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    Enquête

    Délégués du personnel: Confusion des rôles

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    L'élection des représentants des salariés devra aboutir au rajeunissement des délégués du personnel. C'est l'occasion de les différencier des délégués syndicaux.


    L'Election des repré-sentants des salariés va lever la confusion dans les esprits entre un délégué du personnel et un délégué syndical. Le premier est élu par les salariés au sein de l'entreprise conformément aux textes réglementaires. Sa mission et les garanties dont il bénéficie sont également définies par la législation.
    Quant au délégué syndical, il n'est pas élu dans le cadre du texte de 1962 mais désigné par une centrale syndicale. Son activité s'exerce théoriquement à l'extérieur de l'entreprise. Mais souvent des délégués du personnel portent la casquette des délégués syndicaux. Un inspecteur du travail reconnaît que, dans ce cas d'espèce, le chef d'entreprise a l'impression de discuter avec le délégué du personnel, alors qu'en réalité les consignes proviennent de la centrale syndicale. D'ailleurs, de nombreux employeurs ne reconnaissent pas les délégués syndicaux et refusent de discuter avec eux.
    Les rapports entre les délégués du personnel et les chefs d'entreprise sont empreints de méfiance et de compréhension, en fonction de la nature de l'entreprise. «Pour des employeurs aux mentalités anciennes», les délégués du personnel ne savent rien. Ils ne sont amenés à se mettre à la même table que s'ils y sont forcés.

    Déficit de formation


    D'ailleurs, l'une des principales difficultés de cette élection concerne les résistances manifestés par des chefs d'entreprise qui voient dans cette élection l'occasion de perdre le pouvoir au profit des délégués. Selon le directeur des Ressources Humaines dans une grande société, il existe des patrons plus ouverts qui souhaitent donner aux représentants du personnel leur véritable vocation. Pour ces rares entrepreneurs, ces délégués sont perçus comme des partenaires qu'il faut consulter.
    Un inspecteur du travail affirme que les délégués du personnel ne sont pas véritablement outillés pour accomplir leurs missions dans de meilleures conditions. «Pour présenter des réclamations au sujet de la législation du travail, il faudra que les délégués la maîtrisent», dit-il. Le problème de leur formation reste donc posé bien qu'on assiste à un rajeunissement de ces profils avec des délégués qui savent lire et écrire.
    Afin de combler ces lacunes de formation, cet inspecteur invite les salariés à être sensibles au rôle dévolu au délégué du personnel. «il faut que les délégués soient en mesure de les défendre correctement, car nombre d'entreprises ont été détruites par l'ignorance des délégués du personnel qui ne parvenaient pas à saisir les contraintes économiques qui pèsent sur l'entreprise».
    Les centrales syndicales viennent d'obtenir une subvention de 15 millions de DH afin de financer leur campagne pour l'élection des représentants des salariés et des commissions paritaires. C'est la première fois que cela arrive dans le syndicalisme marocain, traditionnellement puissant, virulent et fier de son indépendance vis-à-vis du pouvoir.

    La répartition de cette enveloppe, calquée sur celle accordée aux partis politiques, se fera selon des critères en quatre tranches. Si la première est distribuée à égalité entre les différents syndicats, la deuxième sera en fonction du nombre de candidats présentés par chaque centrale syndicale. Le montant de la troisième tranche sera fixé selon le nombre de suffrages recueillis. Quant à la dernière, le montant sera alloué selon les sièges obtenus.
    Un inspecteur du travail regrette que ce financement n'a concerné que les syndicats. Il aurait souhaité que les inspections de travail bénéficient également de moyens supplémentaires pour s'acquitter de leurs missions.
    Autre innovation: la couleur fait sa première entrée dans une élection professionnelle. L'Union Marocaine du Travail (UMT) se voit attribuer le bleu, la Confédération Démocratique du Travail (CDT) le mauve et l'Union Générale des Travailleurs Marocains (UGTM) le rose. Lors des élections dans les entreprises, les bulletins porteront ces couleurs. Les ouvriers pourront ainsi les identifier. Pour les autres syndicats non représentés au Parlement actuel, les couleurs seront attribuées ultérieurement par l'Administration.

    Mohamed CHAOUI

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