×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Courrier des Lecteurs

Analyses : Investissements étrangers: la place du Maroc dans le monde

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager

La zone Afrique/Moyen-Orient reste le parent pauvre de l'investissement étranger avec ses 3 milliards de Dollars en 1993. La même année, le Maroc a ravi la deuxième place à l'Egypte. La Tunisie n'arrive qu'en cinquième position. Bien des potentialités restent inexploitées dans les deux pays.


Selon les chiffres de la Banque Mondiale, le Maroc n'est finalement pas si mal loti. Il bénéficie de flux d'investissements étrangers croissants sans pour autant exploiter pleinement tout son potentiel. C'est le constat tiré de l'analyse effectuée par la CNUCED (Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement) en juin 1995 sur "l'Investissement Etranger Direct en Afrique".
La CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) de Casablanca, dans sa revue "Liaison" de novembre 1995, souligne quant à elle que le Maroc doit être jugé comme un pays très attractif au regard de la croissance des flux des IED (Investissements Etrangers Directs), en comparaison avec d'autres pays africains.
Le Maroc a, en 1993, ravi à l'Egypte la seconde place dans l'investissement étranger en Afrique. En effet, d'après la Banque Mondiale, pour la même année, les entrées de capitaux étrangers directs au Maroc ont atteint 522 millions de Dollars, le portant ainsi au deuxième rang en Afrique après le Nigéria (900 millions). L'Egypte aura bénéficié de 493 millions de Dollars, suivie de l'Angola avec 300 millions. La Tunisie n'aura drainé que 239 millions de Dollars. Ces cinq pays bénéficient au total de 76% des flux globaux investis dans la région Afrique/Moyen-Orient, flux qui remontent en tout et pour tout à 3 milliards de Dollars.

La part du lion pour l'Asie

Pendant ce temps, l'Asie se taille la part du lion avec 37 milliards de Dollars, soit 57% des flux mondiaux contre 5% pour l'Afrique. L'Asie est suivie par l'Amérique Latine qui draine 25 milliards.
La concentration des flux sur des pays africains producteurs de pétrole, tels le Nigéria et l'Angola, s'explique par la rentabilité immédiate et conséquente des investissements réalisés dans le secteur primaire. En revanche, les secteurs secondaire et tertiaire n'attirent pas suffisamment les firmes américaines en Afrique du fait de l'exiguïté des marchés. D'ailleurs, les investissements directs étrangers dans le domaine industriel effectués sur le continent sont surtout l'apanage de firmes européennes.
C'est ainsi que le secteur industriel marocain a jusque-là bénéficié de faibles flux américains et que les 2/3 du stock des investissements étrangers demeurent français ou britanniques. Les facteurs explicatifs s'avèrent être en partie la proximité géographique mais surtout la quête d'une rentabilité de long terme et d'un élargissement des parts de marché des entreprises européennes.
Contrairement aux firmes américaines, la prédominance de la PME dans les multinationales européennes explique leur attraction pour des marchés africains de petite taille. Toutefois, le risque réside dans la saturation rapide des marchés et la chute du taux d'utilisation des capacités de production installées qui rejailliraient sur la compétitivité des économies locales.

Le déficit d'image de marque de la majorité des pays africains exerce également un impact négatif sur le volume des IED américains dans la région.
Globalement, après deux années de récession, les investissements étrangers en faveur des pays en développement ont repris à partir de 1993. Cette reprise est surtout imputable aux firmes multinationales américaines et britanniques. Les apports aux pays en développement ont atteint 65 milliards de Dollars en 1993 d'après les données de la Banque Mondiale, niveau jamais atteint antérieurement.
Pourtant, la part de l'Afrique ne cesse de se réduire puisqu'elle est passée de 14% des flux d'IED entre 1982 et 1986, à 10% entre 1987 et 1991 pour s'établir à 5% entre 1992 et 1994.
Mais l'étude de la CNUCED relève des potentialités du continent africain encore inexploitées et susceptibles d'attirer plus d'investissements étrangers.

Des performances inégales

Ce constat a été établi à partir de l'analyse de quatre indicateurs: le PIB/habitant pour mesurer le stade de développement,
le PIB/nombre d'habitants pour évaluer la taille du marché,
le taux de croissance du PIB à prix constant pour estimer la croissance du marché et les exportations de produits de base. L'évolution de ces indicateurs montre que les entrées de capitaux restent en deçà du niveau des possibilités d'investissement de la région. De plus, les performances varient sensiblement d'un pays à l'autre. Ainsi, par rapport à la Libye, le Maroc et la Tunisie ont un revenu /tête modeste mais ils ont bénéficié tous deux d'un volume d'investissement plus important.
Par ailleurs, pour le Nigéria, le critère de la taille du marché varie dans le même sens (corrélation positive) que la part des investissements étrangers directs dans le PIB. En revanche, cette corrélation n'est pas de mise pour le Maroc, l'Egypte, la Libye et l'Algérie. "Il existe donc un potentiel d'investissement étranger non exploité dans ces 4 pays".
L'étude montre pour la première fois que l'Afrique reste malgré tout un espace attractif pour l'investissement étranger.

Mouna KABLY


L'investissement privé profite du recul
des financements publics

L'investissement public cède globalement le pas aux investissements privés étrangers. L'analyse des flux privés par rapport au PIB effectuée par l'International Finance Corporation (Banque Mondiale) dans son édition de 1995 montre que le déclin de l'investissement public coïncide avec l'ascension des capitaux privés. L'écart est plus affirmé pour le Chili et l'Indonésie que pour le Maroc. L'expansion des flux privés étrangers traduit en fait la confiance des investisseurs dans la solidité des taux de croissance des économies bénéficiaires.
On note que la progression des financements extérieurs est en grande partie due aux investissements directs et en portefeuille. D'ailleurs, l'étude de l'IFC relève que globalement, le financement par émission d'obligations a tendance à reculer au profit des prises de participation. Mais la plupart des pays à faible revenu, en particulier les pays surendettés, demeurent largement tributaires des apports en capitaux publics.

Par ailleurs, la répartition régionale des capitaux privés met en relief la prédominance de l'Asie de l'Est, notamment l'Indonésie et la Malaisie. Elle est talonnée par l'Amérique Latine et tout particulièrement le Chili et le Panama.
La troisième zone, regroupant l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, poursuit l'amélioration de ses taux d'investissements privés. cette amélioration concerne entre autres la Turquie, l'Egypte et l'Iran.
En revanche, l'Afrique sub-saharienne continue d'être à la traîne, avec un taux d'investissement privé qui ne cesse de se détériorer depuis les trois dernières années.
Il ressort de l'analyse "qu'en Afrique, les flux d'investissements étrangers privés restent tributaires de la taille du marché domestique et les variations annuelles du PIB influent fortement sur les mouvements de capitaux vers cette région".

Mouna KABLY.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc