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    Economie

    Combien sommes-nous?: Une question à 450 millions de DH

    Par L'Economiste | Edition N°:146 Le 22/09/1994 | Partager

    L'opération de recensement sur le terrain a pris fin le 20 septembre. Tout compris, elle revient à 450 millions de DH. Pour le dépouillement, 800 agents contractuels sont recrutés. Les résultats du dénombrement de la population seront publiés dès le début de l'année prochaine.

    L'opération de dépouillement du recensement nécessitera 24 mois. Tout d'abord une enquête de contrôle sera effectuée sur un échantillon de la population. Suivra ensuite l'opération de saisie et de traitement des questionnaires en vue du dénombrement de la population.

    Ainsi, les premiers résultats du recensement porteront sur la population légale marocaine. Ils feront l'objet d'un décret-loi début 1995, d'où l'expression "population légale".

    Puis la Direction de la Statistique se penchera sur le dépouillement d'un échantillon de 5% de la population pour l'identification des données démographiques et socio-économiques. Ces données concerneront précisément la structure de la population par âge, le niveau d'instruction, l'emploi et le chômage, la migration, les caractéristiques de l'habitat et le nombre des handicapés. Ils seront publiés, à l'échelle nationale, à la fin de l'année prochaine.

    Enfin, la dernière phase du dépouillement consiste au tirage d'un second échantillon d'une taille de 20% de la population qui sera additionné au dernier échantillon de 5%. Le traitement de l'échantillon de 25% de la population permettra de faire ressortir les données démographiques et socio-économiques à l'échelle géographique la plus fine. Les résultats définitifs seront publiés à la fin de l'année 1996. Le traitement uniquement de 25% de la population prend en considération les moyens financiers nécessaires pour le traitement ainsi que les impératifs de délais de la publication des résultats.

    D'autant plus que "l'expérience nous a prouvé que la différence entre les résultats prenant comme base l'ensemble des personnes recensées et ceux tirés d 'un échantillon de 25% de la population sont pratiquement identiques", explique M. Farès Tadili, directeur de la Statistique. En effet, la comparaison a été effectuée pour le recensement de 1971.

    Néanmoins, pour des travaux spécifiques qui nécessitent un traitement exhaustif, celui-ci pourra être effectué à la demande moyennant une facturation. C'est le cas par exemple de la préparation d'un schéma directeur pour un quartier.

    Pour les besoins du dépouillement, 600 agents de niveau baccalauréat seront recrutés par la Direction de la Statistique de niveau baccalauréat dans un cadre contractuel d'une durée de 24 mois. Il leur sera proposé d'intégrer la fonction publique dans le cas où le Budget de l'Etat le permettra.

    L'opération de recensement aura coûté 450 millions de DH une fois les résultats complets obtenus. Les indemnités se chiffrent à 75% de ce montant. Elles sont destinées au corps enseignant ainsi qu'au personnel de la Direction de la Statistique et aux agents d'autorité, soit au total 80.000 personnes. Par ailleurs, un grand système informatique a été acquis avec 250 terminaux au coût de 20 millions de DH uniquement pour les besoins du recensement. Viennent ensuite les frais de papier, dont les seuls 8 millions de questionnaires, quelque 250 tonnes de papier, ont coûté 30 millions de DH.

    Enfin la campagne de sensibilisation qui a utilisé l'ensemble des moyens (affichage, dépliants, spots télévisés, passages radio...) a coûté 7 millions de DH. II faut ajouter à tous ces moyens la mobilisation de 6.000 véhicules appartenant aux administrations centrales et locales. Dans certaines provinces où il en manquait, la Direction de la Statistique a loué des voitures de particuliers.

    Pour ce qui est du déroulement de l'opération, "l'accueil des agents recenseurs a été excellent au niveau des ménages ordinaires aussi bien dans les villes que dans les campagnes", déclare M. Tadili. En revanche, les agents enquêteurs ont rencontré des réticences dans les quartiers résidentiels, notamment ceux de Casablanca, et auprès des étrangers.

    Concernant la réticence des étrangers, "nous avons notre part de responsabilité", admet le directeur général. En effet, l'ensemble de la campagne de sensibilisation, les cartes d'identité des agents ainsi que les questionnaires ont été libellés uniquement en langue arabe. D'un autre côté, "les derniers événements de Marrakech et la découverte de caches d'armes ont probablement créé un sentiment de crainte chez cette population", ajoute-t-il.

    La Direction de la Statistique a réagi en donnant aux agents enquêteurs des ordres de mission en français et a pris des contacts auprès des ambassades pour qu'elles sensibilisent leurs ressortissants.

    Quand aux résidents marocains des classes socio-professionnelles supérieures, ils ont imposé aux agents enquêteurs des allers et retours. Dans certains cas, ils ont délégué leur domestique ou leur chauffeur pour répondre aux questions. Il s'est avéré que ceux-ci ne détenaient pas l'ensemble des informations...

    L.T.

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