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Affaires

Centrale électrique de Laâyoune
Ciments du Maroc met un pied à «Kyoto»
Entretien avec Mohamed Chaïbi, PDG de Ciments du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:2402 Le 16/11/2006 | Partager

Le groupe Ciments du Maroc, à l’instar d’autres cimentiers, se met à la production de l’énergie propre (cf. www.leconomiste.com) et s’engage dans le protocole de Kyoto. Le cimentier annonce à cet effet la mise en place d’une unité d’autoproduction d’électricité éolienne à Laâyoune de 10 mégawatts, extensible jusqu’aux limites autorisées par la réglementation applicable. Il vient aussi de signer une convention avec l’ONE pour le transport de l’excèdent d’électricité qu’il compte produire dans sa nouvelle unité. . L’Economiste: Ciment du Maroc se met à l’autoproduction de l’électricité éolienne, pourquoi ce choix?- Mohamed Chaïbi: L’industrie du ciment a, de tout temps, été grande consommatrice d’énergie électrique. Celle-ci représente, pour nous, le premier facteur de coût. Nous nous y attaquons donc, en essayant de produire un kWh moins cher.Un choix qui ne peut que s’orienter vers des solutions cohérentes avec les modèles de développement durable. Italcementi Group, société mère de Ciments du Maroc, a formellement signé les déclarations d’engagement dans le cadre des initiatives lancées par l’Agenda for Action du World Business Council for Sustainable Development (WBCSD).  Ceci dit, dans l’absolu, le kWh éolien n’est pas le meilleur marché, par exemple la production au charbon à Jorf Lasfar ou la production hydraulique des barrages est moins chère.Dans nos évaluations nous avons néanmoins considéré que le choix de l’éolien s’inscrit dans le cadre des mécanismes vertueux prévus dans le Protocole de Kyoto.. Et qu’est-ce que cela représente?- Depuis longtemps Italcementi Group s’est structuré pour mieux répondre aux engagements en faveur de la réduction de l’impact environnemental des activités industrielles. Le Groupe a aussi entamé, conformément aux principes du protocole de Kyoto, des études pour l’installation des centrales éoliennes pour la production d’énergie destinée principalement à ses propres usines. Le projet présenté au Maroc représente seulement la première concrétisation de ces engagements. Mais des projets similaires sont à l’étude même dans d’autres pays où le Groupe est implanté. Cet engagement – certainement fondamental pour l’ensemble du groupe mais en même temps économiquement important – sera toutefois soutenu par les Mécanismes de Développement Propre dans le cadre du protocole sur les émissions de CO2.Nous pouvons ainsi capitaliser cet investissement dans le cadre de notre politique de groupe. Nous comptons d’ailleurs déposer un dossier à la commission nationale pour faire valider et reconnaître nos droits.. Pourquoi la ville de Laâyoune?- Notre centrale sera basée à Laâyoune. Pour nous c’est un investissement optimum d’une part, parce que l’essentiel de nos usines est basé dans le Sud, à Agadir, Marrakech et Safi. Et d’autre part, parce que notre unité de broyage de Laâyoune est très importante. C’est le plus gros investissement étranger dans la région et nous y disposons de terrain. Ceci nous donnera aussi l’avantage d’avoir la possibilité d’assurer la surveillance, la maintenance.En plus, la programmation des investissements industriels dans cette zone ne peut que contribuer à son développement, dans la ligne droite des attentes et le plan économique de croissance du gouvernement. L’ONE a aussi besoin de puissance dans le Sud pour rééquilibrer le réseau. Tout le monde y trouve son compte donc. D’autant que l’ONE vient de faire une nouvelle offre aux industriels. Celle de transporter l’excèdent de production d’un site à un autre ou de le lui revendre à un prix plus avantageux (voir encadré). . Le Premier ministre a annoncé lors de la journée nationale de l’Energie l’augmentation du seuil d’autoproduction à 50 MW…- Nous sommes tous désireux d’aller au-delà des 10 MW (ndlr:la limite permise actuellement) dès que la loi sur la limite supérieure de production propre le permettra. Le gouvernement l’a annoncé et nous l’attendons avec confiance. La convention que nous venons de signer avec l’ONE porte sur une capacité de 40 MW. Nous allons démarrer avec 10 MW et nous augmenterons progressivement notre capacité.. Quelles sont les prochaines étapes?- Nous allons lancer un appel d’offres auprès des grands constructeurs par une entreprise locale associée à Italgen qui est la filiale d’Italcementi chargée du développement du Groupe dans le secteur de l’énergie éolienne au niveau mondial. Cette filiale marocaine se chargera de la production pour notre compte, dans une formule de B.O.T (Build Operate Transfer). Une production concessionnelle en fait. C’est Italmaroc, donc qui investira les fonds nécessaires. Les coûts sont d’à peu près 1 million d’euros par kW (11 millions de DH) sans compter la logistique d’acheminement des mâts et des convois pour le matériel. Cela s’entend hors foncier. Il existe actuellement une forte demande de l’éolien dans le monde, ce qui risque de retarder quelque peu les livraisons de matériel. Nous espérons quand même commencer la production avant fin 2007.. L’industrie du ciment connaît depuis quelques années une embellie certaine. Comment voyez-vous l’avenir du secteur?- L’embellie dont vous parlez est relativement récente. Le secteur est très cyclique et la courbe n’est pas toujours ascendante. Il ne faut pas oublier que l’activité a connu une période relativement morose. Aujourd’hui, le marché reprend avec les chantiers en cours, surtout du logement social. Cette reprise repose aussi sur la dynamique créée par les cimentiers eux-mêmes. Pour chaque tonne de ciment, 100 DH sont prélevés pour alimenter le Fonds d’habitat social, qui participe activement au programme de réhabilitation des bidonvilles, finance des fonds de garanties pour le logement social, etc. Sachant que le logement constitue 80% de la demande, les travaux d’infrastructures et le non-résidentiel se partagent le reste.Nous avons connu, depuis 2002, une croissance de 30%, les logements ont doublé sur la période. Le trend va se maintenir pendant encore 5 ans. Au-delà, nous connaîtrons certainement un fléchissement ou une stagnation.Par ailleurs, beaucoup d’investissements sont en cours. Un programme de 10 milliards de DH a été annoncé et les opérateurs ne chôment pas. Nous pouvons envisager l’export de l’excédent de production à l’horizon 2009-2010.


Où va l’excédent?

LA nouvelle offre de service de l’ONE assure le transit sur le réseau national électrique haute tension de toute énergie, produite à partir d’énergies renouvelables, des points de production vers les points de consommation. En clair, les autoproducteurs pourront transférer l’excèdent de leur production d’un site à un autre de leur groupe, alors qu’ils n’avaient d’autres choix que de le céder à l’ONE. Le service est basé sur le principe du timbre-poste, une offre préférentielle est même mise en place jusqu’en 2011 proposant les tarifs de transit à 6 centimes (HT) le kWh. Au-delà de cette échéance, le prix augmentera de 2 centimes (HT). L’Office se propose, par ailleurs, de racheter l’excédent non consommé à plus de 20% des conditions commerciales actuellement en vigueur.Propos recueillis par Amine BOUSHABA

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