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«Des médecins viennent faire du tourisme et un peu de médecine»
Benchekroun Saïd, médecin-chef au service d'Hématologie à l'hôpital 20 Août à Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:1531 Le 03/06/2003 | Partager

. L'Economiste: Quelles relations existent aujourd'hui entre sociétés savantes et laboratoires pharmaceutiques? - Saïd Benchekroun: Les laboratoires constituent un partenaire à part entière pour tout ce qui est scientifique. Nous assistons actuellement à une prolifération de sociétés savantes. Toutes sollicitent les laboratoires. Ces derniers sont donc constamment harcelés. Les médecins ne doivent pas entrer dans une sorte de concurrence pour gagner les bons auspices des labos. La science doit primer. Nous devons toujours avoir les coudées franches. Si nous devenons dépendants, c'est la catastrophe. Il faut bien protéger le citoyen contre les dérives qui peuvent être engendrées par des rapports suspects entre l'industrie pharmaceutique et les médecins. . On parle tellement de formation médicale continue, mais rien n'est encore fait pour que cela se concrétise. Pourquoi à votre avis? - J'ai été sollicité dernièrement par une société savante. Son président m'a expliqué qu'un congrès sera tenu à Fès le mois prochain et organisé par un professeur étranger. L'événement devait coïncider avec le Festival des musiques sacrées de Fès. Il intervient sans aucune coordination avec les sociétés savantes marocaines. J'ai tout de suite compris qu'il s'agit de business, de tourisme déguisé. Les gens viennent faire du tourisme et un peu de médecine. C'est inacceptable. Nous avons fait en sorte qu'il soit annulé. Nous avons réussi. L'effort des laboratoires doit être régulé et jugulé. Souvent, les laboratoires préfèrent inviter ceux qui vont être tendres à leur égard. Des fois, ils organisent leurs propres séminaires. Le médecin doit rester en dehors de tout ça. Il faut qu'il prescrive en fonction de ses connaissances et non de ce que va lui offrir un laboratoire. Même si ce dernier sponsorise la recherche médicale. . Que fait la SMSM pour que la formation continue des médecins soit obligatoire?- La SMSM a eu dernièrement plusieurs discussions avec les sociétés savantes pour trouver une solution idoine au problème de la formation continue. Il ne faut pas laisser dire aux médecins n'importe quoi. Le message doit être adapté. Nous sommes en train d'étudier la possibilité de créer une agence de formation médicale continue. C'est un sujet très à l'ordre du jour. Nous avons envoyé une note de synthèse au Conseil de l'Ordre et nous attendons que les autres intervenants et les autorités de tutelle s'y intéressent. Pour financer la formation continue, le médecin doit aussi mettre la main à la poche. L'Etat aussi. Il doit permettre un meilleur accès aux soins en appliquant l'assurance-maladie obligatoire (AMO). C'est ainsi que les laboratoires peuvent vendre plus, et par conséquent, mettre plus d'argent dans la formation continue.Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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