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    Economie

    Communes: Casablanca sous la loupe

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Véritable travail de fourmi, la Direction de la Statistique détaille les caractéristiques démographiques et socio-économiques des communes. Cette semaine, Casablanca est à l'honneur. En vedette, le Méchouar de Casablanca et Sidi Bernoussi.


    Où habitent-ils, se marient-ils tôt, combien travaillent, combien d'enfants naissent par ménage, ont-ils accès à l'eau potable et à l'électricité? Toutes ces questions trouvent leur réponse dans la "Série communale", publiée par la Direction de la Statistique.
    L'exploitation, qui a eu lieu à partir du recensement général de la population et de l'habitat de 1994, est un véritable instrument d'aide à la décision. Depuis, les données ont dû sûrement évoluées. Dans tous les cas, ce sont 7 volumes(1) et plus de 600 pages d'informations exhaustives sur les caractéristiques socio-démographiques de communes. L'Economiste se propose de publier les résultats par provinces et préfectures dans ces prochaines éditions. A tout seigneur tout honneur, la capitale économique ouvre la série. A l'exclusion des zones périphériques, Casablanca(2) n'a rien à envier aux pays développés. Les indicateurs socio-démographiques sont quasi similaires. En densité, la province la plus peuplée du Maroc avec 46.145 habitants par km2 est Derb Soltane/El Fida. La moins peuplée en 1994 demeure Aïn Chock-Hay Hassani avec un peu moins de 1.000 habitants au km2. Par conséquent, le taux d'urbanisation est le plus faible des provinces avoisinantes. Il tourne autour de 85%, alors que le reste atteint 100%. C'est dire qu'il reste très peu de place pour d'éventuels immigrants.

    Concernant la taille moyenne des ménages, elle varie d'une manière importante selon les provinces. En effet, le plus faible taux, y compris du pays, se trouve dans la province de Casa-Anfa avec 4,7%. En revanche, Ben Msick-Sidi Othmane détient le taux moyen le plus élevé, soit 5,9%. Le constat se vérifie: plus le taux d'urbanisation augmente, moins la taille moyenne des ménages est forte.

    Layettes et biberons au placard

    Les Casablancaises sont-elles fécondes? les chiffres révèlent qu'elles le sont moins avec un indice de fécondité en deçà de 2,6 chutant jusqu'à 1,4 dans le méchouar-Casablanca. Aïn-Chok et Sidi Bernoussi remportent la palme d'or de la région avec l'indice le plus fort, à savoir 2,6. De plus en plus actives, les Casablancaises ont mis layettes et biberons au placard.
    De moins en moins d'enfants mais aussi des mariages de plus en plus tardifs. En effet, l'âge moyen au premier mariage se situe entre 27 et 30 ans, à l'exception de Sidi-Bernoussi-Zénata avec 26,5. Depuis les années 60, le changement de comportement nuptial est manifeste. Inhérent à plusieurs facteurs, celui-ci a porté l'âge moyen au premier mariage au niveau national à 17,3 ans pour les femmes en 1960 à 25,8 en 1994 et celui des hommes de 24,1 à 30 ans. Cette mutation, même si elle a été marquée dans la capitale économique, a touché néanmoins l'ensemble du territoire. Reste que le Méchouar-Casa détient le record national.
    Les Casablancais n'échappent pas à la règle. Travail, loyer, dépenses les poussent à se marier tardivement. L'âge moyen au premier mariage varie entre 31,2 et 35,4 ans, avec une exception toujours pour Sidi Bernoussi-Zénata où l'âge se situe autour de 30,4 ans. Encore une fois, le record est détenu par le Méchouar-Casa (35,4 ans).

    Les plus âgées sont à Casablanca

    Dans cette région, le poids de la population de moins de 15 ans est en deçà de 35% et va même jusqu'à 21% dans le Méchouar-Casa. En revanche, Casablanca détient le taux le plus élevé des 60 ans et plus (12%) avec le taux le plus bas (5,1%) à Sidi Bernoussi-Zénata.
    Côté alphabétisation, la capitale économique est la plus évoluée du pays. Elle détient le taux le plus faible d'analphabétisme, mais aussi le taux le plus élevé de scolarisation. Il se situe en deçà de 34,9% pour le premier et 90,9% pour le second. Il est vrai que le taux d'analphabétisme atteint son maximum en zone rurale. Au crédit de la métropole, une baisse du taux d'analphabétisme, y compris pour les ruraux dans les zones avoisinantes. Le minimum a été observé dans la Préfecture de Sidi Bernoussi-Zénata avec 50% d'analphabètes. Premières victimes, les femmes, y compris dans la grande Willaya de Casablanca. Elles sont les plus touchées par l'analphabétisme. Certaines municipalités, comme Sidi-Moumen, Aïn Sebaâ ou Ben Msick connaissent néanmoins très peu de disparités entre les sexes. Curieusement, les écarts entre les hommes et les femmes sont relativement importants dans la Préfecture de Casablanca-Anfa. Celle-ci concentre des écarts de près de 10 points au niveau du taux de scolarisation et 20 points pour le taux d'analphabétisme. Autre exemple marquant dans le Méchouar de Casablanca, le taux d'analphabétisme masculin est de 14,31, contre 41,3 pour les femmes. Les statistiques révèlent que les enfants de la Préfecture de Aïn Sebaâ/Hay Mohammadi ont trois fois plus de chance d'aller à l'école. Surprise, 90% des filles de cette province sont inscrites.

    (1) Cf L'Economiste N°288 du 10 juillet 1997
    (2) Aïn Chock-Hay Hassani; Al Fida-Derb Soltane, Méchouar de Casablanca, Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, Ben Msick-Sidi Othmane, Casablanca-Anfa, Sidi Bernoussi-Zénata.

    1 Casablancais sur 10 n'a pas de toilettes

    Confort de vie, les Casablancais sont pas trop mal lotis, à l'exception des zones périphériques. La concentration d'habitats sommaires, plus simplement appelés bidonvilles, autour de grandes villes, témoignent des flux migratoires à destination de ces régions. Les ménages migrants se trouvent dans l'obligation de s'installer dans ce type d'habitat en périphérie, à proximité de leur lieu de travail. Le sinistre record est détenu par Sidi Moumen avec 52,5% d'habitats sommaires, suivi de Bouskoura (47%). Les goûts luxueux en matière d'habitation sont concentrés à Casa-Anfa avec un taux de 55% de villas, suivi de Aïn Sébaâ avec 31% et le Méchouar de Casa (25%). Le plus faible taux se retrouve à Sidi-Othmane (7%).
    Les Casablancais sont plus locataires. Les plus grands nombres de propriétaires sont les habitants de Sidi Bernoussi-Zénata avec un taux de 56%. Là aussi, la situation a dû beaucoup changer depuis 1994 avec la promotion du logement économique. Surprise, la population de Casa-Anfa opte pour la location avec 58,4%. Côté confort, les Casablancais ne disposent pas encore à 100% de toilettes. La province la mieux lotie est Derb Soltane-Al Fida avec 95,6%. A la traîne, Aïn Sébaâ-Hay Mohammadi dispose du nombre de toilettes le plus bas de la région, soit 87,5%. Concernant l'accès à l'eau et à l'électricité, la Lyonnaise des Eaux de Casablanca devra concentrer ses efforts sur Sidi Bernoussi-Zénata qui affiche les taux les plus bas avec respectivement 69,6 et 71%. Les mieux équipés sont les habitants du Méchouar de Casa avec 90,5% pour l'eau et 96,7% de l'électricité.o


    Les Casablancais pour le salariat

    Centre nerveux de l'activité économique, Casablanca concentre plus de 60% de la population en âge d'activité (15-59 ans), toutes provinces confondues. Mais ce chiffre ne la place qu'en seconde position face au taux de 70% raflé par les provinces de Ouad Eddahab, Boujdour et Essemara.
    Dans tous les cas, la région de Casablanca affiche des taux avoisinant 60,6% à Sidi Bernoussi-Zénata et 66,9% au Méchouar-Casa. Le taux le plus faible est enregistré au niveau de Ben Msik-Sidi Othmane, soit 61,9%. Ainsi, la Wilaya de Casablanca peut se vanter d'avoir plus de trois personnes sur cinq en âge d'activité. Cette région connaît de très forts taux d'urbanisation, ce qui, a priori, expliquerait la prédominance de la population en âge d'activité.

    Pour ce qui est de la population active, c'est la Préfecture de Casablanca-Anfa qui rafle le taux d'activité le plus fort, soit 45%, devançant le Méchouar-Casablanca avec 44,6%. Comme à l'accoutumée, c'est le sexe fort qui l'emporte avec un taux d'activité dépassant 50%. Les femmes, quant à elles, ont un taux n'excédant rarement les 30%, à l'exception de la Préfecture de Casa-Anfa (41%). Cette dernière concentre, rappelons, le secteur des services, costumes, cravates et tailleurs, tallons aiguilles. Très peu attirés par le risque des affaires, les Casablancais optent dans leur majorité pour le salariat. En effet, les taux varient entre 70 et 79%. Les plus entreprenants sont concentrés dans la Préfecture de Sidi Bernoussi-Zénata (22% des indépendants). Regroupant le plus grand nombre d'unités de production et de services, la métropole prouve qu'elle est le plus important recruteur du pays.

    Ceci étant, elle n'est pas à l'abri du chômage. Ce fléau national touche la capitale économique. Les taux varient entre 19,7 et 25% suivant les provinces. Al Fida Derb-Soltane détient le triste record.
    Depuis 1994, date des données ayant servi à l'analyse des caractéristiques socio-économiques des communes, la situation a du vraisemblablement évolué.
    Néanmoins, l'étude révèle des disparités importantes par sexes. Les hommes ont apparemment plus de chance de travailler au Méchouar de Casa qui affiche le taux de chômage le plus bas, 15,8%. En revanche, les femmes les plus touchées par ce fléau se trouvent à Ben Msiq-Sidi Othmane (35%).

    Fatima MOSSADEQ & Meriem ODGHIRI

     

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