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    Ciments Français: le retour de Bernard Laplace rassure au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:50 Le 22/10/1992 | Partager


    BERNARD Laplace a été récemment nommé Président Directeur Général des Ciments Français. Le groupe possède d'importants intérêts au Maroc, réalise un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de Dirhams, avec les Cimenteries d'Agadir, de Safi (en voie de fusion) des participations dans Asment (Temara), Asmar (Marrakech) le béton prêt à l'emploi, les matériaux de construction, l'ingénierie... Sa présence date de 1952.
    Bernard Laplace connaît le Maroc. Il a été Président des Ciments d'Agadir de 1977 à 1980. Sa nomination est favorablement accueillie au sein des filiales marocaines, où les stratégies industrielles et commerciales sont bien engagées. La fusion-absorption Cimenterie d'Agadir-Cimasfi devrait être entérinée par l'Assemblée Générale du 18 Novembre. L'optimisme règne sur un marché du ciment porteur.
    Bernard Laplace, jusque là Président d'honneur des Ciments Français, a été rappelé pour remplacer Pierre Conso. Il avait lui-même été Directeur Général et Président effectif du groupe.
    Pierre Conso a été démis de ses fonctions de Président et d'Administrateur suite aux «malversations» découvertes par un audit, commandé par Italcementi, leader du ciment italien, et désormais actionnaire majoritaire du groupe français.

    Italcementi avait acquis cette majorité, en début d'année, auprès de Paribas qui garde néanmoins 34% des parts. Auparavant, Paribas voulait «arrimer la banque à l'industrie». Puis Paribas a eu besoin d'argent frais et trouvait une occasion de réaliser des plus-values par la cession des titres des Ciments Français. Italcementi achète, sans auditer et paye en partie.
    Le reste devrait-être payé fin 92. Une clause de «garantie du passif» était convenue. Le prix de cession devait être réétudié si l'audit poste-acquisition révélait des anomalies, ou des «malversations». En définitive, et la presse française en a fait un large écho, il est reproché à Pierre Conso d'avoir conclu des opérations de portage, sans informer le Conseil d'Administration et sans les comptabiliser «Hors bilan». Un délit boursier d'autant plus grave que Pierre Conso était membre de la Commission des Opérations de Bourse. Il faisait acheter par des banques (ou des sociétés écran leur appartenant) des titres de société qu'il voulait contrôler. Sur le moment, les Ciments Français ne déboursaient rien. Mais à terme, ils devaient racheter ces actions, à prix convenu d'avance et régler des frais financiers du portage. Ce sont précisément ces frais financiers, arrivés à échéance qui ont attiré l'attention des auditeurs, sur des opérations comptabilisées nulle part. L'objectif de Pierre Conso n'était donc pas un enrichissement personnel, quoi qu'il s'identifiait un peu trop au groupe cimentier. Il manquait d'argent pour sa politique de croissance externe et ses acquisitions autour de la Méditerranée. Le chiffre d'affaires de 7 milliards de Francs en 1987 passe d'ailleurs à 16,5 milliards en 1991.
    L'homme était un financier avisé. Diplômé HEC dont il préside la fondation, il prodiguait à ses heures perdues quelques cours à Paris-Dauphine. Il a finalement été perdu par sa science et son ambition, la crise économique a fait le reste: si la reprise avait eu lieu et si la Bourse française s'était relevée, Pierre Conso aurait racheté les actions au prix prévu, mais en-dessous de leur cours. Aucune moins-value, aucun passif n'auraient été relevés. Sans objet de litige, l'affaire en serait peut-être resté là.
    Aujourd'hui, il y a 400 à 500 millions de FF à supporter par Paribas ou Italcementi.

    Khalid BELYAZID.

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