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Commerce, les nouveaux enjeux
Négociations agricoles: Ça se corse

Par L'Economiste | Edition N°:1584 Le 19/08/2003 | Partager

. UE/USA: Un compromis qui n'en est pas un?. La résistance s'organise chez les pays les moins favorisés. Est-il possible de mondialiser l'agriculture?C'est comme une criée mondiale en ce moment. L'agriculture, le casse-tête des dossiers de l'OMC, est sujette à moultes surenchères. On s'offusque, s'inquiète, s'oppose, propose d'autres alternatives, tente une esquisse de solution… mais rien n'y fait, le dossier de l'agriculture est de plus en plus malmené par les membres de l'OMC. «Mondialiser« l'agriculture semble impossible. Les Etats-Unis sont fustigés pour dopage excessif de leur production par des subventions et aides intérieures. Les subventions agricoles équivalent six fois le PIB marocain. L'Union européenne a timidement réformé sa politique agricole commune (PAC), faisant montre d'une piètre évolution (cf. www. leconomiste.com, n° 1549, 27 juin 2003). Le Japon, lui, conteste l'accord UE-USA, car toucher à son riz surprotégé par des barrières douanières hallucinantes (490% à l'import!) est un sacrilège. Pour l'Australie (du groupe Cairns), ledit accord est «inadmissible«. Car «les pays en transition, qui sont de gros exportateurs agricoles, seront moins bien traités: les règles et les disciplines devront être adaptées à leur cas«, stipule l'accord. Selon un diplomate européen, cette clause est «une gifle pour des pays comme le Brésil ou l'Inde«. Le Brésil autant que l'Inde ont d'ailleurs officiellement rejeté l'accord UE-USA. Et les pays en développement (PVD) font toujours preuve de résistance, vulnérables par leur agriculture difficilement compétitive face aux gabarits des moindres coûts.La proposition commune traite de tous les aspects des négociations agricoles, dont les trois points les plus litigieux: l'accès aux marchés, les mesures de soutien interne et les subventions à l'exportation. Et la cacophonie n'est pas finie. Non seulement, il n'y a aucun chiffre dans le projet proposé par les deux géants, mais l'Union insiste sur le fait que les négociations ne devront en aucun cas sortir du cadre des dispositions prises lors de la réforme de la PAC (le 26 juin dernier)…Voilà qui promet des rencontres houleuses.. “Il vaut mieux pas d'accord du tout qu'un mauvais accord”Tandis que l'OMC pense que le cycle de Doha peut dynamiser le commerce entre «pays pauvres«, les PVD font preuve de plus de fermeté. Selon les observateurs, «il vaut mieux pas d'accord du tout qu'un mauvais accord«. Comment est-il d'ailleurs possible d'aligner deux types d'économie agricole sans faire de ravages? L'équilibre Nord-Sud sur ce plan est un sacré challenge. En Afrique subsaharienne, 70% de la population dépendent de l'agriculture; en Europe, le taux tourne autour de 5%. Les taux de productivité sont inversement proportionnels… Pour les PVD, l'agriculture est une question de stabilité sociale, pour les autres, c'est une question de rentabilité.La pénétration forcenée des produits américains, ou la compétitivité invincible des pays développés sur les marchés internationaux, a déjà fait des dégâts dans ces pays. L'ampleur de ceux à venir plane dans tous les esprits. Selon les estimations de l'ONU, les pays développés subventionnent leurs agriculteurs à hauteur de près de 250 milliards de dollars par an, soit plus de 25 fois le montant annuel nécessaire à la lutte contre le sida dans le monde. Aberration! Pour couronner le tout, les subventions américaines ne cessent d'augmenter, tandis que les autres pays font des efforts (aussi infimes soient-ils, ils se placent dans la logique). C'est dire à quel point le Maroc peut paraître vulnérable dans ses négociations, tant avec l'UE qu'avec les USA.Quoi qu'il en soit, la résistance s'organise. Pas d'avancée dans les négociations sans résoudre le volet agricole. Mais aussi celui portant sur la concurrence et l'investissement. Encore considéré comme un fardeau supplémentaire pour les membres les plus pauvres de l'organisation. Les pays africains veulent donc retarder l'adoption des nouvelles règles à ce sujet. “Nous ne sommes pas encore prêts”, estime l'ambassadrice du Kenya, Amina Chawahir Mohamed, au nom d'une dizaine de pays africains et d'autres en voie de développement. C'est donc la nouvelle donne qui ressort des “négociations” actuelles. . Peu de chance pour le respect des échéancesComment donc s'entendre dans ce brouhaha planétaire? Même si les deux puissances ont lancé ce projet, il reste très vague, et il est loin d'emporter l'adhésion générale. Pourvu que les deux parties s'entendent! Et elles devront prendre en considération le total scepticisme des autres pays. Pour les plus optimistes, la relance du dialogue est déjà un pas en avant, pour les autres (la majorité), ce n'est pas assez, vu les échéances. Pascal Lamy regarde le verre à moitié plein: “C'est la moitié de la négociation qui est faite par cet accord”, observe-t-il (voir aussi note interview en pages suivantes). Pour d'autres, “il reste très vague”.Toujours est-il, les négociations sur ce dossier traînent tellement que la voie du consensus semble inextricable. Résoudre le volet agricole au sein de l'OMC s'apparente à résoudre une équation à 146 inconnues! Les échéances de la ministérielle de Cancun (du 10 au 14 septembre) paraissent trop proches. Que penser de celles du 1er janvier 2005, date à laquelle tout doit être bouclé dans le cadre du cycle de Doha?


66% des subventions pour 3% des agriculteurs

C'est toujours pas fini, les quiproquos. Les Etats-Unis, pensant bien faire pour leurs producteurs, sont critiqués même en interne. Selon Najib Mikou, expert en commerce international, seulement 3% des producteurs américains reçoivent 66% des aides. Les aides sont versées uniquement aux propriétaires des terres agricoles, et non aux locataires et fermiers. Or, ces locataires représentent près de 40% des fermiers (le même constat vaut pour les subventions européennes).Toujours selon l'expert, les exportateurs américains contestent ce régime d'aides car il est de nature à susciter des réactions protectionnistes de la part des partenaires des USA. La fameuse loi agricole américaine “Farm Bill” approuvée le 2 mai 2002, porte à 175 milliards de dollars sur 10 ans le total des aides fédérales à l'agriculture. Lesquelles profitent essentiellement aux gros producteurs de blé, maïs, coton et riz. Avec cette loi, un producteur américain est assuré de recevoir 150 dollars la tonne de blé, ou 110 dollars la tonne de maïs, quelle que soit la quantité produite.Mouna KADIRI

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