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Enquête

Capital humain: Bien des progrès à faire

Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

La «rencontre scientifique annuelle» de Ribat El Fath cette année a mis le doigt sur un problème qui fait mal: le Maroc maîtrise mal les questions des ressources humaines.


Chaque année, fin novembre, l'Association Ribat El Fath propose à ses membres et sympathisants une rencontre scientifique. Elle se situe toujours un pas en avance sur les thèmes qu'affronte la société marocaine. Ribat El Fath posait cette année la question du «capital humain» les 26, 27 et 28 novembre 1997 à Rabat. Ce faisant, elle a mis le doigt sur une zone douloureuse, car la maîtrise des questions de gestion des ressources humaines est à un niveau bas.
«Nous sommes partis dans les galaxies pour atterrir dans les mosquées», taquine le Pr Alami-Machichi, ancien ministre de la Justice, lors d'un des ateliers de la rencontre. Mi-plaisanterie, mi-regret, sa remarque dit: pas assez de travaux opérationnels, trop de voeux pieux, maîtrise imparfaite des déclinaisons du sujet. Pouvoir faire apparaître ces manquements a été l'un des intérêts majeurs de la manifestation: il y a un effort très important à fournir pour que le Maroc tienne la distance et passe effectivement du voeu pieux à la gestion moderne du «capital humain».

Le décor avait pourtant été planté par le président de l'Association, M. Brahim Frej, Chambellan de SM le Roi, grâce au paradoxe que vit le Maroc. Il y a d'un côté une croissance démographique qui dépasse les capacités d'emplois, mais qu'il faudra prendre en compte et, de l'autre, un vieillissement de la population, qui doit être intégré dans les systèmes sociaux. Situation déjà compliquée qui met le pays sous forte contrainte, alors que l'investissement dans les formations est déjà très élevé, 40%, mais mal adaptée à une troisième contrainte, la productivité. «Le niveau de l'analphabétisme, renchérit M. Chérif, ministre de l'Habitat, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, rend difficile l'accompagnement de l'évolution technique». M. Othman Benjelloun, président de la BMCE (qui a sponsorisé la manifestation), comptant parmi la poignée d'hommes d'affaires marocains les plus internationalisés, voudrait voir inclure dans les bilans économiques nationaux un volet ressources humaines.
Bien peu d'indicateurs, souligne le représentant du PNUD, incluent des critères performants de niveau de vie réel. Il note spécialement que les réseaux de solidarité traditionnelle n'apparaissent nulle part en dépit de leur efficacité dans la lutte contre la pauvreté. La Banque Mondiale indique que les effets de la croissance ne sont ni linéaires, ni obligatoires sur le développement du capital humain. Inversement, souligne-t-il, le développement des ressources humaines, l'accroissement de l'éducation, ne va pas automatique-ment générer de la croissance. Voilà qui décevra sans doute des espoirs au Maroc.

Ce n'est pas la Banque Mon-diale, mais le FMI qui défend l'idée selon laquelle une trop grande protection des travailleurs crée du chômage.
Peu d'orateurs, sauf M. Fawzi Britel, expert-comptable et une des chevilles ouvrières de Ribat El Fath, s'attardent sur la recherche d'une approche chiffrée et normative des ressources humaines. Pourtant, ce sont ces instruments qui font réellement décoller la gestion du capital humain. Apparemment, le Maroc n'est qu'au seuil d'une gestion efficace.

MM. Hassan Benabderazeq, fondateur de l'entreprise Agro-Concept et membre du G14, et Saâd Bendidi, responsable du Pôle Banque d'Affaires à la BMCE et lui aussi membre du G14, adoptent une attitude très libérale sur le marché du travail. Ils soulignent que le capital humain est comme le capital-argent, il progresse en accumulant, y compris d'une génération sur l'autre. Ils soulignent ainsi le côté progressif de la formation, mais aussi du développement général du pays sur le comportement des hommes. M. Driss Benhima, ministre de l'Energie, des Mines, du Transport et du Tourisme et directeur général de l'ONE, lui aussi membre du G14, propose de donner un sens nouveau à la flexibilité. Remarquant qu'il est difficile de licencier dans une société où les solidarités sont fortes, il demande à aller vers une «autre forme de flexibilité» qui permette, entre autres, de reconvertir.
L'ensemble de ces remarques montrent que l'intérêt pour le «capital humain» est là, mais qu'il manque encore des instruments concrets et cohérents de gestion.

Nadia SALAH

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