n’ont pas opéré l’année dernière, à cause d’un litige qui les a apposés se rapportant à une question de prix. Ce sont légalement les sociétés d’entreposage autorisées qui s’occupent de l’achat des algues. Les plus connues sont actuellement Maritima et Setexam. La première revend par la suite à une usine de transformation d’agar-agar à Casablanca. Alors que Setexam revend à une usine basée à Kénitra. En 2003, seulement 9.000 tonnes ont été ramassées légalement dans la région.


Ramasseurs occasionnels

L’agar-agar issu des algues est utilisé dans la pharmacologie, la biologie, la cosmétique et pour des produits de consommation. La variété d’algues extraites de la région constitue 70% de la production nationale. Mais la surexploitation menace l’espèce tout le long des 150 km du littoral de la province, depuis le sud de Sidi Rahal jusqu’à Oualidia au sud. Face aux moyens de contrôle limité, la majorité des populations riveraines, hommes, femmes et enfants, s’adonnent à la collecte de ces algues rouges. En été, des citadins, étudiants, fonctionnaires et des «vacanciers » d’autres villes deviennent chasseurs occasionnels du Gelidium pour se faire de l’argent. C’est en longeant la côte à partir de la ville vers Oualidia que l’on ne manquera pas de remarquer cette activité bien particulière à la région. Des pêcheries d’algues existent bien depuis Kénitra et jusqu’à Boujdour. Mais c’est sur le littoral de la province d’El Jadida où l’activité se pratique avec plus de frénésie. De notre correspondant,Mohamed RAMDANI

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