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Economie

Ces robots qui nous viennent de l’école
Par le Pr. Mohamed Berrada

Par L'Economiste | Edition N°:3333 Le 04/08/2010 | Partager

Bienvenue aux 136.000 bacheliers qui vont intégrer en septembre l’université, les grandes écoles et les instituts de formation professionnelle. Et pour une partie d’entre eux, ce sera la course au diplôme.Un long chemin que ce diplôme! Un parcours du combattant. Un diplôme que la famille attend avec impatience, supposé l’aider à sortir de la précarité, construire son avenir et lui donner un statut au sein de la société. L’étudiant y mettra le prix: faire de longs trajets pour assister aux cours magistraux et aux travaux dirigés, apprendre par cœur les cours retranscrits selon leur perception phonétique…Mais ce diplôme, une fois obtenu, est-il à la hauteur de ses espérances? Rien n’est moins certain. Car sur le terrain, le jeune diplômé rencontrera une réalité toute différente. Il constatera que la formation qui lui a été donnée ne correspond pas toujours aux besoins et aux exigences de la vie active. Alors il devra attendre, essayer de s’adapter, faire un métier qui ne lui plaît pas et auquel il n’a pas été formé. Il affrontera aussi des déceptions et des scènes tristes comme celles que nous voyons devant le Parlement. On pointera alors du doigt notre système d’éducation et de formation: il ne prend pas suffisamment en considération les besoins de l’économie!

Rien que du quantitatif
Le maître-mot est lâché: priorité à l’adéquation de notre système d’enseignement avec les besoins de notre économie! On doit former des ingénieurs pour notre programme Emergence, des comptables et des juristes pour nos fiduciaires, des managers pour nos entreprises, bref des robots programmés pour notre besoin de croissance… dont dépend notre bien-être. Des robots qui savent calculer et apporter des solutions aux problèmes selon des modèles préétablis qui ont fait leur preuve ailleurs. Rien que du quantitatif, du scientifique, du techno-économique, éléments qui caractérisent la civilisation occidentale actuelle, technicienne, industrielle, productiviste, consommationniste», et dans laquelle les seules valeurs sont d’ordre matériel et monétaire. Ainsi, nous pourrons tirer profit du phénomène de globalisation.Mais où est l’homme dans tout cela? L’éducation a-t-elle pour finalité de servir l’économie, ou l’épanouissement personnel de l’élève? Je reste inquiet. Une partie de nos étudiants ne savent ni parler, ni écrire, souvent ni l’arabe, ni le français. Tel un arbre, la cause est au niveau des racines. Il y a un éternel débat au niveau des priorités: la quantité ou la qualité? Alors que ces deux éléments sont les deux faces inséparables de la même pièce de monnaie. Priorité aux disciplines quantitatives qui préparent l’homme à la vie active. C’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Notre système d’enseignement n’est que le reflet de la civilisation actuelle, où l’homme n’est qu’un instrument de la croissance, et non pas le but de toute croissance.
La complexité du monde
Or nous devons apprendre à saisir la complexité du monde, de nos vies, de nos destins, de la relation individu-société-espèce, fondement de notre vie en société et de notre bien-être. Apprendre à affronter les incertitudes, à stimuler la compréhension entre les personnes, les peuples et les ethnies. Un enseignement de civilisation, où la philosophie, l’histoire, la littérature, la poésie, l’art puissent prendre une place significative. Car en définitive, les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne savent ni lire ni écrire, mais ceux qui ne savent pas «apprendre, désapprendre et réapprendre», c’est-à-dire comprendre la complexité du monde dans lequel nous vivons pour qu’ils puissent contribuer au progrès de l’humanité.

Connaissances parcellaires, ignorance globale
On recherche le bien-avoir, au lieu du bien-être et du bien-vivre. On parle de crise économique et financière, mais on ne voit pas la multiplicité des crises auxquelles elle est reliée. Nous sommes devant une véritable crise cognitive. Elle vient de cette tendance à la spécialisation, d’une vision parcellaire de toute chose, qui a fait perdre l’aptitude à contextualiser l’information et à l’intégrer dans un ensemble qui lui donne sens. Le morcellement et la compartimentation de la connaissance en des disciplines non communicantes rendent inaptes à percevoir et à concevoir les problèmes fondamentaux et globaux. Au sein de nos universités, il n’y a pas de «reliance» entre les facultés, favorisant l’échange de connaissances. Les enseignants ne se connaissent pas et ne communiquent donc pas entre eux. Il en est ainsi des matières enseignées. Dichotomie oblige. Nous devons briser cette compartimentation! Apprendre à nos élèves et à nos étudiants à relier les connaissances entre elles, relier les parties au tout, et le tout aux parties, car un mode de connaissance parcellaire produit des ignorances globales.
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