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    Economie

    Différend Maroc-UE sur la pêche: Le ton monte

    Par L'Economiste | Edition N°:146 Le 22/09/1994 | Partager

    Les discussions Maroc- CE sur la pêche traînent à mi parcours. Elles ont débuté en juillet et continuent toujours. Pour cause, la détermination marocaine à réduire le nombre de bateaux pêchant dans le cadre de l'Accord.

    Le nouveau round pour la révision à mi- parcours de l'accord de pêche Maroc-UE est fixé pour le vendredi 23 septembre. Ce sera le quatrième. Les discussions se tiendront au siège du Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande. Est attendu à ces réunions le commissaire européen chargé de la Pêche, M. Iannis Paléokrassas.

    Les négociations sont donc portées à un niveau plus élevé. Le Ministère des Pêches Maritimes diffuse des communiqués officiels sur le calendrier des négociations. Rien d'autre ne filtre. Néanmoins, on sait que le ton monte.

    L'Accord de pêche en vigueur liant le Maroc et l'Union Européenne, signé en 1992, prévoit dans son article 15, au niveau de la révision à mi parcours, le réexamen de "l'effort de pêche" en fonction, notamment, de l'état des ressources halieutiques.

    Pour les professionnels marocains de la pêche hauturière et côtière, la situation est "alarmante": le poisson se fait de plus en plus rare. "La mer la plus poissonneuse du monde ne sera plus qu'un souvenir". Déjà, le poisson blanc est en voie de disparition. Les armateurs donnent comme exemple le saint-pierre.

    Cette rareté du poisson entraîné des problèmes d'approvisionnement pour la pêche industrielle et des augmentations des charges d'exploitation pour les armateurs.

    "La ressource halieutique marocaine est surexploitée", a déjà conclu l'ISPM qui a d'ailleurs présenté un rapport technique de 400 pages aux représentants de I'UE pour appuyer la demande d'une réduction de l'effort de pêche pouvant atteindre jusqu'à 50% pour certaines zones sensibles.

    Par exemple, les études scientifiques estiment que le nombre ne chalutiers ne devrait pas dépasser 350 unités pour assurer une rentabilité économique des entreprises pêchant les céphalopodes. Actuellement, le nombre de bateaux est de 450 dont 136 pêchant dans le cadre de l'Accord. Les armateurs marocains proposent alors une élimination de la flotte européenne.

    Ils argumentent en affirmant que la contrepartie européenne est "insignifiante". Celle-ci est de 102 millions d'Ecus par an soit 150 millions de Dollars pour l'ensemble de la flotte battant pavillon européen dans les eaux marocaines. "C'est une plaisanterie quand on sait que le chiffre d'affaires annuel par bateau de la pêche hauturière dépasse le million de Dollars",avance M. Brahim Mouhid, vice-président de l'Apapham (Association Professionnelle des Armateurs de la Pêche Hauturière au Maroc).

    Non-respect des juvéniles

    Autre critique: les bateaux européens pêchent des juvéniles, ce qui est en principe interdit. Comme les juvéniles atteignent 7 fois leur taille au bout de 3 mois, les professionnels de la pêche de céphalopodes estiment alors leur manque à gagner entre 200 à 250 millions de Dollars. "Si les professionnels marocains réalisaient ce chiffre d'affaires, l'apport serait plus important en termes d'emplois, de remboursement des créances ou d 'investissements en aval", précise M. Mouhid.

    Le non-respect des normes de pêche par les bateaux battant pavillon européen est également soulevé par les professionnels de la pêche côtière. "Ils emploient des pratiques illégales non conformes aux règles les plus élémentaires", précise M. Adbelmajid Smires, président de la Fédération Nationale des Associations des Armateurs à la Pêche Côtière. Sont cités, entre autres l'utilisation de matériel très sophistiqué non conforme aux normes de pêche, la prise de juvéniles, le rejet à la mer du poisson mort, le non-respect du mois d'arrêt biologique...

    Les responsables marocains voudraient alors imposer à la flotte étrangère de débarquer ses prises dans les ports marocains. Le but étant d'établir un contrôle. Un armateur de la pêche côtière déclare avoir constaté qu'au niveau des ports européens le contrôle est effectif uniquement pour les bateaux opérant dans les eaux européennes.

    Dans le même ordre d'idées, les professionnels de la pêche hauturière estiment que les bateaux espagnols prennent 1,5 tonne/jour dont 65% de ce tonnage est composé de juvéniles. En revanche, les prises journalières des chalutiers marocains ne dépassent pas 700kg. Pour ces derniers, dans le cas où les juvéniles ne seraient plus péchés, les arrêts biologiques n'auraient même plus de raison d'être. L'arrêt biologique constitue, par ailleurs, un autre point de discorde au niveau des discussions. L'accord Maroc-UE prévoit deux mois d'arrêt biologique: mars et octobre. Les armateurs marocains contestent l'arrêt d'octobre, faisant remarquer qu'ils n'ont pas à subir les obligations de l'Accord. Les Espagnols s'appuient à leur tour sur cette thèse pour contester l'arrêt d'octobre.

    Laïla TRIKl

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