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    Economie

    CNCA: Les premières incarcérations

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    La CNCA n'est pas encore sortie du tunnel. La thérapie du gouvernement est toujours attendue. En attendant, la pression s'accentue sur les débiteurs.


    La CNCA souffle le chaud et le froid. A côté des procédures de recouvrement négociées avec les débiteurs, le processus de contrainte par corps continue tranquillement son chemin. Une quarantaine de PV d'incarcération sont déjà signés. Le premier emprisonnement a eu lieu au cours de la semaine dernière. «Il concerne un débiteur qui a manifesté de la mauvaise foi, refuse de discuter et, de surcroît, a communiqué une fausse adresse», précise M. Abdellah Lahlou, directeur de la CNCA. La dette du débiteur mis derrière les barreaux, qualifiée d'industrielle, tourne autour de 15 millions de DH. Le patron de la Caisse rappelle que l'incarcération est l'ultime recours lorsque la mauvaise foi est manifeste. Une deuxième personne se trouve en fuite à l'étranger et d'autres gros débiteurs sont sur le point de tomber. A ce jour, 240 MDH ont été déjà récupérés. La régularisation des créances en souffrance porte sur 1,3 milliard de DH.

    En attendant de mettre la main sur tous les clients indélicats, les responsables de la Caisse poursuivent les pourparlers avec les bailleurs de fonds, notamment la Banque Mondiale. Selon une source proche du dossier, «ces discussions ne portent pas sur l'élaboration d'un plan de restructuration, un point qui a été déjà bouclé». Il s'agit plutôt de faire le point sur ce qui a été réalisé et ce qui reste. Dans le fonds, ce plan comporte trois grands axes: la récupération des créances non agricoles, le règlement des dettes des petits agriculteurs et la réorganisation de la CNCA. La même source précise que la situation de la banque doit être assainie avant d'aborder la question de la recapitalisation.
    Selon M. Lahlou, la Banque Mondiale a beaucoup mieux saisi les données de la CNCA. A l'évidence, les différents points de vue finiront par converger. Les bailleurs de fonds qualifient d'ailleurs la Caisse d'organisme «incontournable pour l'agri-culture».

    Bonification des taux


    Les détails des décisions évoquées lors du Conseil de Gouvernement du 2 septembre sont toujours attendus. Toutefois, le DG de la Caisse annonce en préambule le lancement d'une étude stratégique destinée à définir le rôle de la CNCA dans l'économie nationale. Dans son principe, cette étude déterminera l'organisation à mettre en place pour que la Caisse soit en phase avec le plan de restructuration.
    Auprès de la Caisse, il est souligné que toute décision de compression du personnel est exclue, même si la question du sureffectif est souvent évoquée par les bailleurs de fonds. Principal argument: la paix sociale. A rappeler que ce point figurait parmi les causes de la grève générale qui avait paralysé la CNCA au printemps dernier. C'était le premier grave conflit social dans l'histoire de cet organisme.
    D'autres éléments continuent à être distillés parcimonieusement. Les responsables de la Caisse se sont résolus à accepter les 250 MDH proposés par le Ministère des Finances au titre de la recapitalisation. Côté bailleurs de fonds, il sera plus difficile d'engranger des ressources. A noter que l'Allemagne avait en 1994 débloqué 50 millions de Marks, soit 275 MDH au cours de change actuel, pour la stabilisation des capitaux propres.

    Des propositions relatives au traitement du crédit agricole ont également été avancées. Elles portent plus particulièrement sur la bonification des taux. L'Etat devrait prendre en charge 5 points pour les petits agriculteurs et 2 pour les grands. Cela pourrait coûter environ 1 milliard de DH, est-il indiqué. Ce choix relève d'une décision politique du ressort des ministres de l'Agriculture et des Finances, précise-t-on. Reste à savoir si le budget est en mesure de supporter une telle charge.
    De toute manière, la balle reviendra toujours dans le camp de la CNCA obligée de s'aligner sur le métier de banque pur pour assurer sa pérennité. Ce choix est déjà engagé avec la tarification des services et la réduction du poids des ressources externes grâce à l'accroissement des dépôts. A fin août, ce poste totalisait 5,1 milliards de DH, en hausse de 15% par rapport à la même période de l'année précédente.

    Mohamed CHAOUI & Alié Dior NDOUR



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