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Marchés Financiers

Derrière les réactions, il y avait un portrait politique du Maroc...

Par L'Economiste | Edition N°:613 Le 11/10/1999 | Partager


· Au-delà de la communauté affective des craintes: Pourquoi abandonner le confort pour prendre des risques?
· La suite des événements a montré que le jeu en valait la chandelle


Mais pourquoi diable voulez-vous abandonner une position confortable, rentable pour prendre des risques? Pourquoi voulez-vous recruter des jeunes, investir dans leur formation...? Pourquoi voulez-vous vous donner des soucis, alors que vous n'en avez pas? Vous êtes fous, le Maroc est trop petit, trop arriéré, trop pauvre pour qu'un quotidien d'économie survive!
Lorsque L'Economiste hebdomadaire a fait part de son projet de devenir un quotidien d'économie, comportant aussi une couverture rapide des événements politiques, un plus grand développement des questions sociales et une présence marquée de l'information économique internationale, certaines réactions étaient étonnées, craintives.
Parallèlement, il y avait d'autres avis, radicalement opposés.
En voici une petite collection.
Le Maroc doit changer et est en train de changer, si les entreprises modernes ne soutiennent pas ce changement, qui le fera? Les informations sont de plus en plus des données stratégiques, vous devez les fournir à vos lecteurs et ce, vite, en grand nombre, avec le plus de fiabilité possible! Le Maroc n'est plus un pays fermé, il faut que les opérateurs et les cadres soient plus branchés sur ce qui se passe dans le monde et qui les concerne, même si quelques-uns d'entre eux n'en sentent pas encore le besoin. Et puis l'évidence des évidences: la Bourse et les marchés financiers travaillent au quotidien, les informations doivent impérativement se mettre sur le même rythme. Ces réactions, les premières comme les secondes, méritent que l'on s'y arrête. Certes, les deux familles de réactions avaient en commun de s'appuyer sur un fort attachement affectif à L'Economiste. Mais leur divergence de conclusion donnait, sans le vouloir, une peinture politique du Maroc, qui va au-delà de l'événement qu'était le changement de rythme du journal.
Les premières, celles qui mettent en valeur la réussite de L'Economiste hebdomadaire, soulignent la perte du confort, la remise en jeu des acquis. Elles redoutent le risque encouru et préfèrent le statu quo.
Les secondes se placent sur un registre très différent. Elles ne négligent pas le risque, mais elles l'évaluent en le mettant en rapport avec deux autres éléments: les changements dans l'environnement et les gains espérés en accompagnant ces changements.
En fait, dans ces deux types de réactions il y a le portrait du Maroc. D'un côté, il est attaché à ce qu'il a et redoute de le perdre si un changement intervient. Il fait donc très attention de bouger le moins possible et se caparaçonner au mieux contre les changements qui lui viennent du dehors. Tous les systèmes protectionnistes, contre les marchandises, contre les procédés ou contre les idées qui étaient si puissants dans les années 70, appartiennent à ce registre de craintes. Ils ont considérablement régressé depuis, mais ils sont encore présents... Même si les discours dominants disent le contraire!
De l'autre côté de ce portrait politique, le Maroc sait que les changements viennent de toute façon, qu'elle que soit la hauteur des protections que l'on peut dresser. Il sait aussi, par expérience, que l'énergie dépensée à construire ces protections sera doublement gaspillée: non seulement elle est dépensée en pure perte, mais en plus, quand vient l'heure de l'inévitable adaptation, celle-ci coûtera plus cher en hommes et en argent. Ce Maroc-là cherche donc à profiter au mieux des changements, voire à les susciter au lieu de se contenter de les suivre.
Un an après, le succès de L'Economiste quotidien montre bien que ce sont les deuxièmes réactions qui avaient raison: le risque n'était que passager, maîtrisable, et le gain collectif considérable. En un mot, le jeu du changement en valait largement la chandelle du travail.






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