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Politique

Communales 2003: Non aux listes «par défaut«
Par Saïd Laqabi, enseignant

Par L'Economiste | Edition N°:1589 Le 28/08/2003 | Partager

«Lorsque j'étais Conseiller communal, les citoyens ne venaient me voir que pour un passe-droit: ajouter une chambre sur une terrasse, légaliser une signature sans la présence de l'intéressé… En cas de refus, je perdrais mes voix en faveur de mon adversaire qui, lui, serait prêt à fournir le ciment des stocks municipaux ou à antidater la signature«. -------------------------. Témoignage sur notre démocratie de proximitéLe 12 septembre prochain, le Maroc vote pour «renouveler« les équipes d'édiles de nos différentes communes. Ces consultations viennent à un moment assez particulier dans l'histoire du Maroc surtout après l'intronisation de SM Mohammed VI. . Apparatchiks démissionnairesAussi, le point culminant de cette histoire est-il, sans doute, la série d'actes terroristes qui ont frappé le pays en ébranlant du même coup la chimère d'une singularité marocaine tant galvaudée par des apparatchiks soucieux avant tout de sauver leurs propres privilèges. Hélas, notre classe politique ne déroge qu'à peine à cet état des lieux. Démissionnaire, cette classe est angoissante dans ses perspectives à moyen et long termes, dans la mesure où sa réaction tant idéelle que pragmatique est d'une morne passivité lorsqu'elle «relooke« sa couardise sous les fards d'une approche généreuse, voire d'une volonté de consensus universel avec les ennemis de la démocratie… et autres balivernes du même acabit.A ce niveau d'analyse, il est remarquable de noter la lucidité de l'Institution royale dont les derniers discours appelaient à une réelle mobilisation de ceux qui tiennent le haut du pavé politico-médiatique, profitent des largesses dues et souvent indues de l'Etat mais qui font preuve de nonchalance dès qu'il s'agit de lutter en défendant un projet de société clair, moderne et résolument démocratique, à tel point qu'il est désormais légitime de se poser une question basique: ces gens-là croient-ils vraiment en leurs propres boniments?Le doute est de rigueur. Et le discours du Trône (notre State Union) de juillet 2003 confirme l'exaspération des Marocains à l'encontre de cette mesquine tendance à la petite «chikkaya« des politiciens patentés, leur maîtrise époustouflante de l'art sophiste de la paraphrase qui n'engage à rien: «nous adhérons… nous apprécions hautement… etc«. François Soudan de Jeune Afrique-L'Intelligent (28 juillet 2003) a bien senti la situation en intitulant son excellent article sur le Maroc politique hic et nunc: «Le Roi est seul«.En d'autres termes, nous vivons une sorte de remake de l'histoire coranique de Moïse et des enfants d'Israël: lorsque le nabi a demandé à ceux-ci de se mobiliser pour aller combattre leurs ennemis, ils lui ont répondu, sèchement, qu'il pouvait très bien s'acquitter de cette harassante besogne avec l'aide de «son« Dieu; quant aux douze tribus, elles ne bougeront pas.. Hordes de «Huns«Les élections communales de septembre 2003 auraient pu constituer les prémices d'une reprise de conscience vis-à-vis du péril qui est déjà dans la demeure. Que nenni! Et l'on serait aveugle (et il s'agit ici de celui qui ne veut pas voir) de ne pas bien apprécier les péripéties annonciatrices des Chambres.En ce qui concerne les listes que la plupart des partis s'apprêtent à mettre en lice pour les Communales, ce sont des listes qu'on qualifierait volontiers de «listes par défaut« dans le sens qu'elles ont été, souvent, arrêtées faute de mieux ou en application du principe «la nature abhorre le vide«. Jugez-en vous mêmes bonnes gens: il y a la même engeance avec des choix qui varient entre les tiques suceuses de sang, les criquets pèlerins, voire des hordes «d'effrayeurs« dignes d'Attila «le fléau de Dieu«, après le passage duquel l'herbe ne poussait plus.Certes, nul ne peut contester des regroupements d'homo-sapiens (SAP: sans-appartenance politique): il y a eu de tout temps des associations de bienfaiteurs ou de malfaiteurs. Mais personne ne peut juger les intentions car on ne joue pas dans «Le Marchand de Venise«. Toutefois, les partis politiques, et j'entends par là ces formations ayant pour matrice une vision cohérente et pratique du Monde grâce à une analyse dynamique pour pouvoir offrir aux gens des cadres de débats permettant l'émergence d'identités et de groupes en quête du bien-être de tous, n'existent hélas pas. L'élaboration d'un programme électoral et le choix des gens qui vont le défendre ne peut être que dialectique; or, dans plusieurs partis, une rupture s'est faite de facto avec la population non seulement jeune (division souvent fallacieuse si elle ne tient compte que de l'âge civil) mais aussi avec les personnes qui auraient la capacité de produire des idées novatrices, de mettre en place des procédures d'exécution et des grilles d'évaluation, de présenter quelques bribes d'honnêteté (denrée extrêmement rare chez nos édiles) ainsi que le courage de dire non lorsque l'équation principe contre pratique ne peut être résolue qu'au prix de compromissions.Au lieu de cela, nos partis s'arrachent les nouveaux riches et les notabilités de pacotille qui n'ont pas bonne presse; sont-ils les modèles? Parfois, en guise de référence, certains partis se raccrochent candidement aux exactions subies durant les années de plomb. C'est maigre. Depuis le milieu des années 90, ces partis auraient pu profiter des libertés d'action et de parole pour se revigorer, élargir leurs assises et renouveler les élites. Malheureusement, les seuls qui ont su profiter du «Printemps marocain« étaient les ennemis de la démocratie: erreur de jugement, d'adaptabilité, envie de profit personnel, déficit d'altruisme, surestimation de soi… la litanie des manquements n'est pas exhaustive, loin s'en faut. Avec tout l'optimisme dont on peut être capable face à pareil spectacle, que dis-je face à une telle désolation programmée, on ne peut formuler qu'un souhait: que l'appareil de l'Etat soit purifié et renforcé face à ces candidats dont la plupart sont de très, très mauvais augure!

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