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Economie

ALE Maroc-USA
«Nous négocions un accord sur mesure et non un prêt-à-porter»
Entretien avec Mohamed Aït-Kadi, négociateur du pôle agricole

Par L'Economiste | Edition N°:1711 Le 24/02/2004 | Partager

. L'ALE doit être perçu comme un instrument d'accompagnement. Les délais octroyés serviront à mettre à niveau l'agriculture - L'Economiste: Le secteur agricole est le dossier le plus en vue dans les négociations pour la signature d'un accord de libre-échange (ALE). Quel bilan peut-on tirer de ces multiples rounds? - Mohamed Aït-Kadi: Avant d'entamer les négociations, nous avons fait une évaluation préalable de certains secteurs pour identifier les lacunes. Cela dit, il ne faut pas négliger que l'accord de libre-échange est porteur d'opportunités en termes de développement. Notre positionnement initial est que cet accord soit une ouverture qui nous permettra de mettre à niveau notre secteur. C'est l'engagement du Maroc dans ces négociations. Mais les réformes sont une condition sine qua non pour ce secteur dont 50 % de la population en dépend. - Comment avez-vous pu convaincre la partie américaine à adhérer à votre cause? - Dans les premiers rounds, nous nous sommes engagés à expliquer aux négociateurs américains les réalités de l'agriculture marocaine. Et durant le 3e round, nous les avons invités à effectuer des visites pour constater cette réalité. Durant cette visite de terrain, nous leur avons montré la région du Souss, considérée comme le fleuron de notre exportation et d'autres périmètres. Cela nous a permis de développer une compréhension commune des problèmes. Nous nous sommes mis d'accord avec nos partenaires américains sur un cadrage général qui repose sur 3 fondamentaux. Premièrement, l'accord n'affecte pas le secteur agricole. En d'autres termes, l'agriculture marocaine ne doit pas en souffrir. Le deuxième pilier de ce cadrage s'articule autour du commerce pour le développement. Certes, nous devons moderniser le secteur, mais sans avoir un marché, ce développement sera inutile. Troisièmement, l'ALE ne doit pas être perçu comme une fin en soi mais un instrument d'accompagnement permettant la modernisation du secteur agricole marocain. - Les représentants des différentes filières ont été consultés avant d'entamer les négociations? -La veille de chaque round, le ministre délégué des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi Fihri, s'est réuni avec les représentants de chaque secteur. De plus, des réunions techniques avec une lecture commune de l'offre américaine ont été organisées. Pour les secteurs à problème comme la viande rouge, blanche et les céréales, des réunions spéciales ont été tenues. Ainsi, il y a eu 2 concertations, la première s'est tenue après que nous avons arrêté le cadrage. Et avant d'entamer les discussions du 4e round, nous avons réuni toutes les filières du secteur vu que l'accord ne peut être fait que pour les professionnels et par eux. Ces réunions avec les professionnels renforcent notre positionnement et consolident notre dossier vis-à-vis des négociateurs américains. -Vous avez pu obtenir des périodes de transition avant le démantèlement total pour permettre la mise à niveau du secteur. Peut-on prétendre que d'ici 10, 15 ou 20 ans, ce secteur pourrait concurrencer son homologue américain ? -Nous avons une obligation de résultats. Nous espérons que les délais octroyés nous permettront de gagner ce pari, d'autant plus que la volonté du gouvernement est bien palpable à ce niveau-là. Pour les secteurs qui nécessitent un délai plus long, nous cherchons des approches particulières à travers une libéralisation maîtrisée. Mais l'administration américaine continue de subventionner certains produits agricoles. De quel libre-échange peut-on parler dans ce cas ? -Effectivement, le soutien américain à ses agriculteurs est une réalité qu'on ne peut dissimuler. Cette attitude n'est pas complètement nuisible puisque cette protection nous permettra d'adopter les mêmes mesures. Nous étions très attentifs aux différents accords déjà signés pour en tirer profit. A cet effet, nous avons invité l'ancien ministre mexicain et chilien de l'Agriculture. De même, une délégation marocaine a effectué deux visites au Chili et au Mexique. A partir de ces deux expériences, nous avons tiré des leçons. Nous avons pu négocier un accord sur mesure et non un accord prêt-à-porter.-Etes-vous satisfait de ce que vous avez pu conclure jusqu'à présent ? - On jugera au résultat, c'est-à-dire à la signature de l'accord. Aujourd'hui, nous essayons de faire valoir le dossier marocain et nous progressons sur plusieurs points. Ce qui affaiblit notre position, c'est que nos craintes relatives à certains secteurs, comme la viande rouge et les céréales sont les priorités commerciales américaines. Toutefois, nous essayons de trouver un arrangement. L'important est que l'accord n'aura pas un impact négatif sur le secteur. - Etes-vous près de la fin? - Les négociations reprennent cette semaine. Mais aucune date n'a été encore fixée pour la signature de l'accord. Propos recueillis par Amal BABA ALI

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