×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Caricaturiste: «La censure rend plus performant»

Par L'Economiste | Edition N°:1626 Le 20/10/2003 | Partager

. Le dessin de presse prolonge l'information sous un aspect cocasse. Au Maroc, la formation fait toujours défaut Qu'ils s'appellent Plantu, Nono, Hic, Bakhti, Belaïd ou Rik, les caricaturistes se ressemblent. Ils ont tous le même trait pourfendeur au bout du crayon. La même ingéniosité à contourner la gravité des politiques. Une lucidité qui dérange et dénonce les folies du monde, sans trop se soucier des “lignes rouges”. Par le dessin, ils prolongent l'événement sous un aspect cocasse au-delà de sa signification factuelle. Vendredi et samedi dernier à Rabat, dans une ambiance bon enfant au lycée Descartes, avec un brin de sérieux à l'ISIC et à l'Institut français, le débat sur le dessin de presse a été fascinant. Pour Jean plantureux, alias Plantu, son métier consiste à “faire quelque chose de drôle sur des sujets pas très rigolos”. Hic, caricaturiste au journal Le Matin (Alger), est un ingénieur en urbanisme qui, après avoir chômé, “se fait depuis quatre ans payer tout en exerçant sa passion”. Pour lui, le dessin de presse est une manière de dédramatiser le monde. Quant à Nono, il exécute ses humeurs à 200 kilomètres de la rédaction du journal Ouest-France. Et le fait qu'il soit aussi professeur de philo n'enlève rien à son humour. Mieux, il réfléchit à donner à ses étudiants un cours de philo caricaturé. “Le dessin de presse est un regard, une interprétation subjective de l'événement et une manière de respirer la réalité et de la transmettre au lecteur”, dit-il. . Baromètre de la démocratiePour sa part, Rik, qui illustre les pages de L'Economiste, a aussi “galéré pendant quatre ans” avant de renouer avec ce qu'il a toujours aimé faire. La mission de ce gourmant de BD est de “ressortir les aspects humoristiques d'un sujet sérieux”. Pas très évident dans un journal qui traite principalement de sujets économiques. Considérée comme le baromètre de la démocratie, selon l'expression des participants au débat, la caricature souffre de multiples entraves politico-économiques et d'autres plus en rapport avec la mentalité qui règne dans la société. “Même dans un journal comme Le Monde, la censure est présente”, dira Plantu. Elle se cache derrière les convenances que certains événements graves exigent. “La mort du président Mitterrand ou de la princesse Diana ne tolérait pas la moindre diatribe”, a ajouté le caricaturiste français. Il reviendra après coup pour nuancer et présenter les deux événements sous un aspect plus critique. Pour les caricaturistes marocains et l'Algérien Hic, “la censure rend plus performant dans la mesure où elle apprend au dessinateur à mieux slalomer entre les digues du sacré et de l'intouchable”. Au Maroc, le statut de journaliste-caricaturiste a été tout récemment reconnu. Depuis trois ans, le dessinateur de presse peut bénéficier d'une carte professionnelle. Seulement, la formation fait toujours défaut, vouant le caricaturiste à puiser dans son propre talent et sa curiosité…pour évoluer. Mostafa BENTAK

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc