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Casablanca/Abattage clandestin: Les autorités font le ménage

Par L'Economiste | Edition N°:3370 Le 27/09/2010 | Partager

. La PJ en charge de la lutte contre le phénomène. La ville et sa brigade de contrôle mises à l’écart . Les chevillards se frottent les mainsNouveau tournant dans la lutte contre l’abattage clandestin. «Désormais, c’est le wali qui prend personnellement les choses en main. Nous sommes rassurés cette fois-ci. Mohammed Halab, le wali du Grand Casablanca, a réuni toutes les parties autour d’une même table et a donné des ordres clairs et directs afin de lutter sans merci contre le marché noir de la viande rouge», indique Mohamed Dahbi, coordinateur régional de l’Ugep (Union générale des entreprises et des professions). C’est la police judiciaire qui a dorénavant la mission de traquer les professionnels de l’abattage clandestin en milieu urbain. Dans les douars et souks aux alentours de Casablanca, c’est la gendarmerie royale qui est en charge de cette mission. Cette redistribution des responsabilités relègue la mairie et ses efforts boiteux en la matière au second plan. «Nous avons noyé de lettres la présidence de la ville, mais sans réponse. Les quelques rencontres avec le maire, les cadres de la ville sous l’égide du gouverneur de Moulay Rachid n’ont pas eu l’impact voulu», souligne un chevillard. «Nous avons demandé, lors d’une réunion depuis déjà quelques années, au maire d’assumer ses responsabilités et de promulguer un arrêté ordonnant la fermeture des lieux de l’abattage clandestin en vertu de ses prérogatives de police administrative», indique un membre du syndicat des chevillards. La mairie se refusant d’agir, c’est la wilaya qui s’en charge, désormais, pour protéger la santé publique. Faut-il le rappeler, une brigade communale de contrôle a toujours existé, mais elle tourne au ralenti. «Une brigade où siègent un seul agent de police, des représentants de la ville et du département de l’Agriculture, un vétérinaire et un professionnel de l’abattage, ne peut faire grand-chose», indique Dahbi. Les professionnels de l’abattage clandestin contournent facilement les contrôles. La brigade se livre à ses tournées le jour. Alors que les lieux parallèles d’abattage s’activent la nuit. Les chevillards reviennent à la charge et exigent également une brigade de nuit. Chose faite. Mais pas de continuité et surtout des interventions par à-coups. Pour avoir une idée sur l’ampleur du phénomène, il faut savoir qu’en 2008, les abattoirs ont produit juste 24.000 tonnes. Alors que les grandes surfaces, par exemple, ont vendu 38.000 tonnes la même année. C’est parce que les abattoirs s’approvisionnent auprès d’autres en dehors de Casablanca, explique-t-on. Les estimations, tout compte fait, font état de 100.000 tonnes de viande vendues sur le marché casablancais annuellement!Tout cela ne sera plus qu’un souvenir. Le wali a décidé de frapper fort. Ce sont des «bataillons» de forces de l’ordre qui seront dépêchés dans les quartiers, connus d’ailleurs de tout le monde (autorités, élus, citoyens), où les abattoirs parallèles sont florissants. Résultats probants. En l’espace de quelques jours, cinq interventions des «troupes» de la PJ ont donné lieu à 5 saisies. Il n’y a pas eu d’intervention sans saisie. Ce qui en dit long sur l’ampleur d’un fléau qui progresse au galop. Les cinq saisies ont cumulé trois tonnes de viande impropre à la consommation en plus de cinq bœufs, sept moutons destinés à être abattus et écoulés sur le marché noir. La moitié des saisies (1,5 tonne) a été effectuée à l’intérieur de trois maisons sises à Derb Ghallef (préfecture d’Anfa), réputé pour être le quartier général des boucheries clandestines. Les autres ont eu lieu à Derb Soltane, Hay Hassani et Sidi Moumen. Les interventions des forces de l’ordre ne sont pas de tout repos. C’est une vraie opération antigang. «Il a fallu six heures, de 15 heures à 21 heures, pour neutraliser les bouchers qui s’étaient organisés en véritables escouades avec leurs systèmes de défense», indique un agent de police. Opération réussie puisque elle a débouché sur l’arrestation de 15 personnes. La lutte contre l’abattage clandestin est devenue une affaire de l’autorité locale (wali) qui a mobilisé les forces de l’ordre nécessaires, notamment la police judiciaire. «Il n’est même pas fait appel aux arrondissements urbains de sécurité implantés dans les quartiers», constate un fonctionnaire. La lutte est dorénavant inscrite dans l’agenda du premier responsable de la ville. «Nous sommes convaincus que l’action du wali s’inscrit dans la continuité et dans la mise en place des moyens nécessaires à cette guerre contre le marché noir de la viande rouge», affirme Dahbi. Dans le passé, la machine de contrôle ne démarrait que lorsqu’il y a pression au sein des abattoirs à cause de la stagnation de la production et des ventes. «Dorénavant, c’est la santé du citoyen qui est le souci majeur», dit-on auprès de la wilaya. Reste à savoir qui saurait être persévérant, les autorités ou les lobbys de l’abattage parallèle. En 2008, le rapport de la Cour des comptes fait état de l’absence de contrôle et de suivi de la mairie sur les abattoirs. Les juges ont interrogé le maire sur ce sujet. Il avait alors promis de remédier à la situation. Dernièrement, un nouveau cadre a été chargé de cette mission. «Ce qu’il faut, ce n’est pas uniquement un suivi administratif, mais également un suivi technique. Chose qui ne peut être assurée que par un spécialiste en la matière», estiment les chevillards.


Le Turc manque à ses engagements

Le cahier des charges est bafoué. Le gestionnaire turc des abattoirs n’a tout simplement pas rempli sa part la plus élémentaire du contrat. Le concessionnaire n’a pas encore déposé les garanties auxquelles il est tenu et qui s’élèvent à 15 millions de DH. Les deux salles, une salle de vente et une autre pour abats, ne sont toujours pas construites. Pourtant, le cahier des charges impose leur construction avant la fin de la deuxième année d’exploitation. Et puisque les Turcs ont démarré en mai 2008, les salles devaient être opérationnelles avant mai 2010. Mais, il n’en est rien.


Abattoirs non agréés

Cela fait 8 ans que les nouveaux abattoirs sont entrés en phase d’exploitation (2002). Des abattoirs annoncés en grande pompe et dont il a été dit dans le temps qu’ils sont aux standards les plus rigoureux. Valeur aujourd’hui, le département de l’Agriculture refuse d’octroyer aux abattoirs de Casablanca l’agrément qui atteste leur conformité aux critères du ministère du point de vue des équipements, de l’organisation et du fonctionnement. «Comment donner un agrément à des abattoirs qui n’arrivent même pas à se gérer en fonction du cahier des charges?», s’interroge un chevillard. Faut-il le rappeler, les abattoirs ont coûté aux contribuables casablancais 750 millions de DH en plus de 50 autres millions de DH comme service de la dette à payer pendant 25 ans.


Monopole des chevillards

Le transport de viande est monopolisé par une association et une coopérative. Aucun autre opérateur ne peut percer dans ce secteur fortement protégé «par les deux transporteurs et par leurs complices dans l’administration communale», confie un syndicaliste.Le ministère de tutelle a certes délivré des licences de transport de viande à des entreprises privées dotées de véhicules bien équipés. Mais elles ne peuvent entrer dans les abattoirs de Casablanca. La mairie dresse un obstacle: c’est le permis d’accessibilité que seuls les services de la ville sont aptes à donner. Etant une chasse gradée, l’activité du transport de viande reste un monopole bien défendu dans une région qui dit encourager l’entreprise privée.Ali JAFRY

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