×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Cinéma: Décollera, décollera pas?

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Le cinéma marocain a montré ses limites. Réunions, séminaires, colloques l'ont épuisé de recommandations. Le Ministère de tutelle a annoncé lors d'une dernière journée d'étude(1) toute une série de mesures.


    Le secteur cinématogra-phique finira-t-il enfin par sortir de son bourbier? Son ministre de tutelle est en tout cas déterminé.
    Il a clôturé la journée d'étude sur le cinéma au Maroc, le 16 octobre, en annonçant une batterie de mesures. Objectif: remettre à niveau notre 7ème Art, bien fatigué.
    Aujourd'hui, la production nationale tente par tous les moyens de mettre sur le marché des films commercialement viables. De leur côté, les salles de cinéma s'offrent des cures de jouvence. Les pays industrialisés, eux, l'ont compris: le cinéma et l'audiovisuel en général sont devenus un enjeu mondial, le plus grand produit de consom-mation dans le monde.
    Pour faire démarrer la véritable machine, Moulay Driss Alaoui M'Daghri, ministre de la Communication, considère comme priorité l'encouragement du tournage de films étrangers au Maroc. "Nous disposons d'un véritable gisement qu'il faut exploiter au maximum et dont les retombées financières et d'expertise sont importantes", souligne-t-il.
    Une série de mesures institution-nelles et organisationnelles ont été prises pour donner un coup de fouet au secteur.
    La première concerne un projet de loi sur l'industrie cinématogra-phique, aujourd'hui bouclé. Ce texte vient remplacer les textes de 1940 sur le contrôle des films et celui de 1959 régissant l'industrie cinématographique.

    Les ressources


    Une recomposition de la commission du Fonds d'Aide à la production cinématographique s'est imposée. Désormais, elle comprend deux sous-commissions, une de lecture et de sélection et l'autre d'évaluation. Au coeur de cette nouvelle réorganisation: "l'indé-pendance totale"(2).
    Dès 1998, ce sont 35 millions de DH qui iront directement ou indirectement dans les caisses du cinéma marocain, a annoncé le ministre de la Communication.
    Ainsi, à partir de décembre prochain, le Fond d'Aide à la production cinématographique recevra une dotation de 5 millions de DH et partira donc sur un budget de 10 millions de DH.
    Par ailleurs, 5% de la publicité télévisée sera affectée à la production cinématographique, ce qui totalisera quelque 10 millions de DH au premier semestre 1998.
    Avec l'arrivée à terme, fin 1997, des périodes d'exonération de 5 ans pour une vingtaine de salles de cinéma, les taxes parafiscales draineront pour le Fonds d'Aide une recette d'environ 5 millions de DH. Par ailleurs, à travers l'accord de coproduction signé entre 2M et la Chambre des Producteurs, ce seront 5 autres millions de DH qui viendront soulager la production cinématographique marocaine.

    Selon le ministre, les deux chaînes de TV consacreront "un crédit au cinéma" sous forme de spots publicitaires pour un temps d'antenne de 5 millions de DH/an. Dernière mesure financière, une taxe mensuelle de 10 DH sur les programmes cryptés des chaînes privées diffusant au Maroc. Le Ministère table sur une recette d'environ 5 millions de DH.
    "Il faut drainer des capitaux sinon les cinéastes marocains resteront des artisans", a-t-il été souligné lors de l'atelier sur la production nationale et étrangère. Car tout compte fait, il n'y a pas de film sans argent.
    En plus de ces mesures, le décollage du secteur doit également se faire avec le public. Et pour le faire revenir devant les grand et petit écrans, il est tout d'abord nécessaire de lui proposer des films de proximité où il se reconnaît et se retrouve. Il faut donc tenir compte des goûts du public qui ont aujourd'hui inexorablement changé. Enfin, pour la promotion du produit "Made in Maroc" à l'étranger différentes propositions ont émergé dont celle de créer au niveau du CCM une cellule d'assistance pour la recherche de partenariat étranger, de profiter de la plate-forme de Soread Paris ou encore de participer aux importants festivals internationaux.
    L'ensemble de ces mesures sont qualifiées par les professionnels de positives, et le déclic devrait venir aussi d'autres mesures (voir recom-mandations des commissions).

    Meriem OUDGHIRI & Hanaa FOULANI

    (1) Journée organisée le 16 octobre dernier à l'initiative du Ministère de la Communication et du Centre Cinématographique Marocain.
    (2) Voir notre rubrique Managers pour la liste des membres de la nouvelle commission.


    A la recherche de la meilleure formule

    · Les recommandations


    Accord de coopération, site Internet, recommandations. Objectif: remettre à neuf l'environnement cinématographique.


    Ils ont enregistré les meilleures recettes au Box-Office. Ils sont trois et ils sont Marocains. "A la recherche du mari de ma femme", «l'Enfance Volée" et "Un amour à Casablanca". Le film de proximité a fait ses preuves. Le cinéma aujourd'hui ne fait plus chemin à part et a décidé de s'unir à sa "consoeur" la TV.
    La Chambre Marocaine des Producteurs et 2M viennent de signer un accord de coproduction pour développer une collaboration entre le cinéma et la TV et développer une production professionnelle locale. Un accord similaire est prochainement attendu avec la TVM.
    Avec un terrain nouvellement balisé, les professionnels du cinéma devront passer à la vitesse supérieure. Aujourd'hui, c'est un remède de cheval dont a besoin le secteur cinématographique. Depuis 1995, la situation a bien évolué, mais il reste encore quelques "petits coups de fouet" pour arriver aux standards internationaux.

    Lors de la journée d'étude, cinq commissions représentant les différentes branches du secteur ont été instituées. Parmi les recommandations émises par la commission de la production nationale et des tournages de films étrangers au Maroc, figurent notamment l'encouragement des tournages de films étrangers au Maroc, l'instauration d'un quota dans la distribution et l'exploitation au profit de la production nationale, sa détaxation à l'instar de la production étrangère. Les professionnels ont de plus préconisé la création de passerelles entre les deux productions et ce, en mettant sur pied "une réglementation cohérente donnant des opportunités d'intervention aux entreprises marocaines qui répondent à des critères professionnels et qui investissent dans le secteur". S'y ajoute l'établissement d'un cahier des charges que devront respecter les entreprises marocaines intervenant dans le secteur des productions étrangères, "pour garantir la participation d'un quota de techniciens et de comédiens marocains ainsi que des industries nationales du secteur".

    Si, en 1987, près de 32 millions de tickets ont été vendus, l'année 1996 a vu la dégringolade de ce chiffre à 16 millions, soit la moitié. Le parc cinématographique ne compte plus aujourd'hui que 184 salles contre 250 en 1987. Réunis dans la commission de la distribution et de l'exploitation, les professionnels ont notamment recommandé l'extension de l'application du taux minimum (2,5%) à l'importation de sièges destinés aux salles de cinéma avec exonération du PFI, l'élaboration d'un code de bonne conduite entre les intervenants de l'audiovisuel (cinéma, télévision et vidéo). Cela permettrait en effet à chacun de ces médias de coexister sans se nuire, voire coopérer ensemble. S'y ajoute la prorogation des délais d'exoné-ration des salles rénovées ou nouvellement créées respective-ment de 5 à 10 ans et de 10 à 15 ans, recommandation en cours d'étude.

    De son côté, la commission de la formation professionnelle et l'infrastructure a recommandé, entres autres, la création d'un institut supérieur de cinéma (le projet d'une formation idoine est en phase de réalisation), la nécessité d'affecter un nombre significatif de techniciens et de stagiaires marocains dans toutes les productions effectuées au Maroc, l'accueil de stagiaires par le CCM et les chaînes de radio et de télévision.
    Pour ce qui est de la relation du secteur avec la presse il a été recommandé une communication permanente et une redynamisation de la cellule de documentation du CCM afin d'alimenter les médias en informations. Les principales recommandations de la commission TV-cinéma sont allées dans le sens de la complémentarité et de la non-concurrence.

    Meriem OUDGHIRI & Hanaa FOULANI



    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc