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    Economie

    Bourse de la sous-traitance: premiers pas dans l'autonomie

    Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

    La Bourse Nationale de Sous-Traitance et de Partenariat a acquis son autonomie il y a trois mois. Cela devrait lui permettre de développer ses activités.

    La Bourse des sous-traitants est autonome depuis le 10 mars dernier. Créée en 1989, après le projet d'un marché arabe de la sous-traitance, et sous l'impulsion du PNUD, la BNSTP (Bourse Nationale de la Sous-Traitance et du Partenariat) dépendait jusqu'à il y a trois mois de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Casablanca. Comme ses consoeurs algériennes et tunisiennes, elle souffrait de la lourdeur administrative.

    En trois ans d'existence, ce sont 145 entreprises qui ont été visitées et dont on a recensé les installations. La bourse s'occupe donc de mettre en rapport les entreprises qui offrent leurs services de sous-traitance à d'autres entreprises que l'on appelle les "donneurs d'ordre". L'entreprise qui offre, propose ses capacités de production inutilisées, ou un savoir-faire industriel qu'elle détient ou pour lequel elle pourrait réaliser un investissement. Le donneur d'ordre, étranger ou national recherche des sous-traitants capables, par exemple, de produire des pièces pour lesquelles il ne serait pas rentable pour lui de réaliser un investissement. L'autonomie de la bourse devrait donc lui permettre de se développer rapidement. Ce sont quelques 1.200 manufactures qui sont visées, principalement dans le secteur des IMME. Mr Benmoussa, directeur de la bourse, nous déclare que d'ici 1995, "il faudra que 600 entreprises adhérent au projet". Elles consulteront la bourse régulièrement, et informeront constamment de leurs capacités libres. C'est la bourse d'heures ou "traitement des disponibilités". De son côté, la bourse assiste, déjà, plusieurs entreprises pour une analyse rationnelle de leurs besoins en sous-traitance. Elle a également mis en contact des donneurs d'ordre étrangers avec des sociétés nationales qui réalisent des produits industriels, certains nécessitant une technologie avancée. Maroc-Aviation produit des faisceaux électriques pour Airbus-Industrie, le consortium aéronautique européen. Ici, c'est une opération de sous-traitance et de partenariat qui a été conclue, puisque l'Aérospatiale est actionnaire de Maroc-Aviation. La société française Fouret-Laguarde est partenaire dans un projet de maintenance de vannes électriques. Une importante société européenne fait produire des cabines de pilotage industriel, une autre des meubles de contrôle. On réalise même des opérations de grattage qui exigent une main d'oeuvre qualifiée, opérations au demeurant très coûteuses en Europe.

    Sous-traitance de proximité

    Toutes ces activités "boursières" se sont développées dans le monde ces 20 dernières années et l'on recense aujourd'hui près de 250 bourses de sous-traitance. La première, à avoir vu le jour est celle de Nancy, dont le directeur actuel est l'un des deux experts de la bourse marocaine. L'autre, étant Mr Cuny, maître incontesté des BST, Monsieur " Bourse de la sous-traitance". Devant les impératifs de concurrence, et pour la recherche de coûts de facteurs moindres, bon nombre de multinationales avaient opté pour la délocalisation d'une partie de leurs activités: c'est ce qu'on appelle la sous-traitance de proximité. La même idée sous-tend toutes les bourses, que ce soit au niveau régional (les 5 bourses des pays arabes: Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, et Jordanie) ou au niveau national: la proximité géographique. Une entreprise de Casablanca s'adressera à un sous-traitant situé dans sa région plutôt qu'elle ne le ferait pour un autre situé à Oujda, par exemple. Les européens s'associent, ou commandent plus aisément des travaux à des sociétés maghrébines. En avril dernier, en assistant au Samest, le salon maghrébin de la sous-traitance, c'est prés de 80 contacts qui ont été pris avec les visiteurs et les exposants. Sur les 365 que comptaient le salon, plus de la moitié étaient étrangers. Ce salon, itinérant, a donc connu un vif succès pour sa première édition. De leur côté les industriels marocains ont rencontré plus de 150 professionnels qui pourront être intéressés par leurs capacités de production.

    2.700 exposants au Midest

    Si après trois mois d'activité autonome, la bourse a visité 25 entreprises pour l'évaluation de leurs potentialités, il faudra attendre la conclusion de deux événements pour voir le véritable démarrage de cette association à but non lucratif qui relève du ministère du commerce et de l'industrie. Le premier est pour le 10 juin: c'est la tenue du conseil d'administration présidé par le secrétaire général du ministère, Mr Mossadeq. On saura alors quelles orientations nouvelles auront été choisies pour développer ce puissant outil qu'est la bourse pour le renforcement de notre tissu industriel. Mr Benmoussa nous a d'ailleurs affirmé "nous sommes impardonnables si nous ne réussissons pas" faisant allusion a l'autonomie enfin acquise. Le second événement, c'est la tenue début décembre de cette année du Midest, le salon mondial de la sous-traitance: 2.700 exposants sur 7 hectares au nord de la capitale française. Le Maroc sera représenté par 16 entreprises: 15 se regrouperont sur un stand collectif avec au centre la BNSTP. Une entreprise qui a une certaine avance technologique exposera seule: c'est la FAM (Fonderies et Aciéries du Maroc).

    Hounaine HAMIANI

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