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Casablanca-Hay Hassani: Une journée de campagne avec Zoubida Bouayad

Par L'Economiste | Edition N°:1595 Le 05/09/2003 | Partager

. La tête de liste (USFP) promet des lendemains meilleurs aux habitants de carrière Sidi Abderrahmane . Une population désabusée expose ses attentes dans la dignité Des garçons et des filles, tracts et châles au symbole du parti à bras-le-corps, descendent la rue qui mène au point de rencontre. Nous nous trouvons juste derrière le parc de jeux Sindibad. Ici, les belles villas et les quartiers résidentiels jouxtent la carrière de Sidi Abderrahmane. Le contraste est criant. Mercredi 3 septembre, le Pr Zoubida Bouayad, chef du service pneumologie à l'hôpital du 20 août, tête de liste (USFP) à la circonscription de Hay Hassani, entame une nouvelle journée de campagne. Elle est accompagnée de sept autres candidats, dont trois femmes. D'entrée de jeu, Bouayad s'explique: «Nous nous déplaçons en groupe. La culture du parti nous invite à travailler de manière collégiale«. Chaque candidat fait en plus un travail de proximité au niveau de son arrondissement. 15h, le cortège se met en branle après s'être mis d'accord pour une dernière fois sur le programme de la tournée. A l'entrée d'une ruelle de Douar Sidi Ghanem, une femme accueille assez chaleureusement la tête de liste. D'autres jeunes femmes se joignent à elle. L'ambiance est bon enfant, bien qu'il n'y ait pas assez de monde pour chauffer la sortie. Bouayad leur tend à chacune une rose qu'elle prend d'un panier. «Nous ne voulons pas avoir que des roses. Ce qui nous intéresse, c'est que vous soyez là quand nous aurons besoin de vous. Pour qu'on puisse travailler la main dans la main«, lance une femme, petit sourire aux lèvres. Tout en empruntant cette ruelle étroite et tortueuse, la tête de liste s'explique: «Nous sommes ici un parti et non des candidats détachés de leur base«. La tête de liste s'évertue, adoptant le discours et le ton adéquats, à rappeler l'histoire de l'USFP. «Un parti de militants qui ne perdent jamais de vue l'esprit de solidarité qui les fait agir«. Feed-back. Bouayad, évoque tous «les sacrifices que les militants du parti ont dû faire pour le changement«. A travers les ruelles de la carrière, une expression revient comme un leitmotiv. «Nous voulons un tant soit peu de changement«. . Pas stupides ces bidonvillois!Subtilités du verbe mises à part, Bouayad affiche un ton désolé pour convenir de tous les maux que les femmes de la carrière lui étalent. Souvent en usant d'expressions macabres, comme cette femme cultivée qui lui dit que «les talents et forces vives des jeunes de son bidonville sont déjà morts et enterrés«. Les attentes sont énormes mais bien définies. Les gens du quartier ont appris à faire la part des choses et à réfléchir en termes de priorités. Même cette vieille femme arrive à les spécifier: «Nous voulons un bus, une école et que nos enfants puissent trouver du travail«. Il faut dire que cette tournée, tant du côté candidats qu'électeurs potentiels, a été dominée par les femmes. Elles ont cette disposition presque innée de dire la réalité telle qu'elle est. Avec la force du combattant, qui veut voir sa famille vivre mieux. Militante de la première heure au sein de son parti mais aussi dans la société, Bouayad prétend «les comprendre«. Elle a aussi combattu depuis 1997 comme une des trois femmes sur 101 conseillers de la région du Grand Casablanca et comme responsable de la Commission de la santé. En 1997, lors des élections communales, elle a eu moins de voix dans un arrondissement à Anfa. C'est un «marchand ambulant« qui avait gagné alors! Ce souvenir ne semble guère la gêner outre mesure. Presque une heure et demie sont passées après le début de la sortie. Le cortège arrive à l'autre bout de la carrière. Celle qui donne sur le côté arrière du parc de jeux. Des enfants contemplent, les yeux avides, la grande roue. Une odeur de soupe d'escargot imprègne l'atmosphère. Une femme explique: «Une quarantaine de familles survivent grâce à son commerce«. Mais ici, hommes et femmes ont su garder une digne allure même quand ils exposent à Bouayad et ses compagnons leurs attentes. Ces derniers s'ingénient à leur faire comprendre que désormais les électeurs ont le pouvoir. «Vous êtes aujourd'hui en mesure de sanctionner les opportunistes et faux militants. Puisque vous allez voter pour un parti et non une personne«, souligne Bouayad. Mais cette dernière ne se fait guère trop d'illusion. Pour elle, «les gens sont depuis longtemps désabusés. Ils ont perdu confiance dans les élections et les partis. Les reconquérir est loin d'être une partie de plaisir«. La tête de liste ne veut surtout pas perdre espoir. Celui-là même qu'elle veut transmettre en offrant des roses à ses électeurs potentiels. . Harem électoral 16h45, le cortège s'est depuis un quart d'heure scindé en deux. Les candidats hommes ont continué la tournée, tandis que les trois autres candidates se trouvent maintenant au rendez-vous avec les femmes de la carrière. Dans une des maisons les plus entretenues, une trentaine de femmes sont déjà là. On fait tourner le thé à la menthe. Bouayad sait bien que les femmes ont leur mot à dire dans les élections et qu'elles ne se laissent plus berner. La tête de liste a commencé son discours par expliquer ce qu'un parti politique. Les figures emblématiques et historiques de l'USFP sont ressuscitées pour rappeler la saga du militantisme socialiste. Pour convaincre ces femmes pour la plupart illettrées, le vocabulaire est simple. «Un vrai élu est celui qui peut gérer les ressources communales à bon escient«. Bouayad a ensuite expliqué que son parti «a travaillé dur depuis 1997 pour redresser la barre«. Et que «depuis septembre dernier, les choses n'ont pas été à son avantage pour continuer l'édifice«. Aujourd'hui, «il y a toutes les garanties pour une meilleure gestion de la chose publique. Il serait dommage de s'abstenir et gâcher sa voix«. Devant le déluge verbal de la tête de liste, les femmes sont restées sans voix. Seule une femme âgée a rappelé les déboires des rendez-vous précédents. Une jeune candidate, assise à même le tapis, prend la parole. Elle arrive à bien capter l'attention d'une assistance détrompée et fait vite allusion aux événements du 16 mai. «Ce sont des évènements qui sont sortis des maisons comme celles où vous viviez. Nous voudrions changer cela«, finit-elle par dire. Les habitants voudraient bien la croire.Mostafa BENTAK

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