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Economie

Casablanca/Session
Les élus réclament la tête de Lydec

Par L'Economiste | Edition N°:3432 Le 27/12/2010 | Partager

. «Le minaret est tombé, il faut pendre le coiffeur» ! . Le débat sur les inondations reprend ce lundi. Le plan d’aménagement de Hay Hassani passé presque sous silence TUMULTUEUSE, houleuse. C’est le moins que l’on puisse dire de la session extraordinaire du conseil de la ville de Casablanca qui s’est tenue vendredi dernier au siège de la wilaya. En somme, c’était l’anarchie et la désorganisation totale lors de cette session dont on attendait beaucoup. Et pour cause, les élus des Casablancais devaient débattre des inondations qui ont paralysé la métropole le 30 novembre dernier et de leurs conséquences. En fait, ce point a été «greffé» à l’ordre du jour initial qui n’en comportait qu’un seul: la présentation du plan d’aménagement de Hay Hassani.Entamés à 11h du matin, alors qu’ils devaient commencer à partir de 9h30, les travaux de cette session extraordinaire se sont transformés en véritable procès du gestionnaire de l’assainissement liquide, Lydec, et de son «protecteur» le président du conseil de la ville, Mohamed Sajid. Décidément, la fin de l’année 2010 n’aura pas été de tout repos pour le président Sajid, décrié même par la faible majorité qui lui a permis de rempiler pour un second mandat à la tête du Conseil de la ville. Accrochages, bagarres verbales et une infinité de points d’ordre ont entaché les travaux de cette session dont les Casablancais attendaient beaucoup et qui s’étaient poursuivis au-delà de minuit. Visiblement las, fatigué, Mohamed Sajid a, quand même, en vieux routier de la politique, réussi à tenir tête aux élus des différents partis politiques, même de sa majorité, qui l’attendaient de pied ferme pour qu’il s’explique sur l’ampleur des dégâts causés par les inondations et les responsabilités de chaque partie ainsi que les mesures à prendre dans l’immédiat et aussi pour le futur. Toutefois, les élus étaient surpris de découvrir deux points à l’ordre du jour: l’étude du plan d’aménagement de Hay Hassani en premier lieu et les mesures à prendre suite aux dernières pluies exceptionnelles qu’a connues la métropole, en second lieu. «Bien qu’il soit un sujet aussi important que celui des inondations, le débat autour du plan d’aménagement de Hay Hassani devrait être abordé dans une session ultérieure, puisque le problème des inondations est un point plus prioritaire», a indiqué un élu du PAM. Selon un autre élu, Sajid aurait inscrit le débat sur les inondations en second point pour gagner du temps sachant que la présentation du plan d’aménagement de Hay Hassani et les commentaires qu’il allait susciter vont accaparer l’essentiel de cette session. Pourquoi? «La raison est simple, les élus veulent entendre le patron de Lydec alors que celui-ci est en France pour les fêtes de fin d’année», dira un élu. Mais alors pourquoi avoir programmé cette session la veille des fêtes de Noël? Pernicieux, un autre élu dira que «Sajid pensait certainement que nous allions discuter de ce point en l’absence de Lydec. Or, nous tenons à entendre les explications de la direction du délégataire». Ils ont apparemment obtenu gain de cause puisque les débats sur ce point ont été reportés à aujourd’hui, lundi. Sajid perd ainsi la première manche face à ses pairs du conseil de la ville. Autre sujet d’accrochage entre le président du conseil de la ville et les élus, le fameux rapport du service permanent de contrôle (SPC). «Ce rapport est jalousement gardé secret par Mohamed Sajid qui ne veut en aucun cas en dévoiler le contenu aux élus», indique un membre du bureau du conseil de la ville. Le rapport en question serait accablant pour le délégataire «protégé» par Sajid. Une source, qui a eu vent de ce rapport et «a pu y jeter un coup d’œil», a indiqué à L’Economiste que «le SPC a fait son travail comme il se doit et a clairement établi que Lydec a failli à ses responsabilités». En effet, souligne notre source, «le gestionnaire délégué, en l’occurrence Lydec, n’a pas déclenché l’alerte à temps. Ses services ont attendu longtemps avant de le faire, alors que l’alerte aurait due normalement être déclenchée dès que la moyenne des précipitations a dépassé 40 mm». Le rapport du SPC aurait également relevé que l’alerte n’a été donnée qu’au-delà de 80 mm et que les hydrocureuses censées être stationnées non loin des points noirs, pourtant connus du délégataire, n’étaient pas à leur place. Au moment où l’on avait décidé de les diriger vers les points où les eaux commençaient à prendre en volume, il était déjà trop tard car elles ont été bloquées elles aussi dans la circulation et les avenues déjà inondées. Ajoutez à cela le fait qu’elles n’auraient pas, selon le rapport du SPC, servi à grand-chose car devenues délabrées. Elles ont, en effet, quelque 25 ans alors que leur durée de vie est limitée à 15. A noter que Casablanca dispose d’une quinzaine de ces engins dont 12 appartenaient à l’ex-RAD. Lydec n’aurait investi que dans l’acquisition de trois hydrocureuses neuves. «Dans le cahier des charges, le délégataire devait investir dans l’achat de nouvelles hydrocureuses pour remplacer celles qui existaient devenues défaillantes. Il ne l’a pas fait», ajoute un élu de la majorité de Sajid. Finalement, la responsabilité de Lydec est-elle réellement engagée dans les conséquences des inondations de fin novembre? N’en déplaise aux élus des Casablancais, la leur l’est également. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège du minaret et du coiffeur. Ce bel adage bien de chez-nous, «le minaret est tombé, il faut pendre le coiffeur», illustre parfaitement l’état d’esprit qui prévaut dans nos conseils.L’autre point qui était inscrit à l’ordre du jour de cette session extraordinaire du conseil de la ville a concerné la présentation du plan d’aménagement de Hay Hassani. De nombreux élus se sont élevés contre ce point. «L’on ne comprend pas pourquoi l’on nous convoque à une session extraordinaire du conseil pour nous présenter un projet déjà validé par les autorités compétentes», s’est interrogé un élu dans le cadre d’un point d’ordre (il y en a eu beaucoup lors de cette session). Une présentation formelle, certes, mais qui n’a pas manqué non plus de provoquer des débats houleux au sein du conseil. «C’est une perte de temps que de discuter de ce plan qui nous a été imposé», dira cet élu de l’opposition. Un autre dira à L’Economiste que «l’essentiel serait de discuter des mesures d’accompagnement de ce plan, car les jeux sont déjà faits et le plan ne servira que les intérêts des propriétaires terriens installés dans la limite du périmètre urbain de Casablanca du côté de Dar Bouazza». Un autre s’est interrogé sur «l’opportunité de discuter maintenant de ce plan déjà validé en dehors du consensus des élus». Avant d’ajouter: «pourquoi sortir seulement ce plan parmi les 16 du tout Casablanca?». «Parce que la CDG a fait pression sur les autorités compétentes en vue d’entamer les travaux de son grand projet de Casa Fiances City», ironise un autre. En tout état de cause, la session de vendredi dernier a été riche en enseignements. D’abord, nos élus s’attachent aux détails au détriment de l’essentiel et du plus important: comment faire face aux maux de Casablanca. Ensuite, le recours aux «points d’ordre» tout simplement pour prendre la parole et évoquer des sujets sans relation avec l’ordre du jour. Et enfin, ils ont fait montre d’un manque de cohésion entre, d’une part, le président du conseil de la ville et sa majorité et, d’autre part, entre les membres mêmes de l’opposition. Alors, bonjour les dégâts. Pas ceux, bien entendu, qui seraient éventuellement provoqués par d’autres inondations.


Sit-in

ALORS que le conseil de la ville tenait sa session extraordinaire, des habitants de bidonvilles submergés par les eaux le 30 novembre dernier manifestaient devant le siège de la wilaya. Ils n’étaient, d’ailleurs, pas les seuls. Des dizaines de personnes habitant des bidonvilles de la préfecture d’Aïn Sbâa-Hay Mohammadi, observaient un sit-in. Ils sont venus, disent-ils, protester contre les critères d’attribution des logements estimant que «l’opération de recensement des bidonvillois a été entachée de nombreuses irrégularités…».Jamal Eddine HERRADI

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