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Analyses : Investissements étrangers: la banque rattrape l'industrie

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager

L'analyse des flux d'investissements étrangers privés sur 10 ans montre à la fois la prédominance de la France et la montée en force de la Grande-Bretagne et des USA. L'intérêt des étrangers s'est surtout porté sur l'industrie et la banque. Les privatisations y sont pour quelque chose.


Les investissements et prêts privés étrangers au Maroc se sont établis à près de 1,6 milliard de DH au terme du premier semestre 1995, d'après les statistiques de l'Office des Changes. Plus des trois-quarts du montant investi sur cette période sont concentrés sur six pays. Il s'agit de la France (458 millions), des Etats-Unis (235), de Bahrein (194), des Emirats Arabes Unis (133), de l'Espagne (132) et de l'Arabie Saoudite (114).
Parmi les secteurs bénéficiaires, l'industrie et le secteur bancaire drainent à eux seuls plus de 50% des investissements étrangers. Dès 1993, le secteur bancaire avait rattrapé le secteur industriel en attirant 1,5 milliard de DH contre 1,17 milliard pour l'industrie, soit au total 49% des investissements étrangers globaux. L'équilibre entre les 2 branches est atteint en 1994 avec 934 millions de DH pour l'industrie et 840 millions pour les banques, le record étant remporté par les holdings financières avec 1,7 milliard de DH.
Ces transferts sont en partie imputables aux opérations de privatisations. Les capitaux étrangers privés intervenus dans le processus de privatisation ont en effet porté sur 36% du total des recettes. Les investisseurs se sont intéressés à une quinzaine d'entreprises nationales dont 10 sociétés et 4 hôtels.

La France en tête

A ce propos, le Ministère de la Privatisation chargé des Entreprises Publiques avait précisé que les acquisitions les plus importantes ont émané des groupes suisse Holderbank (ciments) et anglo-néerlandais Shell.
Le cimentier suisse détient en effet 51% de la Cior (Cimenterie de l'Oriental) pour un montant de 614 millions de DH. Quant à la transaction de Shell, elle a porté sur 50% de Shell Maroc pour un montant de 450 millions de DH.
Ces transferts expliquent que la Suisse occupe en 1993 la troisième place dans les investissements étrangers (soit 17% du total) après la France et la Grande-Bretagne.
Plus globalement, les investissements étrangers privés effectués au Maroc ont été multipliés par 10 entre 1985 et 1993.
Partant d'un niveau très bas en 1985 avec 552,6 millions de DH, le montant global connaît une hausse constante jusqu'en 1989, pour s'établir à 1,9 milliard de DH. Après un repli de 5% survenu en 1990, les investissements étrangers ont connu un bond de 70% l'année suivante, dépassant ainsi les 3 milliards de DH. En 1993, l'investissement étranger atteint 5,5 milliards de DH.
D'après la note de la Mission économique et financière française, ce montant avait permis de couvrir le déficit de la balance des paiements de 4,9 milliards de DH en 1993, soit 2% du PIB.
La même année, l'investissement étranger avait représenté 10% de la FBCF (formation brute de capital fixe) contre 8% en 1992.

La France vient en tête car elle assure en moyenne 23,8% de l'investissement global depuis 1986 bien que sa part s'est réduite à 21% en 1993. Mais en 1994, une reprise des investissements privés français porte à 32% leur part, tendance maintenue au premier semestre 1995.
La Grande-Bretagne tient la deuxième place alors que sa part dans les investissements étrangers était dérisoire en 1985.
En effet, les flux s'établissaient à 5,8 millions de DH en 1985 pour atteindre 76 millions en 1989 (multipliés par 12). Un nouveau souffle est donné aux investissements britanniques à partir de 1993 avec 1,074 milliard de DH et 1,215 milliard de DH en 1994.
En troisième place, mais loin derrière, les Etats-Unis ont apporté un volume d'investissements de 481 millions de DH en 1994, soit 10% du montant global. Les flux américains ont subi de fortes fluctuations entre 1985 et 1990, avec cependant un trend haussier. Ils sont ainsi passés de 4 à 48 millions de DH (x20) sur cette période. Mais, à partir de 1991, les investissements américains connaissent un nouvel essor puisqu'ils quintuplent en 5 ans et s'établissent à 235 millions de DH à la fin du premier semestre 1995 (14%).

Mouna KABLY.


Les investisseurs encore confiants, mais
le temps est compté

Les constats tirés du dernier rapport de la Banque Mondiale, aussi alarmistes soient-ils, n'ont pas décidé les investisseurs étrangers à retirer spontanément leurs capitaux. Telle est l'observation faite par M. Z. Bensaïd, directeur général de Maroc Inter Titres. Selon lui, le pessimisme ambiant qui prévaut parmi les opérateurs nationaux s'explique par le manque de perception des améliorations réalisées à ce jour. Paradoxalement, jamais les conditions n'ont été autant réunies pour prendre en charge le démarrage.
Dotés de plus de recul et d'objectivité, les investisseurs étrangers détectent mieux le "bouillonnement dans lequel nous vivons actuellement et savent que nous ne pouvons plus faire autrement que de prendre des décisions".
D'ailleurs, avec l'accord de l'UE et en dépit des critiques qu'il a suscitées, le directeur de MIT estime que le Maroc a déjà jeté les bases d'un véritable décollage.
"Il s'agit à présent d'emprunter le bon virage pour réaliser ce décollage". Il faut d'une part définir clairement les priorités et, de l'autre, mettre sur pied une stratégie à moyen et long terme.

Pourtant, pour M. A. Errakhmi, directeur général de Wafa Gestion, plusieurs facteurs objectifs risqueraient de compromettre les acquis. Selon lui, les investisseurs étrangers ne sont pas dupes.
Au regard de la mauvaise visibilité de l'économie et des lenteurs observées dans la mise en place des réformes, peu d'indicateurs incitent les investisseurs étrangers à venir ou à y rester. "Même à supposer qu'ils ne se désintéressent pas totalement du Maroc, ils transfèrent provisoirement leurs fonds pour compenser le manque à gagner".
Par ailleurs, l'analyse des investissements étrangers révèle la prédominance des fonds anglo-saxons. Or, vu les performances des marchés américains et britanniques, ces fonds ne peuvent que se désintéresser de la place de Casablanca. "A titre d'exemple,
Wall Street a réalisé depuis janvier 95 des performances de 34%". Même si les gestionnaires de ces fonds décident de conserver une partie des placements dans les pays émergents, poursuit M. Errakhmi, ils opteront davantage pour l'Egypte, la Turquie ou la Tunisie.
Certes, il y a deux ans, les indicateurs économiques et l'amorce de la réforme financière laissaient présager une croissance durable.
"Mais entre-temps, certains pays comme l'Egypte ou la Pologne ont accéléré la réforme du marché financier et le programme de privatisation et sont actuellement plus attractifs".

Mouna KABLY.

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