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Analyse

Entrepreneuriat: Les secrets de la recette américaine

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4800 Le 22/06/2016 | Partager
Comment Boston s’est transformée en temple de la biotechnologie, robotique et hightech
Universités, financement public, espaces de coworking… une formule gagnante
Harvard et le MIT, véritables locomotives
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Aux Etats-Unis, le taux de mortalité des petites entreprises, y compris les startups, est très élevé. La moitié ne survit pas au-delà de 5 ans. Mais elles continuent de foisonner. Chaque mois, plus de 500.000 adultes américains deviennent entrepreneurs (The Kauffman Index, startup activity 2015)   

C'est une ville qui compte parmi les plus fortes concentrations de matières grises dans le monde. «Boston est un exportateur de cerveaux», lance Hiawatha Bray, reporter expert en technologie au célèbre journal The Boston Globe. Ce support mythique a été la première escale d’une tournée organisée par le département d’Etat américain en faveur d’une quinzaine de journalistes de plusieurs pays, à Boston et San Francisco. L’objectif est de découvrir l’écosystème entrepreneurial des Etats-Unis, en marge du Global Entrepreneurship Summit (GES) 2016, qui s’ouvre ce mercredi 22 juin à San Francisco, et plus exactement à l’université Stanford. 700 entrepreneurs et 300 investisseurs du monde entier y sont attendus, dont une délégation marocaine de près de 25 startuppers, entrepreneurs sociaux et officiels.
L’université Harvard et le MIT (Massachussetts Institute of Technology), véritables fabriques à talents et centres d’excellence pour la recherche, sont les locomotives de Boston. Ces deux institutions font partie des principaux facteurs qui attirent les géants mondiaux des nouvelles technologies, de la robotique et de la biotechnologie. Sur les vingt dernières années, beaucoup se sont installés dans la ville, afin d’être aux premières loges de l’innovation scientifique et technologique. Les entreprises sont très impliquées dans la formation et le financement des programmes de recherche de ces prestigieuses institutions. Le MIT, par exemple, dont les bâtiments imposants arborent la rive nord de la rivière Charles, abrite une multitude de laboratoires spécialisés dans différents domaines. Son Media Lab, à lui seul, compte 370 projets de recherche  (biomechatronics, robotique, communication virale, affective computing, impression 3D, agriculture du futur…)  et 80 entreprises partenaires, pour un budget annuel de 60 millions de dollars.
A Harvard, l’innovation et l’entrepreneuriat sont une tradition. Afin de centraliser les efforts de ses 12 établissements, l’université a créé en 2011 un i-lab, Harvard Innovation lab (Hi). 20% de ses étudiants passent par ce laboratoire, afin de faire vivre leurs idées d’entrepreneuriat. Infrastructures, programme d’incubation, workshops, accompagnement d’experts,… près de 1.000 évènements sont organisés par an. «Le plus important c’est l’apprentissage et non la réussite des idées initiées. 5% seulement des équipes d’étudiants sont toujours en train de développer leurs projets. Mais les 95% restants ont tiré beaucoup de leçons de leur expérience», insiste Josh Nelson, coordinateur du i-lab. Pas de complexe face à l’échec. Dans la culture américaine, l’échec est plus un gage d’expérience.
La business school de Harvard (HBS), elle, dispose de son propre centre d’entrepreneuriat, Arthur Rock Center, depuis près de vingt ans. Elle est classée première devant l’université Stanford en matière de création d’entreprises par des étudiants. L’établissement mobilise 30 professeurs pour l’entrepreneurship, des businessmen qui consacrent 4 heures de leur temps par mois aux étudiants, deux centres de recherche, plus de 20 cours dédiés, propose 1.600 études de cas, utilisées par des écoles dans le monde entier, et organise des compétitions. 50% de ses alumni prévoient de lancer un business.
Harvard et le MIT sont partenaires d’un grand centre de recherche créé en 2003, The Broad Institute. Cet organisme à but non lucratif (2.800 membres, 950 employés, 320 millions de dollars de budget), a largement contribué à l’essor de la biotechnologie dans la ville. Il est notamment spécialisé dans la recherche autour du cancer, la neurobiologie, les maladies infectieuses et les troubles psychiatriques, à travers la génétique. 36% des fonds gérés par cet institut sont fournis pas l’Etat américain.
Autour de cet écosystème d’institutions académiques et de multinationales, les startups foisonnent. Leur taux de mortalité est élevé (voir illustration).  Mais cela est loin de décourager les futurs investisseurs.
Pour accompagner les startuppers, les espaces de coworking, permettant aux entrepreneurs de partager des locaux à coût réduit, se développent de plus en plus. Les espaces offerts vont de la petite cabine (similaire à une cabine téléphonique) à de grandes salles. Dans ces plateaux, les porteurs de projets n’ont pas peur de se faire piquer leurs idées. Le mot d’ordre, c’est le partage. Le CIC (Cambridge Innovation Center) en fait partie. Il abrite près de 800 entreprises. Le centre contient également un «Venture Café» ouvert il y a 6 ans. Un endroit où les porteurs de projets, et même des élèves de 16 ans, se rencontrent dans une ambiance détendue, pour partager leurs idées entrepreneuriales, recevoir des feedbacks et peaufiner leur stratégie. Ils peuvent aussi y croiser des investisseurs et des capital risqueurs. C’est là l’autre atout de Boston, un réseau solide de capital risqueurs (le plus dense aux Etats-Unis après celui de San Francisco), prêts à miser gros sur des projets qui les séduisent, ce qui manque terriblement au Maroc.
Des universités actives dans la recherche, ouvertes sur leur environnement, des entreprises engagées dans la recherche, l’innovation et la formation, des armées de capital risqueurs et business angels, un esprit de partage, une valorisation de l’échec, des financements publics… les atouts du modèle américain sont nombreux, mais ce n’est pas tout. Les autorités locales aussi se mobilisent afin d’offrir le meilleur environnement possible aux entreprises.

La politique de «l’open door»

Pour encourager la création d’entreprises, la fiscalité n’est pas vraiment un levier que les autorités locales de Boston actionnent. La ville veille surtout à faciliter la vie des entrepreneurs. En 2014, par exemple, elle a ouvert au cœur de son «Innovation District» un centre destiné à réunir la communauté entrepreneuriale et à abriter ses meetings et workshops. Fruit d’un partenariat public-privé (PPP), le bâtiment a enregistré plus de 800 évènements en 2015. «Ouvrir la porte aux entrepreneurs et leur montrer où se trouve la voie», c’est la devise des responsables de la ville, qui veillent aussi à nouer des partenariats avec les institutions de recherche et les universités. Afin de trouver des solutions aux problèmes rencontrés, des concours d’idées sont lancés. Une équipe spéciale a été montée en 2010 pour étudier toutes les problématiques qui se posent (transport, logement, éducation, infrastructures…). Une cellule a, par ailleurs, été dédiée aux startups qui bénéficient d’un fonds d’amorçage de plus de 20 millions de dollars. Actuellement, l’on travaille sur la facilitation des procédures des PPP, ainsi que sur une plateforme électronique avec une base de données des investisseurs.

De notre envoyée spéciale aux USA, Ahlam NAZIH

 

 

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