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Bachir Skiredj: "Je suis un comédien caméléon"

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager


Bachir Skiredj vient de terminer le tournage d'un spot publicitaire sur les Bons de privatisation. Dans ce film, il récidive dans une pétillante prestation. M. Bachir Skiredj raconte son parcours aux USA, où il s'est installé il y a plus de 30 ans.
Il a troqué la production de vignettes d'enfants pour les fêtes de fin d'année contre le tournage d'un spot publicitaire au Maroc. M. Bachir Skiredj était en effet sur le point de regagner les USA où il vit depuis plus de 30 ans quand le Ministère de la Privatisation chargé des Entreprises publiques l'a persuadé de différer son voyage pour tourner un spot sur les Bons de privatisation.
A plusieurs reprises, M. Bachir Skiredj a décliné les propositions de faire de la publicité pour des produits spécifiques. Cette fois-ci, il a accepté. "Là, c'est différent: il s'agit d'un message public", affirme M. Skiredj. "J'ai la certitude que les privatisations sont l'avenir du Maroc et un nouveau souffle pour l'économie marocaine. Alors il faut exploiter le succès et le capital de confiance qu'accorde le public à mon personnage de Haj considéré comme un héros".
Ce statut acquis dans l'estime populaire revient en partie à sa performance dans le film de M. Mohamed Abderrahman Tazi " A la recherche du mari de ma femme", dans lequel il a magistralement interprété le rôle principal de Haj Ben Moussa. Cette comédie avait battu tous les records d'entrées au Maroc et permis de réconcilier les spectateurs avec les salles de cinéma désertées auparavant.

La pantomime a facilité son intégration.

Mais sa conviction de la nécessité d'opérer les privatisations n'est pas étrangère au système économique des USA, pays où il a émigré voilà plus de trente ans. Il est aussi l'un des rares comédiens marocains à s'offrir les services d'un manager. "J'ai eu raison de partir", avoue M. Skiredj. "Actuellement, tout le monde s'américanise et se sent à l'aise dans le système que l'Amérique est en train de dicter au monde". En effet, au début des années soixante, il s'embarque pour les USA en compagnie d'une cinquantaine de personnes pour produire un spectacle folklorique à la Foire universelle de New-York. Avec son show, il démarre en flèche. La langue n'a pas constitué un véritable handicap puisqu'il pratiquait la pantomime, un genre très peu répandu en Amérique à cette époque-là. Il eut par la suite le temps d'apprendre l'anglais.
Aux USA où il vit, il a acquis une station locale de télévision qui arrose Miami et sa région. "J'ai réalisé des productions pour enfants sur le modèle de ce que je faisais quand j'étais au Maroc, reconnaît M. Skiredj. Exactement la même formule, légèrement américanisée. A côté de ces émissions pour enfants, la chaîne programmait des magazines, des films en noir et blanc". De même, il a ouvert un magasin spécialisé dans l'artisanat marocain à Chicago.

Poppy le clown


En dépit d'une carrière artistique dense, M. Skiredj s'identifie toujours au personnage du clown "Poppy" qu'il avait créé. Mélange d'oiseau et de vagabond, "Poppy" est très chaplinesque: naïf en apparence mais futé en profondeur.
Ce personnage l'a tellement marqué au point qu'il prépare actuellement un film: "La ruse ou Lalla Frouh", pour le réaliser au printemps prochain. "C'est l'histoire du maître et du serviteur qui reflète, avec énormément d'humour, le triomphe de la médiocrité tant chez nous que dans le reste du monde", précise M. Skiredj. Il reconnaît avoir emprunté à Molière (L'étourdi ou le contre-temps) l'idée essentielle qu'il schématise à son gré pour en faire "un mélange de Jha et du Figaro". "Comme je suis un acteur caméléon, je peux facilement changer et incarner, dans cette comédie, une douzaine de personnages", dit-il.

Ses relations avec son pays ne sont pas distendues, à croire qu'il n'a jamais quitté le Maroc. Seuls les proches savaient qu'il vivait outre-Atlantique. "Car aux USA, je continuais à produire des programmes pour la télévision marocaine", confie M. Skiredj. "On ne s'est donc pas beaucoup aperçu de mon absence".
M. Skiredj a hérité l'art de conter de sa mère, fille de Alem, une des rares femmes de sa génération qui sut lire et écrire. Elle a raconté à son fils "Les mille et une nuits" avant l'adolescence. Alors, à son tour il a commencé à jouer tout en racontant ces histoires à ses amis du quartier. "Quand tu possèdes le talent de narration, tu commences par imiter, avoue M. Skiredj. La personne idéale était pour moi Charlie Chaplin". D'ailleurs, M. Skiredj raconte que, par ses imitations, il était parvenu à faire rire "Charlot". La scène se déroulait à Tanger où "l'homme à la canne et au chapeau melon" séjournait. M. Abdallah Guennoune, alors gouverneur de la ville, avait invité le jeune Bachir à se produire devant le virtuose.

Mohamed CHAOUI.

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