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International

Affaibli, Daesh dans la surenchère morbide

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4809 Le 05/07/2016 | Partager
Les revers poussent l’organisation terroriste à jouer son va-tout
Aucune avancée vers une solution politique en Irak
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Dans l’escalade de l’horreur, l’organisation terroriste «Etat islamique» a franchi un nouveau palier en revendiquant l’attentat le plus meurtrier qui ait jamais frappé Bagdad au bilan effroyable (et provisoire) de 213 morts en plus de centaines de blessés. Dès le lendemain (lundi 4 juillet), le gouvernement a décrété 3 jours de deuil national en hommage aux victimes et leurs proches. L’endroit et le moment de l’attaque ont «astucieusement» été choisis par Daesh. L’explosion a retenti  dimanche après-midi dans le quartier marchand de Karrada; un quartier très prisé par les fidèles qui s’apprêtent à fêter l’Aid.
Au rythme de ces attaques aveugles à la voiture piégée, l’année 2016 ne devrait pas s’écarter de toutes ses devancières qui ont endeuillé des milliers de familles irakiennes.
L’Irak post-Saddam Hussein est constamment le théâtre d’attentats plus morbides les uns que les autres. Déjà, un attentat spectaculaire avait fait 94 morts le 11 mai dernier. C’est donc remuer le couteau dans une plaie encore fraîche que de viser la même communauté, dans la même ville.
La population est très en colère face à l’incapacité du gouvernement à assurer un minimum de sécurité. La récente reconquête de Falloujah, située à une cinquantaine de km de Bagdad et bastion historique de Daesh, était censée réduire la capacité de cette organisation terroriste à mener des actions meurtrières dans la capitale. A l’évidence, il n’en est rien, et cela pose une vraie question sur l’efficacité des services de sécurité irakiens. Cet attentat montre surtout que Daesh dispose de réseaux dormants dans la capitale et que dans le flux des réfugiés qui avaient fui les combats à Fallouja pour s’installer dans les quartiers périphériques de Bagdad figuraient de nombreux djihadistes.
Dans son communiqué revendiquant l’attentat, le groupe Etat islamique a précisé que le kamikaze irakien visait spécifiquement un rassemblement chiite. Cette rhétorique anti-chiite n’est pas nouvelle puisque déjà en juin 2015, Abu Bakr Al Baghdadi avait déclaré «Sortez vos épées de leur fourreau et attaquez en priorité les chiites où qu’ils soient». Une telle déclaration s’inscrit parfaitement dans la logique du groupe qui considère la communauté chiite comme un groupe hérétique.
Cette réthorique  n’est pas nouvelle surtout en Irak où le conflit entre la majorité chiite et la minorité sunnite a nourri le développement de l’organisation Etat islamique, mais aussi des diverses mouvances extrémistes qui l’ont précédée. L’expansion massive de Daesh en Irak en 2014 s’est notamment appuyée sur le ressentiment des populations sunnites qui ne se sentent pas représentées par le gouvernement à majorité chiite.
Sur fond de conflit religieux, l’attentat de dimanche 3 juillet peut également être lu comme la réponse de Daesh aux revers qu’elle subit en particulier à la perte de  Fallouja, le 26 juin dernier. L’organisation montre ainsi que, contrairement aux espoirs de Bagdad, malgré la reconquête de Fallouja, ville à majorité sunnite, et la destruction d’une quinzaine de ses ateliers de fabrication de véhicules piégés, Daesh conserve la capacité de frapper le territoire irakien et sa capitale Bagdad. On est donc là dans une guerre de communication.
Les experts en sécurité estiment que  la perte de Fallouja, et à terme de Mossoul, pourrait affecter les capacités logistiques de l’organisation Etat islamique. Mais la menace militaire représentée par l’organisation pourrait se transformer en une menace plus diffuse et plus asymétrique avec une multiplication d’attentats contre des civils en particulier chiites pour encore plus déstabiliser le pays. Daesh a en effet déjà réussi à maintenir  des cellules terroristes dans les territoires perdus en 2015 comme par exemple à Dyala où il continue de multiplier les attentats.
Ce nouvel attentat fragilise le gouvernement Abadi pourtant renforcé par ses récents succès militaires, le replongeant dans la crise politique. Le système sécuritaire de Bagdad est défaillant, d’où la nécessité de consolider sa coopération  avec les  forces de sécurité étrangères mais aussi d’entreprendre les réformes réclamées par la population notamment en termes de sécurité.
Le porte-parole du Conseil de sécurité américain Ned Price a affirmé que l’attaque  «ne fait que renforcer notre détermination à soutenir les forces de sécurité irakiennes». La coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis et déployée contre l’EI, a bel et bien permis aux autorités irakiennes de reprendre du terrain face au démon terroriste.

 

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