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Politique Internationale

Cinéma : "Bezness" ou "la richesse exportable"

Par L'Economiste | Edition N°:77 Le 29/04/1993 | Partager

Les charters pour l'exotisme plus ou moins bon marché ont le vent en poupe. Chaque avion dépose quotidiennement son lot d'Occidentaux en mal de dépaysement, de mer et de soleil. En Tunisie, comme ailleurs, le vacancier et ses devises attirent comme des aimants les jeunes chômeurs à la recherche d'argent et de rêves. L'arrivée des étrangers est donc attendue avec fébrilité.

Rabatteurs de touristes, faux guides ou gigolos, ces jeunes sont appelés par les Tunisiens "bezness".

Après le succès de "Halfaouine", un nouveau film tunisien "Bezness" est actuellement projeté au Maroc, au Dawliz. Beau-gosse, belle-gueule, séducteur, Roufa est un de ceux-là. Son arme, c'est le charme. Ses conquêtes, pas de distinction, hommes ou femmes, lui apportent de l'argent et surtout beaucoup d'illusions. Bercé par les mirages occidentaux, Roufa espère qu'un jour, là-bas vers le Nord, il finira par faire fortune et qu'une nouvelle vie s'ouvrira à lui. Projets qu'il remet toujours au lendemain.

Toutefois, le temps joue contre lui. Un "bezness" n'a pas le droit de vieillir. "On a besoin maintenant de sang jeune", scande la nouvelle génération sur son passage.

Aujourd'hui, Roufa doit faire un choix: partir ou fonder une famille en épousant la belle Khomsa, sa voisine, aux yeux expressifs soulignés de khôl.

Ces deux personnages, par leurs prestations, portent le film. Leur histoire est passionnante et leurs doutes troublants. Hélas, entre ces deux personnages, le réalisateur a voulu en ajouter un troisième: Fred, un photographe un peu paumé qu'on cherche à rendre énigmatique. Mais, il se révèle inintéressant et sans épaisseur.

Dans tous les cas, "bezness", étonnant, plein de charme et de sensualité, nous jette à la figure la réalité cruelle de la vie de tous les jours. La vie de ces jeunes qui s'agrippent à tout prix et se vendent, avec leurs tactiques qu'on finit par connaître, à ces passeports ou devises "blondes ou brunes", "grosses ou maigres", "vieilles ou jeunes".

Leur leitmotiv: "gagner n'importe quelle contrée du Nord pourvu qu'on quitte la sienne". Leur philosophie: "séduire, prendre du bon temps, mais être récompensé à la fin". Toutefois, "on est trop fauché pour être amoureux. Pas d'amour, pas de sentiment, un bezness n'a pas le droit d'être sensible". Poignant, dur, le film de Nouri Bouzid lève le voile sur la misère, la pauvreté, l'espoir et le désespoir. Face à ces "bezness", gronde la morale, la "Société" très bien interprétée notamment par un commissaire de police qui les surveille de très près.

M.O.

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