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    Analyse

    Espaces de coworking: Un nouveau modèle arrive

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4800 Le 22/06/2016 | Partager
    Destiné aux compagnies pharmaceutiques, il bouscule les codes du secteur
    Baptisé Lab Central, il sera dupliqué dès 2017 en France
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    Johannes Fruehauf, cofondateur et président du Lab Central: «Les entrepreneurs que nous accueillons peuvent démarrer rapidement leur activité et à coût réduit. L’argent qu’ils auraient eu à dépenser en construisant un local leur servira plutôt à financer leurs recherches» (Ph. Milena Recio)

    LAB Central, un modèle unique d’espace de coworking pour compagnies pharmaceutiques, jamais expérimenté aux Etats-Unis. Depuis son lancement en 2014 à Boston, les entreprises y partagent des équipements lourds et des espaces communs, et bénéficient de toutes les commodités nécessaires (pour 4.000 dollars par mois). Cela leur permet d’aller vite et de démarrer leurs projets à moindre coût, sans vraiment se soucier du risque d’espionnage. Ils sont en moyenne hébergés pour 15 mois. Dès 2017, le même modèle sera dupliqué en France, à Lyon. Les détails avec son co-fondateur et président, Johannes Fruehauf.

    - L’Economiste: Vous prévoyez de dupliquer le modèle du Lab Central en Europe. Quand le projet pourrait-il voir le jour?
    - Johannes Fruehauf:
    Nous envisageons effectivement de développer le même service dans d’autres pays, à commencer par la France. Cela est plus difficile qu’aux Etats-Unis, car la culture est différente. Mais je pense que le concept sera utile à de nombreux pays à l’avenir. Le lab français ouvrira à Lyon en 2017. Nous sommes déjà assez avancés. Ce sera le premier du genre en Europe. Le Lab Central de Boston, lui, sera agrandi de manière significative dès l’année prochaine. Sa superficie sera multipliée par quatre. Elle passera de 2.600 m2 à 12.000 m2. Le lab pourrait donc accueillir entre 70 et 80 jeunes entreprises, contre 29 actuellement.

    - Le lab profite à la fois du soutien du gouvernement américain et du financement de sponsors. Quel est leur retour sur investissement?
    - Le gouvernement, par exemple, nous a aidés à construire les locaux, en nous accordant 5 millions de dollars, car il était convaincu que les sociétés que nous hébergerons créeront de l’emploi. L’an dernier effectivement, 180 postes ont été créés. Les entrepreneurs que nous accueillons, pour leur part, peuvent démarrer rapidement leur activité et à coût réduit. L’argent qu’ils auraient eu à dépenser en construisant un local leur servira plutôt à payer leurs scientifiques et à développer leurs travaux de recherche.
    Les compagnies pharmaceutiques qui nous sponsorisent, elles, profitent de l’opportunité de se rapprocher des jeunes entreprises au tout début de leurs recherches scientifiques, à travers les évènements que nous organisons. Ceci leur ouvrirait aussi la voie vers des deals avec ces petites structures innovantes.  

    - A votre avis, quels sont les atouts ayant permis à l’écosystème entrepreneurial de Boston de se développer?
    - Je pense que cela est d’abord lié au système universitaire solide de la ville. C’est une composante essentielle. Il y a également la culture de création d’entreprises et d’appui financier aux sociétés ayant des activités risquées. C’est le cas depuis 20 ans maintenant. Tout ceci est complété par la capacité de rétention des talents. Même si les compétences changent d’entreprise, elles restent dans les environs, parce qu’il existe tellement d’opportunités à saisir. Autre atout, la culture de partage à Boston. Le gens qui ont réussi sont généreux en conseils. Ils n’hésitent pas à dépenser du temps gratuitement pour former les jeunes entrepreneurs et scientifiques. L’échec est, en outre, toléré. Il est souvent perçu comme un atout, il signifie que vous ne referez plus les mêmes erreurs et que vous deviendrez un meilleur CEO.

    Genèse du projet

    Fonder un laboratoire pharmaceutique n’est pas une mince affaire. La construction des locaux peut prendre jusqu’à un an et demi, et coûter, au bas mot, dans les 2 millions de dollars. Johannes Fruehauf, et son associé Peter Parker, ont très vite compris la difficulté de la tâche, en lançant en 2006 leur propre laboratoire (qu’ils finiront ensuite par vendre). Développer un médicament n’est pas non plus aisé. L’opération peut demander des centaines de millions de dollars sur plusieurs années. Inspirés du modèle du coworking space du Centre d’innovation de Cambridge (CIC), les deux partenaires décident de créer en 2014 un espace de travail pour scientifiques et compagnies pharmaceutiques, baptisé Lab Central. Le projet a bénéficié d’un soutien de 5 millions de dollars de la ville de Boston, dans le cadre d’un partenariat public-privé.  
    Une enveloppe de 22 millions de dollars a également été levée auprès de sponsors, parmi les plus grands groupes du secteur. En 2015, les entreprises qui sont passées par le lab ont pu lever 460 millions de dollars pour développer leurs recherches.

    DNES aux USA, Ahlam NAZIH

     

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