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«Je fais confiance aux industriels, ils en surprendront plus d'un»

Par L'Economiste | Edition N°:1626 Le 20/10/2003 | Partager

C'est l'image d'un secteur convaincu et fort de ses nouvelles capacités que le textile-habillement a renvoyée de lui au cours de la clôture de la semaine internationale le 17 octobre à Marrakech. Un travail gigantesque a été effectué par des experts internationaux afin de remettre l'industrie sur les rails de la globalisation à coup de plans stratégique et d'accompagnement. Le pari est de redimensionner le périmètre de la profession, même si cela ne représente pas une mince affaire. Au cours de son entretien avec L'Economiste, Salah Eddine Mezouar, président de l'Amith, a fait montre d'un optimisme sans faille, même s'il est conscient que «le redéploiement ne se fera pas en un jour».. L'Economiste: Que représente cette semaine internationale pour le secteur?- Salah Eddine Mezouar: C'est le premier événement d'une telle ampleur organisé par la profession. Il vient couronner une dynamique et un travail de fond exceptionnel tant par sa démarche que par sa rigueur. Tous ces efforts ont abouti à une nouvelle vision pour le développement du secteur ainsi qu'à son repositionnement. Il s'agit également d'une traduction dans les faits de la détermination des professionnels d'opérer un changement de cap, pour assurer le redéploiement de l'industrie et préserver l'attractivité Maroc. Et surtout, élément très important, remettre l'industrie en position de conquérant. Cet événement a représenté l'occasion de permettre à tout notre environnement national et international de mesurer l'ampleur de notre volonté et de notre détermination. . Quels sont les points-clés sur lesquels l'industrie doit s'appuyer pour se redéployer?- C'est un fait avéré aujourd'hui. La libéralisation du commerce mondial et la globalisation des marchés détruisent peu à peu l'avantage du coût salarial relativement bas dont disposait le Maroc. C'est d'ailleurs sur ces prix qu'était basée la production majoritairement exercée en sous-traitance pour des donneurs d'ordres européens. Notre approche consiste à nous repositionner au coeur du partenariat avec ces donneurs d'ordres en les accompagnant dans leur quête de valeur ajoutée supplémentaire, elle-même favorisée par l'évolution des comportements d'achat et de consommation. En d'autres termes, il s'agit de réorienter efficacement la sous-traitance, vers les nouveaux métiers de la cotraitance à plus forte valeur ajoutée. Priorité est donc donnée au trio productivité-organisation-rigueur, ces élements qui font défaut à la plupart des entreprises et qui handicapent lourdement leur compétitivité. . Pensez-vous que les entreprises du secteur suivront, sachant qu'une majorité d'entre elles sont encore handicapées par la hausse du coût de la main-d'oeuvre?- Toute stratégie est par nature ambitieuse et son succès dépend de l'implication des acteurs. Je fais confiance aux industriels du secteur, ils en surprendront plus d'un. En tous cas, notre coût de main-d'oeuvre est ce qu'il est, et il sera encore appelé à évoluer à l'avenir. On ne peut, par ailleurs, construire des stratégies sur l'écrasement des prix et donc des salaires. Nous devons mettre en oeuvre tous les moyens pour justement atténuer son impact en agissant sur le développement des compétences et sur la productivité. Et aussi grâce à la lutte contre toutes les formes de gaspillage, en rationalisant les dépenses et en allant vers la création de plus de valeur ajoutée.. Comment envisagez-vous le redéploiement stratégique et la mise en place des recommandations?- Le redéploiement ne se fera pas en un jour, ni en une année. C'est un travail qui doit être structuré autour de priorités, d'axes qui constituent autant de projets. Chaque filière devra constituer des équipes de pilotage autour d'experts, qui se chargeront de l'accompagnement spécifique. Les questions transversales seront assurées par les différents responsables de pôles.. D'après les experts, l'image de l'industrie au Maroc est un élément déterminant qui peut entraver les relations commerciales. Comment reconstruire une nouvelle image?- Je fais partie de ceux qui considèrent que l'image et la perception sont des éléments déterminants dans l'attractivité d'un pays. Et l'une de nos priorités, depuis mon élection à la tête de l'Amith, a été justement d'agir sur la revalorisation de l'image de ce secteur auprès des professionnels eux-mêmes d'abord et auprès de nos partenaires par la suite. Un nouveau plan de communication a été élaboré avec une stratégie clairement définie. Mais je demeure convaincu que l'amélioration de l'image relève de l'action au quotidien des entreprises. Et ce, dans leur relation avec leurs ressources humaines, leurs partenaires, leur environnement et leurs clients. L'action de l'Amith ne peut être que complémentaire.. Il est également question du Maroc en tant que place de mode et de création. N'est-ce pas là un travail long et fastidieux?- La dimension mode et création permet à l'industrie de franchir un pas qualitatif considérable. C'est une énorme source de création de valeur ajoutée et de richesse. Le Maroc est un pays proche de l'Europe et notre industrie est fortement ancrée à cet espace. Le consommateur européen est extrêmement sensible à la dimension mode. C'est une opportunité pour nous, et nous avons des atouts reconnus par tous les experts, qui nous permettent de devenir une place de mode. Le chemin est certes fastidieux mais exaltant et prometteur. C'est un chemin à emprunter, en profitant de l'expérience et du savoir-faire de notre partenaire, l'Institut français de la mode. . Selon les études des quatre filières, seul le jean apparaît comme un produit-phare. Qu'en est-il des autres?- Le jean a été effectivement reconnu comme un produit «identitaire» fort pour le Maroc et sur lequel il faudra capitaliser. Cependant, le textile de maison l'est aussi. La maille dispose d'un potentiel et d'un savoir-faire importants mais nécessite d'effectuer les évolutions qui s'imposent. Le cas du chaîne et trame est plus complexe. Cette filière doit également réaliser des choix de spécialisation eu égard à son faible niveau d'intégration et au positionnement des pays concurrents sur certains produits, forts consommateurs du coût-minute.. Quel message voudriez-vous transmettre aux industriels?- Je voudrais surtout leur demander de garder confiance en l'avenir. Nous abordons certes un tournant difficile mais combien salutaire pour l'industrie en général et pour eux en particulier. La libéralisation et la globalisation des marchés constituent une menace pour ceux qui cèdent à la fatalité, mais elles regorgent d'opportunités pour ceux qui agissent, ont confiance en leurs capacités et moyens et qui se positionnent en conquérants.. Et aux partenaires étrangers?- Je leur dirais que notre problématique n'est pas isolée de la leur et que nous sommes interpellés ensemble à redéfinir notre stratégie d'alliance et de partenariat. Le Maroc dispose d'une véritable puissance de production en confection et bonneterie. Il a développé un savoir-faire reconnu, une maîtrise des circuits de distribution, des normes et standards internationaux. Il dispose d'atouts formidables pour être un acteur dans la reconfiguration mondiale en cours. Notre plan stratégique constitue autant d'opportunités de business pour eux et pour nous, qu'une solution à leur problématique de compétitivité et de survie.


Les travaux

Le président de l'Amith met également l'accent sur d'autres actions déterminantes pour le redéploiement du secteur. Elles concernent essentiellement:- l'accroissement des compétences;- l'accroissement de l'offre textile à travers des investissements ciblés et le partenariat avec des fabricants euroméditerranéens;- l'accompagnement des chefs d'entreprise dans la compréhension et la maîtrise de l'évolution des marchés, avec un accent particulier sur la notion de services;- la mise en place de structures de formation à même d'accompagner et de développer les compétences en création et de combler les lacunes en formation technico-créative, indispensable pour évoluer vers la notion d'offre en produit fini différenciée;- le développement au sein des filières de la notion de travail en réseau;- l'implication des banques dans un soutien actif aux entreprises;- l'engagement fort des pouvoirs publics en faveur du secteur.Propos recueillis par Radia LAHLOU

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