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    Economie Internationale

    Amérique Latine, la bonne élève du FMI et de la Bird

    Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

    L'Amérique latine et les Caraïbes ont réalisé des progrès impressionnants au plan de la croissance économique en 1991, mettant fin aux résultats généralement faibles qui avaient persisté tout au long des années 80", souligne la Banque Interamé-ricaine de Développement (B ID) dans son rapport annuel.
    Les années 80 avaient été, en effet, marquées par l'hyperinflation, le surendettement extérieur, la récession et ... les régimes dictatoriaux.
    En dix ans, le produit intérieur brut (PIB) de la zone avait régressé de 6%, l'investissement s'était effondré, passant de 22% à 15% du PIB et le sous-continent américain s'était vu évincé des circuits financiers internationaux.

    Cependant, depuis un an l'Amérique Latine présente des signes palpables de reprise. En dépit d'un environnement international défavorable, toute la région, taxée de "cancre du capitalisme" par les experts internationaux, a enregistré une croissance moyenne de 2,7% en 1991 alors qu'elle avait baissé de 0,8% en 1989, précise le document de la BID.
    La politique néo-libérale inspirée (imposée) par le FMI et la Banque Mondiale porte donc ses fruits.
    Au Mexique, la plupart des indicateurs économiques sont sortis du rouge: l'inflation est désormais maîtrisée (on prévoit 11% en 1992) malgré une croissance qui se situera autour de 5%, le pays est devenu le nouvel Eldorado pour les investisseurs étrangers et la situation politique et sociale est plutôt stable.

    Le Mexique, félicité par la Banque Mondiale, la BID, la presse espagnole, le Financial Times, Jacques Delors..., devrait voir sa situation se raffermir car la signature du traité de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada, prévue avant la fin de l'année, "l'amarrera définitivement au monde riche et offrira une garantie solide sur l'irréversibilité des réformes en cours et de la stabilité aux investisseurs" (sur 40 milliards de Dollars de capitaux privés étrangers dirigés vers l'Amérique Latine, 16 ont été reçus par le Mexique).
    Pour le Venezuela, qui reste l'un des meilleurs élèves de la Banque Mondiale et du FMI, le PIB a augmenté de 9,3% en 1991, en hausse de 50% par rapport à 1990, le PNB par habitant est passé de 2.450 Dollars en 1990 à 2.590 en 1991 et l'inflation s'est stabilisée autour de 36,5%, un des taux les plus bas du continent en 1991.

    En ce qui concerne l'Argentine, ruinée par des décennies de dictature militaire, de populisme puis de gouvernement radical de l'ex-président Raul Alfonsin (1983-89), le modèle néo-libéral imposé par Carlos Saul Menem, élu président en 1989, constitue désormais le credo.
    Austérité budgétaire, investissements étrangers, licenciements dans le secteur public et privatisations permettent au gouvernement argentin de juguler la crise.
    L'inflation, qui dépassait les 2.000% en 1990, devrait se stabiliser autour de 20% en 1992 et le redémarrage de l'activité industrielle, avec une croissance de 4,5%, en 1991, redonner davantage confiance aux investisseurs et institutions financières internationales. Résultat: le pays obtient, au terme d'un accord signé le 6 Avril, un rééchelonnement portant sur 31 milliards de Dollars de sa dette extérieure, qui s'élève à 61 milliards de Dollars, sur 30 ans.

    Au Brésil, enfin, les résultats sont palpables au niveau de la solvabilité des grandes compagnies d'Etat et de la balance commerciale qui penche du bon côté. Sur le front interne, les résultats ne s'amélioreront pas avant que les agents économiques n'aient pris conscience que la politique néo-libérale prônée par le FMI et la BIRD "suffira à faire baisser l'inflation qui se maintient au-dessus du taux mensuel de 20%".

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